jeudi 26 janvier 2012

Loussaut, Elisabeth : À la vôtre.

Ce petit livre de moins de cent pages nous offre de très courtes nouvelles et souvenirs de l'auteure.
Je dois dire que j'ai été séduit par ces courts récits bourrés de sensibilité et de délicatesse. Et si la tendresse est omniprésente, elle est loin de manquer de relief.
Avec concision et simplicité, Elisabeth Loussaut nous présente quelques petites tranches de vie et elle a l'étonnante capacité de réveiller nos souvenirs en nous racontant les siens.
C'est sympathique, parfois drôle, toujours plaisant et, si vous le trouvez, je vous recommande sans réserve cet opuscule très attachant.

lundi 23 janvier 2012

Thomson, Jim : Démon dans ma peau (Le) (Folio/Policier)

C'est un tueur, un psychopathe dangereux et violent qui aime battre les femmes, un monstre sans conscience apprécié des citoyens. C'est un flic, un esprit malade, le shérif adjoint de la ville de Central City. Il se nomme Lou Ford, rassure et a l'estime de tous... Son impunité est celle des très grands manipulateurs usant de la face visible de leur savoir-faire socia pour se livrer, du côté obscur, aux pires atrocités. Lou Ford, décidément aime bien les gens. Presque tous. Il est le narrateur de ce livre, il a le démon dans la peau... Un très grand thriller.

Le grand intérêt de ce roman très prenant, outre l'écriture précise et brutale de l'écrivain, est l'ambiance d'une noirceur totale qui nous plonge dans un univers à la fois familier - une petite ville texane des années 60 – et déconcertant par son cynisme et sa violence cachée.
Du patron de la plus grosse entreprise de bâtiment de la région, au shérif principal en passant par le simple pécore du coin, tous les acteurs de cette histoire ont l'esprit retors et l'âme perverse. Et ils ne songent qu'à gruger leur prochain. Bien sûr, le pire de tous est bien le narrateur, shérif adjoint et psychopathe terrifiant.
Tout cela donne un roman machiavélique qui ne manque pas d'humour noir mais très violent et dont on ne peut se détacher avant d'avoir tourné la dernière page.


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jeudi 19 janvier 2012

Levison, Iain : Tribulations d'un précaire. (Liana Levi)

« Au cours des dix dernières années, j’ai eu quarante-deux emplois dans six États différents. J’en ai laissé tomber trente, on m’a viré de neuf, quant aux trois autres, ç’a été un peu confus. C’est parfois difficile de dire exactement ce qui s’est passé, vous savez seulement qu’il vaut mieux ne pas vous représenter le lendemain.
Sans m’en rendre compte, je suis devenu un travailleur itinérant, une version moderne du Tom Joad des RAISINS DE LA COLÈRE. À deux différences près. Si vous demandiez à Tom Joad de quoi il vivait, il vous répondait : « Je suis ouvrier agricole. » Moi, je n'en sais rien. L'autre différence c'est que Tom Joad n'avait pas fichu quarante mille dollars en l'air pour obtenir une licence de lettres. »

Ce livre est un récit autobiographique. L'auteur, avec un sens de l'humour noir évident, nous plonge dans la vie d'un homme diplômé qui, pour survivre, doit enchaîner différents « petits » boulots qui n'ont en commun que d'être précaires, pénibles et très mal payés.
Qu'il soit cuisinier, déménageur, livreur de gasoil, poissonnier, pêcheur de crabes, peintre en bâtiment ou câbleur, Iain Levison travaille comme un fou mais ne récolte jamais que de quoi survivre quand il ne se fait pas carrément escroquer par un patron ou une entreprise sans foi ni loi !
Ce récit aurait pu être terrible mais le sens de la dérision de l'auteur et une bonne dose de fatalisme voire dans dans certaines situations de stoïcisme rendent les différentes péripéties souvent très drôles. Mais attention, si ce livre est plaisant et satirique, il n'en reste pas moins une féroce critique du monde du travail américain. Un monde où pour survivre, il faut garder son sang froid devant les injustices permanentes, obéir en essayant de sauver sa dignité et une certaine sérénité et, parfois, se montrer assez malin pour gruger un peu son employeur.
On est loin ici du fameux « rêve américain ». On découvre au contraire un monde sans pitié où l'immense majorité des travailleurs trime comme une bête (voir le long passage consacré à la pêche en Alaska) pour simplement ne pas se retrouver SDF.
Iain Levison avec TRIBULATIONS D'UN PRÉCAIRE, nous offre une lecture plaisante tout en nous ouvrant les yeux sur la réalité du monde du travail. Avec ce livre et comme dans ses romans, l'auteur descend en règle la société occidentale toute orientée vers le profit à n'importe quel prix mais le fait avec beaucoup d'humour et surtout une écriture très plaisante.


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lundi 16 janvier 2012

Thiellement, Hervé : Dieu était dans la lune (Le). (Rivière Blanche)

Dieu existe et elle est mégalomane. Elle n’a pas mauvais fond mais un peu d’adoration ne saurait nuire à son statut, alors elle entreprend d’asservir la galaxie à petites touches de destruction massive. C’est un peu long au début car elle est loin de tout, comme cette Terre d’où sont partis les Adventistes du Dernier Recours pour fonder la Nouvelle Alliance de l’Est Mortifère et qui feront d’excellents fidèles pour accomplir son Grand-Œuvre. Mais Labette veille et LE DIEU ETAIT DANS LA LUNE....

Je répète à qui veut l'entendre que je n'aime pas les romans de "space opera ». Toutes ces histoires de fusées et de guerres interstellaires me gonflent. Il est vrai que pendant longtemps, la science-fiction se réduisait souvent à ce genre particulier.
j'étais donc assez dubitatif en commençant ce "Rivière Blanche" reçu en service presse il y a peu.
Tu parles ! Ce livre est grand ! C'est d'abord l'humour qui prime avec des protagonistes ayant tous une ou des caractéristiques incroyables. On pense à l'univers de "Valérian et Laureline" ou à celui du "Vagabond des limbes" (pour les amateurs de BD). Si Gontran Rieu (dit Gont) est un humanoïde sans caractéristiques particulières, on trouve des bestioles télépathes qui servent de boucles d'oreilles bien utiles, des anibulles, immenses baleines spatiales intelligentes et véritables vaisseaux spatiaux vivants, Chang, charmante fille qui peut se transformer en n'importe quoi, et beaucoup d'autres créatures sympathiques ou non.
Très vite, en plus de l'humour, une histoire passionnante se juxtapose. De courts chapitres consacrés à la "Lune de boue", insérés de temps à autres ajoutent un peu d'angoisse aux tribulations des héros. Puis le récit monte en puissance et on aborde même quelques thèmes philosophiques tout en gardant le joyeux délire du début. Un anticléricalisme de bon aloi parsème le tout.
LE DIEU ÉTAIT DANS LA LUNE est un livre beaucoup plus ambitieux qu'il n'a l'air au premier abord. De la science-fiction divertissante mais loin d'être idiote.
Ce livre est une vraie réussite et "Rivière Blanche" commence à s'imposer comme une des meilleures maisons d'édition avec la découverte de multiples talents dont d’ores et déjà Hervé Thiellement fait partie.
Ma détestation du « space-opera » avait déjà été mise à rude épreuve avec L'INDÉLICATESSE DU COSMOS . Ce livre fait encore plus vaciller cette opinion et si c'est pour lire de si bons bouquins, j'en redemande même.

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jeudi 12 janvier 2012

Steiner, Kurt : Pour que vive le Diable (Fleuve Noir "Angoisse")

Tiré de ma collection  »Angoisse » , je me suis régalé à la lecture de ce « roman de gare ». Il faut dire que Kurt Steiner (André Ruellan) est un maître de la littérature populaire et ce livre est sans nul doute un des meilleurs de cette époque. Il commence comme un roman noir « classique »  - un homme se rend compte que sa toute nouvelle épouse essaye de le tuer – pour basculer assez vite dans un récit d'aventure échevelé où le fantastique fait penser à celui des Bob Morane de la grande époque (la série des Ombre Jaune).
En effet, Christian Ségurol s'aperçoit que sa femme est un golem et, à son tour, il tente de l'anéantir. Mais ce golem s’avère multiple...
L'auteur décrit parfaitement l'atmosphère des années 50 (et pour cause, le bouquin date du premier trimestre de 1956) et s'amuse visiblement avec cette histoire qui devient vite abracadabrante mais reste toujours passionnante.
Bientôt le récit bascule dans l’extravagance et l'invraisemblable puisque les golems prennent carrément le contrôle de la France en remplaçant les personnages hauts-placés par des sosies et soit tuent, soient emprisonnent les « originaux » dans des hôpitaux psychiatriques ! On s'amuse de plus en plus et après une fin très cruelle, Kurt Steiner termine en beauté avec en épilogue une note du Docteur Steiner (il l'est dans la vraie vie) qui indique qu'il a trouvé ce récit sur un de ses patients !
POUR QUE VIVE LE DIABLE est une des plus belles réussites de cette collection et je vous le conseille sans réserve. L'original ne se trouve plus qu'à un prix assez élevé mais il a bénéficié d'une réédition (à l'illustration nettement moins belle que celle de Gourdon).


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lundi 9 janvier 2012

Levison, Iain : Trois hommes, deux chiens et une langouste. (Liana Levi)

Comment passer d'un petit boulot... à un gros magot ? L'équation semble insoluble pour les trois jeunes héros de cette histoire qui végètent entre gagne-pain abrutissants et petits deals de cannabis. Le chômage, qui frappe cette ville minière des environs de Pittsburgh, n'arrange rien. A force d'humiliations, la graine du crime germe dans l'esprit des trois lascars inexpérimentés. Qu'il s'agisse de voler une télé ou une Ferrari, ils montent leurs coups en amateurs. Mais nous sommes en Amérique, le pays de tous les possibles, et l'ambition finira par les rattraper. D'autant qu'un bon plan se présente...

Toujours la belle écriture pleine de dérision de Iain Levison. Dans ce roman, on ne peut qu'entrer en empathie avec les trois losers, héros déglingués de l'histoire et rêveurs, en perpétuelle recherche de fric pour payer leur logement ou leur herbe, ils ne demandent pas beaucoup à la vie. Alors quand quelques petites magouilles s'offrent à eux, ils ne vont pas les rejeter. Mais l'une se révèle quand même un poil au dessus de leur capacité de petits délinquants occasionnels et va leur créer de sacrés ennuis
Un très bon petit polar au ton à la fois joyeux et désabusé où l'humour est toujours présent. Le seul reproche que l'on peut faire est que l'auteur n'explore pas toutes les pistes qu'il ouvre pourtant (comme un médecin au coffre bien garni qui compte sur nos trois lascars pour refourguer quelques pilules illégales et dont, très vite, on n'entend plus parler). Avec quelques chapitres de plus, ce roman aurait été parfait. Mais en l'état, il reste un chouette polar qui se dévore d'une traite.
TROIS HOMMES, DEUX CHIENS ET UNE LANGOUSTE est un bon livre tout à fait recommandable.


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jeudi 5 janvier 2012

Fano, Daniel : Henri Vernes & bob Morane, une double vie d'aventures. (Le Castor Astral)

Créé en 1953 par Henri Vernes, Bob Morane est le héros d'une série de romans d'aventures mythiques dont l'essentiel a paru dans la non moins mythique collection Marabout Junior. Près de deux cents histoires (dont la plupart ont été d'énormes best-sellers) ont conté ses combats contre les pires ennemis de l'Humanité : l'immonde Homme aux dents d'or, l'immortel Monsieur Ming alias l'Ombre Jaune, la secte des Crapauds de la mort, ou l'envoûtante Miss Ylang-Ylang à la tête de l'organisation Smog.
Longtemps méprisé par l'establishment littéraire, Henri Vernes trouve peu à peu sa juste place. Des écrivains "sérieux" osent aujourd'hui déclarer ouvertement l'importance capitale que la lecture des Bob Morane a eue sur leur vocation.
Dans Henri Vernes et Bob Morane, une double vie d'aventures, initié par Francis Dannemark et réalisé par Daniel Fano afin de célébrer Henri Vernes (qui fêtera son quatre-vingt-neuvième anniversaire lors de la sortie de l'ouvrage) et d'inviter à la reconnaissance de son œuvre, on pourra lire:
- des entretiens complices, malicieux avec Henri Vernes dans son propre rôle ;
- des pages choisies des aventures de Bob Morane qui (dé)montrent la richesse stylistique et la diversité thématique de la série ;
- les témoignages de personnalités littéraires (notamment François Taillandier, Jacques De Decker et Jean-Baptiste Baronian), artistiques (le cinéaste Gérard Corbiau, le jazzman Gaston Bogaerts, les bédéastes Yann et Conrad, le chanteur Nicola Sirkis) et politiques (Charles Picqué, Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale, et Freddy Thielemans, bourgmestre de Bruxelles) sur l'homme Henri Vernes et sur son œuvre ;
- un essai de Daniel Fano où sont relevés, entre autres, l'importance de l'humour et des rôles féminins, et les nombreuses analogies avec de fabuleux conteurs comme Alexandre Dumas, Arthur Conan Doyle ou Jean Ray ;
- deux textes parodiques de Yann et Conrad où Bob Morane est devenu Bob Marone ;
- des documents rares, un cahier de photos de 16 pages et la liste de tous les Bob Morane.

Les « Bob Morane » ont vraiment enchanté mon enfance et le début de mon adolescence. J'étais fou des aventures de ce justicier invincible, de son compagnon écossais et surtout de la flopée de personnages hauts en couleur et de « méchants » tout à fait délirants. Je me faisais donc une joie de lire ce livre.
Mais voila ! Si la couverture et le texte de présentation sont alléchants, il faut bien avouer que l'ensemble est très décevant. C'est très ennuyeux à lire et n'apprend pas grand chose aux fans de Bob Morane (et comme les autres s'en foutent...)
Henri Vernes m'a fait rêver étant enfant mais l'homme parait peu sympathique et surtout mythomane. Ce livre tente de cerner l'ensemble de son œuvre et ne parvient, en abusant des répétitions, qu'à lasser le lecteur. Les témoignages (tous écrits par des amis ou éditeurs) sont risibles et je me souviens par exemple d'une interview du chanteur d'Indochine au sujet de la chanson « Bob Morane que le groupe venait d'enregistrer. Il affirmait à l'époque qu'Henri Vernes l'avait contacté, non pas pour le féliciter ou le critiquer mais simplement pour lui demander combien il toucherait de royalties sur cette chanson. Témoignage totalement différent ici ! Et le reste n'est que remplissage (extraits de romans) à part peut-être les deux parodies assez savoureuses.
Un livre très décevant à tous points de vues.


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lundi 2 janvier 2012

Levison, Iain : Arrêtez-moi là ! (Liana Levi)

Charger un passager à l'aéroport, quoi de plus juteux pour un chauffeur de taxi ? Une bonne course vous assure une soirée tranquille. Ce soir-là, pourtant, c'est le début des emmerdes... Tout d'abord la cliente n'a pas assez d'argent sur elle et, pour être réglé, il vous faut entrer dans sa maison pourvue d'amples fenêtres (ne touchez jamais aux fenêtres des gens !). Plus tard, deux jeunes femmes passablement éméchées font du stop. Seulement, une fois dépannées, l'une d'elles déverse sur la banquette son trop-plein d'alcool. La corvée de nettoyage s'avère nécessaire (ne nettoyez jamais votre taxi à la vapeur après avoir touché les fenêtres d'une inconnue !). Après tous ces faux pas, comment s'étonner que deux policiers se pointent en vous demandant des comptes ? Un dernier conseil : ne sous-estimez jamais la capacité de la police à se fourvoyer !
Dans ce roman magistral, Levison dissèque de manière impitoyable les dérives de la société américaine et de son système judiciaire.

Du même auteur, j'avais adoré UN PETIT BOULOT au ton nettement plus léger que ce roman. ARRÊTEZ-MOI LÀ commence comme un polar classique, se poursuit par une dénonciation en règle du système judiciaire américain (que l'on pourrait transposer sans problème dans la plupart des pays occidentaux) tout en ménageant un suspense certain, puis se termine sur une réflexion désabusée sur la société en générale.
On y trouve des passages percutants et très visuels sur les fameuses expropriations de propriétaires insolvables par quartiers entiers et surtout une série d'analyses et d'observations très critiques mais qui sonnent juste sur notre place précaire dans la société où un rien suffit pour faire basculer une vie dans le cauchemar absolu. Il y a du Kafka dans le regard désabusé que porte Iain Levison sur l'Amérique d'aujourd'hui et on sent bien que l'écrivain est en total empathie avec son personnage qui passera de la révolte à la résignation et l'absence d'illusions.
ARRÊTEZ-MOI LÀ est un livre fort qui se lit d'une traite.


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jeudi 29 décembre 2011

Steiner, Kurt : Prix du suicide (Le). (Fleuve Noir "Angoisse")

Catherine est au désespoir. Son amoureux, Joël, vient de l'éconduire... alors elle se suicide au moment où Joël lui téléphone pour lui dire qu'il regrette et revient sur sa décision. Trop tard ! Joël qui est un artiste peintre en plein ascension, peint de mémoire un portrait de la belle disparue. Et commence pour lui un cauchemar. Hallucination morbides ou bien hantise ?
Le récit démarre sur les chapeaux de roue et Kurt Steiner décrit formidablement bien un Paris triste et pluvieux. Ensuite il y a un petit temps mort et même un peu de confusion. Mais, très vite l'histoire redevient passionnante et on peut même qualifier la fin de géniale. Tout l'art de l'auteur consiste à faire se demander au lecteur si il a à faire à du fantastique ou à un cas de démence.
Je suis toujours sidéré par la qualité des bouquins de cet écrivain (de son vrai nom André Ruellan) qui tranche dans ce qu'il faut bien l'avouer la médiocrité souvent habituelle des livres édités dans cette collection « Angoisse » aux si belles illustrations de couvertures signées toutes par M. Gourdon et dont je fais collection.
De plus la patine du temps (il date de 1958) offre un charme supplémentaire à ce court roman. Bref un bouquin à conseiller sans réserve.


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... et une bonne année 2012 à tous ! Merci de vos visites. :top: :coucou:

lundi 26 décembre 2011

Moore, Antony : Swap. (Liana Levi)

Un simple échange entre enfants. Une BD contre un tuyau en plastique. Un acte anodin au départ. Seulement avec le temps, le Superman numéro un a pris une immense valeur. Et Harvey, devenu libraire de bandes-dessinées, ne rêve que de récupérer ce comic rarissime. C'est même une obsession, le seul but de sa vie d'adolescent attardé... Mais après toutes ces années d'attente, son scénario longuement mûri va dérailler, et il se retrouvera pris dans un imbroglio incroyable.
Conseil de l'éditeur: ne commencez ce livre que si vous avez du temps, car vous ne pourrez pas le lâcher.

Il est rare de pouvoir allier avec bonheur une histoire certes légèrement abracadabrante mais au suspense passionnant et un humour omniprésent. Antony Moore a réussi parfaitement ce pari en y ajoutant même une bonne dose de satire sociale.
SWAP est donc un livre à la fois très drôle et fort intelligent. Ajoutez à cela une écriture fine et réellement agréable et vous aurez un polar captivant aux personnages souvent dépassés par leur propre destin et dont le « héros», sympathique « loser » et éternel adolescent, va se retrouver dans une situation de plus en plus catastrophique au fur et à mesure de ses décisions et choix désastreux. Tous les ingrédients pour une lecture à la fois captivante et amusante sont réunis dans cette histoire à la fois cocasse et psychologique dont le déroulement implacable emmène le lecteur vers un final en « feu d'artifice » qui ne le décevra pas.
L'humour « british » est représenté à merveille par ce livre qui est un régal à tous points de vue. Encore un petit bijou que je vous conseille sans réserve.


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jeudi 22 décembre 2011

Arnaud, G.-J. : Noël au chaud. (CrimeFleuveNoir)

Quand on devient vieux, on commet souvent des erreurs, des oublis, des imprudences. Mais on vous harcèle aussi. Et on fait même tout pour vous chasser de votre maison, sous prétexte que vous devenez un "danger public". Dès lors, il convient de se défendre. A moins qu'il ne faille employer les grands moyens.
Le meurtre par exemple.
Sous la plume du grand G.-J. Arnaud, un thriller inattendu et implacable.

Et encore un bon petit roman de G.-J. Arnaud qui, comme d'habitude, se révèle captivant.
Au fil de la progression du récit se révèle l'amoralité absolue de cette vieille dame malicieuse qui, jusqu'au bout du roman, reste sympathique au lecteur. Faut pas l'emmerder, c'est tout ! C'est ce contraste entre l'apparente et parfois réelle gentillesse de Raymonde dont la maison est convoitée par des promoteurs et les moyens employés par cette dernière pour se défendre qui donne tout son sel à cette histoire réjouissante par son côté cynique.
Il est un peu dommage que l'auteur n'ai pas jugé bon d'aller jusqu'au bout de ce cynisme car la fin du roman n'est pas totalement satisfaisante. En effet, la morale triomphe.
En tout cas, voilà encore un bon exemple du talent de l'écrivain. NOËL AU CHAUD est un livre sympathique et passionnant.


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Joyeux Noël et bonnes fêtes de fin d'année à tous les visiteurs de ce blog !

lundi 19 décembre 2011

Gruda, Agnès : Onze petites trahisons. ( Éditions du Boréal)

Peut-on vivre sans commettre de trahison ? Sans se trahir soi-même ou ceux qui partagent notre vie ? N’est-ce pas inévitable, n’est-ce pas un mouvement aussi naturel que de respirer, que de tomber amoureux ?
La trahison, c’est la clé dont se sert l’auteur pour avoir accès au plus secret de l’âme des personnages qu'elle met en scène dans ces nouvelles. Une femme qui refuse d’appeler son frère au chevet de leur mère mourante, une adolescente qui laisse tomber un ami pour mieux s’intégrer dans son pays d’accueil, une mère qui conçoit l’enfant d’un homme sans le lui dire, un grand artiste qui se révèle un être humain d’une confondante banalité, chaque fois le narrateur ou la narratrice se rend compte que sa vie a pris un tour inattendu, imprévisible, et ce moment éclaire, rétrospectivement, tout le chemin parcouru jusque-là.

Avec une écriture lumineuse, qui par sa simplicité même fait naître chez le lecteur une subtile émotion, Agnès Gruda signe ici sa première œuvre de fiction.

Pour une première œuvre, c'est une totale réussite. Je me suis vraiment régalé à la lecture de ces onze belles nouvelles, presque toutes très mélancoliques, qui, dans des registres souvent différents, distillent une émotion réelle et une douce tristesse.
Comme l'affirme le texte de présentation, l'écriture est lumineuse et j'ajouterai d'une délicate simplicité. Franchement, ONZE PETITES TRAHISONS est un très beau livre à garder dans sa bibliothèque pour pouvoir y piocher, de temps en temps, de petites perles de spleen qui, inexplicablement font du bien.
Un grand merci à mon amie Diane pour ce beau moment de lecture. :coucou: :fleurs:


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jeudi 15 décembre 2011

Masterton, Graham : Diable en gris (Le). (Bragelonne)

Une jeune femme brutalement taillée en pièces dans sa maison de Virginie... avec une arme vieille de cent ans.
Un officier à la retraite éviscéré... par un assaillant invisible.
Un jeune homme, les yeux crevés dans sa baignoire... puis bouilli vif.
Qu'ont ces victimes en commun ? Quel être de cauchemar les a massacrées ?
Le mystère s'épaissit lorsque la police, jusque-là impuissante, reçoit l'aide d'une petite fille qui semble être la seule capable de voir l'assassin. Mais pourront-ils capturer un tueur qui n'a peut-être jamais été humain ?
Qui arrêtera le Diable en gris ?

Encore un très bon bouquin signé Masterton ! C'est un véritable polar où la magie (très noire) occupe la première place. Mais alors que les événements se déroulent dans le temps présent, on se trouve aussi plongé dans un épisode (imaginaire) de la guerre de sécession.
L'inspecteur Decker et son subordonné Hicks vont enquêter sur des meurtres atroces et inexplicables. Très vite la piste du surnaturel va s'avérer la seule possible. Et Decker sera personnellement impliqué dans ces affaires ou les dieux de la Santeria jouent un rôle prépondérant.
Une histoire policière donc mais aussi un thriller horrifique très réussi où Masterton, comme à son habitude, n'hésite pas à insérer des épisodes très sanglants qui font de ce livre un véritable roman d'épouvante.
L'horreur est donc souvent présente dans LE DIABLE EN GRIS mais elle laisse aussi la place à l'émotion ainsi qu'à une enquête passionnante dans le monde de la magie et des saints du catholicisme.
Un livre indispensable aux amateurs du genre qui sont nombreux à fréquenter ce blog. Alors faîtes-vous plaisir et procurez-vous ce bouquin de toute urgence.



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lundi 12 décembre 2011

Helle, Helle : Chienne de vie. (Le Serpent à Plumes)

Bente plaque tout. Son appart, son mari. Elle échoue dans un endroit isolé au bout du bout du Danemark. C'est là que Johnny et Cocotte la trouvent à un arrêt de bus. Ils l'adoptent.

Alors que Helle Helle est connue pour son style intimiste et sait dépeindre avec grâce et humour les petits riens de la vie quotidienne, Bente entre petit à petit dans l'intimité de Johnny et Cocotte. Chienne de vie, c'est le récit troublant de l'arrivée d'un écrivain dans la vie de ses personnages.

Helle Helle est née en 1965 au Danemark. Premier écrivain danois à recevoir le prestigieux prix Per Olov Enquist, elle est traduite en 7 langues. Chienne de vie est son cinquième roman et le premier traduit en français.

Il m'est difficile de juger ou même simplement écrire quelque chose d’intéressant sur ce livre. Il est sympathique mais assez ennuyeux car... il ne se passe strictement rien du tout. On assiste au quotidien d'un couple fort charmant et de leur invitée. Pas de pensée profonde, pas de méditation, juste la description minutieuse de la vie habituelle et normale.
On est frappé par la beauté de l'écriture mais cette évidence ne suffit pas à accrocher à cette histoire que l'on dirait sans but réel.
En fait on est honteux de constater que l'on est content de tourner la dernière page pour pouvoir passer à autre chose de plus consistant.
Ceci étant dit, la qualité du style fait que je ne suis pas du tout fermé à l'idée de lire un autre ouvrage de cette écrivain.


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jeudi 8 décembre 2011

King, Stephen : Dôme tome 1 & tome 2. (Albin Michel)

LE DÔME : PERSONNE N'Y ENTRE
PERSONNE N'EN SORT


A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand – ou si – il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…

Avec le dernier recueil de nouvelles de Stephen King : JUSTE AVANT LE CRÉPUSCULE , j'étais resté sur une mauvaise impression. Celle qui fait penser que l'écrivain, n'ayant plus grand chose à raconter, racle les fonds de tiroirs pour recycler quelques nouvelles peu convaincantes.
Mais là, il s'agit d'un bon gros roman (presque 1200 pages en deux volumes) et l'on sait que Stephen King excelle à développer une histoire sur la longueur et en prenant son temps. C'est bien sûr le cas ici. Ce « dôme » qui, soudainement coupe une petite ville du reste du monde, n'est bien sûr que le prétexte de disséquer et d'analyser le comportement de quelques milliers d'habitants dont le fin vernis de civilisation craquera très vite.
Car avec l'écrivain, on sent bien qu'il n'est nul besoin de monstres venus de l'espace, de mutants dégénérés ou de vampires assoiffés de sang pour créer l'épouvante. Le monstre ici c'est l'homme. Alors l'auteur nous présente longuement des hommes et des femmes « normaux » qui vont, pour beaucoup d'entre eux, basculer dans la peur et la démence. En quelques jours, une paisible bourgade américaine va se transformer en champ clos où les pires comportements vont éclore dans un microcosme de plus en plus toxique.
Les principaux protagonistes du roman (et ils sont nombreux) vont évoluer dans ce qu'il faut bien appeler un « zoo humain ». On y trouve entre autres Julia, propriétaire du journal local, Dale « Barbie » Barbara ancien militaire, ancien plongeur du restaurant du coin coincé in extremis sous le Dôme, « Big Jim » Rennie, vendeur de voitures d'occasion et politicien prêt à tout pour défendre ses louches affaires, son fils : Rennie Junior, sale petit voyou psychopathe souffrant d'une tumeur au cerveau, un shérif falot à la solde de Big Jim, un médecin assistant d'une compétence rare, des enfants, des bigots et un tas d'autres personnes plus ou moins représentatives de la société rurale américaine.
Stephen King prend son temps pour décrire tout ce beau monde et pour les mettre en place dans un décor qui se révélera de plus en plus angoissant.
DÔME est un formidable bouquin qui allie psychologie et action. Comme dans HISTOIRE DE LISEY , précédent roman de l'auteur, le fantastique n'est que la toile de fond d'un drame humain. Et si l'origine du Dôme est bien dévoilé à la fin du livre, il garde tout de même une grande part de mystère et soulève plus d'angoisses et de questions qu'il n'apporte d'explications.
Dans ce gros pavé, on vit littéralement le cauchemar d'une petite contrée qui devient le chaudron de tous les vices humains. Car on y assiste à des meurtres, des viols, des pillages et des exactions diverses. Les problème des drogues et des religions y sont aussi abordés en les mêlant d’ailleurs d'habile façon. DÔME est aussi une allégorie sur la domination (américaine), la liberté de la presse, l'écologie, le pouvoir.... bref un concentré du monde en une seule petite ville.
DÔME est un fantastique roman que je conseille à tous ceux qui n'ont pas peur des gros pavés. Tout le monde y trouvera son compte, l'amateur de fantastique comme celui qui y est rétif.
ce livre prouve que Stephen King a encore beaucoup à nous offrir. Et c'est une bonne nouvelle pour la littérature américaine.



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