jeudi 17 mai 2012

Thiellement, Hervé : Le Monde de Fernando. (Éditions Amalthée)

LE MONDE DE FERNANDO Livre Premier : Les Souterriens.

Fernando est un humain édité à des milliers d'exemplaires, génétiquement sélectionné par Le Programme pour survivre sous terre après les bombes atomiques. C'est un clone de soldat mais il n'a pas du tout envie de faire la guerre. Il va rencontrer d'autres types de souterriens et, sans l'avoir voulu, il va changer le monde des hommes mais aussi celui des autres espèces pensantes qui peuplent désormais la planète, en vivant des aventures extraordinaires, dangereuses ou étranges, mais toujours dans la joie et le plaisir de l'amour et de l'amitié partagés.

Voici un roman qui met véritablement de bonne humeur ! C'est un livre « gentil » plein d'humanisme, bourré d'humour, de douce fantaisie et d'utopie anarchiste.
Fernando, avec d'autres clones va rencontrer le chef des supertaupes et s'en faire une alliée qui lui permettra de rallier la surface de la terre. Et là, avec ses amis, il va rencontrer des superloups avec lesquels les humains vont se lier très intimement (grâce à des superbaises entre autres). Car ici, on est sympa les uns avec les autres, on construits en priorité des troquets et on pense beaucoup à copuler. Les fernands, les caroles, les gastons, les michelles et autres henris ou ursules, sont des clones très sociables et baiser avec des superloups ou des supertaupes ne posent guère de problèmes.
Alors bien sûr on rencontre d'affreux serpents géants et des animarbres terriblement dangereux mais cela n’empêchera pas nos amis d'explorer leur nouvel environnement et, en passant, de faire copain avec les superaigles et une superloutre.
Bientôt des enfants hybrides naîtront des amours entre souterriens, supertaupes et superloups !
On lit ce bouquin avec, de bout en bout, un large sourire car ce roman « postapocalyptique » est une sorte d'hymne à l'amitié et à l'amour. Un régal !

LE MONDE DE FERNANDO Livre Second : Les Hybrides.

Où l'on suit les aventures de Fernando et de ses amis, mais aussi les aventures de la nouvelles génération, celle des hybrides de clones et d'espèces, à la redécouverte de la planète Gaïa. Seront narrés, entre autres, la rencontre avec les esprits-machines (la partie pensante du Programme), la traversée de la Méditerranée avec les dauphins, et les voyages en Égypte, puis en Afrique Noire. A la fin sera raconté comment est résolue, en toute simplicité, avec l'aide du Géant Vert, de quatre pyramides, de l'amour et de deux électrons, l'énigme de l'origine de l'Univers.

Si dans le premier volume on soupçonnait Hervé Thiellement d'aimer les boissons alcoolisées, dans le second, on peut légitimement penser qu'il est aussi un adepte de certaines substances, illégales certes, mais qui font beaucoup rire.
Fernando, ses amis et les enfants hybrides vont pousser leurs explorations, se rendre à Paris, rencontrer des sortes de fantômes informatiques, créer un nouveau St Tropez, affronter la Méditerranée en construisant un bateau (avec un bout de Tour Eiffel en guise d'ancre), faire copain copain avec des dauphins, des superlions.... et, en passant, acquérir de supers pouvoirs qui, avec le soutient du sphinx et des pyramides (entre autres) vont les aider à résoudre l'énigme de la création du monde ! Si si !
Une merveille de drôlerie, d’intelligence et, encore une fois, de délire éminemment sympathique. Hervé Thiellement, dont j'avais déjà beaucoup aimé le déjà bien barré LE DIEU ÉTAIT DANS LA LUNE signe avec LE MONDE DE FERNANDO une superbe ode à l'amitié, l'amour et la liberté (ainsi qu'à l'anarchie bien comprise) tout en offrant au lecteur un roman qui ne ressemble à aucun autre.

On peut noter aussi les admirables illustrations des couvertures ainsi que les vignettes et culs de lampe signés Thiriet qui agrémentent avec bonheur les deux volumes.
Ce double roman est sans aucun doute une de mes plus belles lectures de l'année. Ne vous en privez pas !

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lundi 14 mai 2012

Del Pappas, Gilles : Troublante incertitude. (Rivière Blanche)

« J’ai encore passé une très mauvaise nuit. Depuis un mois environ je suis sujet à de mauvais rêves. C’était pourtant très rare… C’est même la première fois que cela m’arrive avec cette persistance… Car en général je suis tellement ivre que je ne rêve pas du tout. Ou alors je ne m’en souviens plus. Et je peux ainsi dormir tout mon saoul. Mais il y a aujourd’hui un gros problème… J’ai de plus en plus de mal à boire. Je ne sais pourquoi mais l’alcool ne passe plus. Je le rejette. « 

Depuis son accident, Johnny vit en fauteuil roulant. Il passe ses journées dans les bars de Marseille à boire, à regarder les filles et à discuter avec des copains. Depuis un mois il est sujet à des rêves récurrents qui empoisonnent ses nuits. Ensuite il retrouve l’usage de ses jambes. Et on lui propose de rentrer dans le mouvement « Résistance Révolution ». Alors la vie de Johnny va basculer.

De père grec et de mère italienne Gilles Del Pappas est né au Racati, un quartier de Marseille. Après avoir été photographe, il se lance dans l’écriture avec son premier roman Le Baiser du Congres. Depuis, ses romans se sont succédés avec un succès croissant et il est devenu un des auteurs les plus emblématiques du polar méditerranéen.

Après un récent accident de moto, Johnny devient handicapé. Mais sa rencontre dans un bar avec un curieux individu va changer sa vie.
D'abord, un étrange don va lui permettre de se débarrasser d'agresseurs nocturnes puis il va tomber amoureux, se découvrir capable de prouesses intellectuelles lui donnant les moyens de devenir un médecin et un chercheur réputé dans le monde entier et enfin rentrer dans la résistance au gouvernement français totalitaire...
TROUBLANTE INCERTITUDE est un roman totalement à part qui distille d'abord un peu de fantastique et de polar dans une histoire atypique avant de basculer carrément dans l'extravagance totale.
Le style de l'auteur, qui rend à merveille une ambiance marseillaise, m'a beaucoup plu. De plus l'humour est souvent présent sans être envahissant ni nuire à l'atmosphère intrigante du récit qui, vers la fin, vire à la science-fiction la plus déjantée. Ce roman ne ressemble à aucun autre est mêle allégrement tous les genres.
J'ai bien aimé ce livre malgré une fin un peu « rapide » et, mais c'est un autre problème, quelques fautes d'orthographe qui parsèment le récit.Je dois aussi avertir que ce roman risque de désarçonner plus d'un lecteur par son extravagance et sa bizarrerie.

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jeudi 10 mai 2012

Gessler, Vincent : Cygnis. (L'Atalante)

"Est-ce le ciel ou la forêt ? Un fourmillement frémit à la limite de son champ de conscience, sensation familière associée au danger. Il se redresse à demi et s’empare de son fusil. Ses oreilles bourdonnent. L’œil à la lunette, il fait défiler différents modes de vision. Au-delà de l’espace délimité par l’ouverture de l’abri s’étend la forêt. Et au milieu, bien droit sous la pluie, un robot solitaire. Il n’a pas d’arme et se contente de regarder Syn dans les yeux. "

C’est l’histoire de Syn, un trappeur accompagné de son loup au pelage greffé de bandes synthétiques, dans un monde de ruines technologiques. La menace est partout, une guerre se déclare mais Syn ne veut plus tuer ses semblables... Seule la science-fiction peut nous donner ce vertige d’être des archéologues du futur. Dans une langue raffinée, Vincent Gessler réussit son pari de nous envoûter par son récit âpre et exaltant de l’éternelle recherche des origines.

Prix Utopiales 2010 Prix Julia Verlanger 2010.

Ce n'est pas pour rien que ce livre a obtenu le prix Julia Verlanger. Car nous sommes bien ici dans un univers à la Gilles Thomas (Le pseudo de Julia Verlanger). Un monde post apocalyptique, retourné à la barbarie où les robots se sont retournés contre l'homme. Des villages médiévaux, des forêts profondes, des haines, des amitiés et des amours sous fond de combats...
Mais ce livre, qui est un régal de lecture grâce à l’écriture fluide et vive de l'écrivain, ménage aussi de belles surprises et, vers la fin, de l'histoire, un retournement de situation étonnant.
CYGNIS est un très bon roman très inventif, aux personnages attachants qui fait passer un superbe moment de lecture. On aimerait une suite ou un prolongement de ce récit car le monde imaginé par Vincent Gessler pourrait sans peine être exploité dans une autre histoire voire un cycle en plusieurs tomes.
Je suis content d'avoir découvert cet auteur en espérant lire d'autres romans de lui.
La couverture signée Yoz est vraiment très belle et ce livre est un magnifique objet.
Un grand merci à mon ami Suisse24 pour ce beau cadeau.


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lundi 7 mai 2012

De Vigan, Delphine : Rien ne s'oppose à la nuit. (JC Lattès)

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire.
La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence.
Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. »

Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

J'avais beaucoup aimé NO ET MOI de Delphine de Vigan. J'ai donc sauté sur l'occasion de lire celui-ci. Et je ne suis pas déçu. RIEN NE S'OPPOSE À LA NUIT est un gros livre superbement écrit, plein de profondeur, d'esprit et de délicatesse. On a du mal à croire que ce ne soit qu'un roman car cette pseudo auto-biographie sonne plus que juste.
À la mort de sa mère, la narratrice, nous raconte celle-ci en commençant par son enfance et, petit à petit étend son récit à l'histoire de toute famille. Alors se dévoile les joies et les douleurs de la famille « modèle ». Et sous les dehors d'un foyer et d'une lignée presque parfaite se dessinent vite, d'abord des fêlures dans le tableau presque idyllique, puis les drames et secrets inavouables de tous : alcoolisme, suicides, accidents, inceste probable....
L'écriture est magnifique, le récit passionnant.
Nettement plus ambitieux que le très beau et touchant NO ET MOI ce livre, parfois oppressant, est un régal. Du coup je viens de me commander de la même écrivain : LES HEURES SOUTERRAINES



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jeudi 3 mai 2012

Geha, Thomas : Créateurs (Les). (Éditions Critic)

Il était une fois rien du tout. Il était une fois six histoires où des hommes et des femmes se trouvent confrontés à des situations improbables, quoiqu'étrangement familières. Et si vous pouviez faire revivre un être disparu ? Et si votre rêve le plus fou pouvait se réaliser ? Et si votre vie était factice ? Et si l'amour n'était qu'un éternel recommencement ? Et si... br/> Voulons-nous vraiment connaître le jardin secret des personnes que l'on aime ? Quel prix sommes-nous prêts à payer pour le découvrir ? Toutes les vies animées au cœur de ces pages e participent à la création d'univers originaux ou alternatifs, proches du nôtre ou éloignés, réalistes ou fantasmagoriques. Mais tous ces univers, tous ces personnages introduisent les mêmes questions essentielles : qui sommes- nous et d'où venons-nous ? Qui donc se cache derrière nos existences et nos destins ? Les nouvelles composant ce recueil ne tentent pas de répondre à ces questions, elles les explorent avec toujours la même ambition : découvrir qui nous sommes au travers de notre humanité.

J'ai littéralement dévoré ce recueil de nouvelles dont chacune aborde un thème et même est écrite avec un style différent comme si l'auteur était plusieurs.
Mais il faut dire que Thomas Geha aime changer et surprendre son lecteur. Après un diptyque post apo ( A COMME ALONE et ALONE CONTRE ALONE ), un autre de Fantasy (LE SABRE DE SANG ) et un space opera plein d'humour ( LA GUERRE DES CHIFFONNEURS ), tous très bons, Thomas Geha nous offre de superbes nouvelles dont certaines ne relèvent d'ailleurs pas du fantastique.
Dans "La voix de Monsieur Ambrose, un acteur handicapé par une voix trop faible trouve un parchemin étrange caché dans la reliure d'un livre de Jules Verne. Cela va changer sa vie....
Avec "Là-bas", l'auteur nous emmène à Prague à deux époques différentes. Au XVIII° siècle et au XXI°. Une malédiction lié au fameux Golem réunie ces deux époques.
J'ai été totalement conquis par "Copeaux", un beau conte de Noël plein d'humanité.
"Bris" est l'histoire d'un homme sans mémoire dont recherche de son passé pourrait se révéler dangereuse dans une ville étrange. Un texte onirique et mystérieux mais très convaincant.
"Dans les jardins" est la perle de ce très beau recueil. Une très belle histoire d'amour où un jardin joue le premier rôle. Une nouvelle toute en poésie et nostalgie. Une pure merveille !
"Sumus Vicinae" arrive à clôturer le livre en apothéose en proposant un récit de science-fiction étonnant ou l'on se trouve projeté dans un monde improbable ou les humains occupent la dernière place parmi des cyclopes et les faïys. Nicholas Lanzic se rend compte qu'il suffit d'écraser l'orteil d'une femme pour qu'elle se dégonfle comme une baudruche ! En fuite, sa quête des "voisines" pourrait bien l'emmener dans un autre monde.
LES CRÉATEURS est un livre passionnant de bout en bout, plein de poésie et de mystères. Thomas Geha est décidément un écrivain aux multiples facettes, toutes aussi fascinantes les unes que les autres.
Encore un livre indispensable !

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lundi 30 avril 2012

Monfils, Nadine : Contes pour petites filles criminelles. (Tabou Éditions)

Loin des jeux qui leur sont destinés, ces petites filles tournent le dos à leurs poupées et trouvent leur plaisir dans le meurtre. Face à l'esprit d'initiative et à la candeur de ces treize lolitas criminelles, le Marquis de Sade nous semble subitement bien fade...

Réalisatrice et écrivaine, Nadine Monfils excelle dans les univers étranges qu'elle distille à travers ses nombreuses activités, inspirées par le surréalisme, le dadaïsme, l'absurdisme, sa Belgique natale et son Montmartre d'adoption.

Des textes ultra-courts mais très percutants. Ici les petites filles sont très dangereuses. Elles sont même mortelles. On trouve de l'humour mais surtout beaucoup de réjouissante perversité dans ces récits dont certains font irrésistiblement penser à une autre écrivain belge : Anne Duguël (Gudule). Les petites chéries insoupçonnables de ce recueil se révèlent souvent d'affreuses criminelles. Parfois les histoires glissent vers le fantastique et très souvent on y trouve des connotations sexuelles très marquées. Mais, curieusement dans ce contexte, ce qui frappe avant tout c'est la poésie presque toujours présente dans la très belle écriture de l'auteur.
"Bien sûr, même dans un terrain vague, il y a toujours une fleur à voir, mais un peu blasé, je voulais cueillir une aile de fée."
ou
" Quand la vie cessait de me faire rêver, je partais à Bruges, comme on part sur un grand bateau d'orage, pour attirer la foudre"
voilà un superbe bouquin dont se régaleront tous ceux qui aiment une littérature originale, étrange voire surréaliste et surtout pleine de petits moments de malignité et de joyeuse dépravation.
Aussitôt lu ce livre, j'ai commandé CONTES POUR PETITES FILLES PERVERSES de la même Nadine Monfils. Il est dans ma PAL mais, à mon avis, n'y restera guère longtemps.



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jeudi 26 avril 2012

Garnier, Pascal : Comment va la douleur ? (Le Livre de Poche)

On ne saurait dire pourquoi l’univers de Pascal Garnier nous est si proche. Pourquoi il nous envoûte avec des histoires plutôt simples, des personnages a priori ordinaires et malmenés par la vie, des mots familiers et des silences qui le sont encore plus. Ainsi Bernard, crétin solaire, qui pose sur le monde un doux regard écarquillé. C’est ce qui séduit Simon, le cynique et élégant Simon, «éradicateur de nuisibles» en préretraite, autant dire tueur à gages au bout du rouleau. La rencontre a lieu à Vals-les-Bains. Et le hasard fait bien les choses: Simon a de l’argent, et Bernard, tout son temps. Il sera son chauffeur pour sa dernière mission…Avec affection, on range les romans de Pascal Garnier au panthéon de nos auteurs d’atmosphère. Entre Simenon et Hardellet. Entre tendresse et cynisme, réalisme et humour désenchanté.

Dans ce petit livre passionnant, tous les protagonistes sont des paumés à part Bernard, qui paraît au départ peu armé pour la vie mais qui, grâce à son optimisme inaltérable, réussira (sans doute) à s'en sortir. On y voit Simon, tueur à gages très malade et au bord de la retraite prendre comme chauffeur Bernard, jeune homme doux et naïf. Les deux hommes vont bientôt croiser la route de Fiona qui vient de se faire tabasser par son petit ami et de sa petite fille, Violette. Et entre elle et le chauffeur d'occasion, une belle relation va naître au grand dam de Simon.
On croise aussi, dans cette histoire originale, Anaïs, la mère de Simon, vieille femme alcoolique au dernier degré et Rose, Taxidermiste belge qui s'éprend de Simon le tueur...
Un beau livre à la fois tendre et effrayant, un récit qui malgré des passages parfois drôles distille une douce tristesse.
L'écriture de Pascal Garnier est parfaite et l'écrivain nous offre un polar atypique où le dénouement est connu du lecteur dès les premières pages, ce qui n'empêche nullement le suspense.
Une vraie réussite et un bouquin que je vous conseille absolument. D'ailleurs, du même auteur, j'avais déjà beaucoup aimé LES HAUTS DU BAS .
Encore une fois, un grand merci à mon ami Suisse 24 .pour ce beau cadeau.


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lundi 23 avril 2012

Dompierre, Stéphane : Stigmates et BBQ. ( Québec Amériques)

En participant au concours proposé sur l'emballage de sa marque favorite de pain blanc1, Nathalie souhaitait gagner le troisième prix, un magnifique barbecue à gaz de marque Major Flam™ en acier inoxydable avec grilloir en fonte émaillée, thermomètre intégré, bouton-poussoir d’allumage électronique, deux tablettes latérales en bois et housse de protection2. Mais non, avec sa malchance habituelle, il avait fallu qu'elle gagne l'Italie.
Les préférences de Nathalie Duguay ont toujours été du côté de la routine rassurante et de l’anonymat. La visite d’une chapelle à Sienne lui fera perdre tout ça très rapidement. La vie, plus forte que la force d’inertie, la fera sortir de sa zone de confort à grands coups de pied au cul. Croyez-vous aux miracles ?
Dans son quatrième roman, Stéphane Dompierre nous emmène pour dix jours à Sienne, où l’amitié et les liens mystérieux qui unissent les humains les uns aux autres sont au centre d’un voyage initiatique nouveau genre. Et ce, toujours avec cette plume qui le caractérise, entre humour, cynisme, irrévérence et petits blasphèmes.

Quel chouette bouquin ! Je me suis régalé à la lecture de cette histoire déjantée et très irrévérencieuse vis à vis de l'Église et de ses représentants. L'amitié de cette québecoise coincée (au début) et de cette jeune italienne un peu punk, les miracles inexpliqués, le mystère, tout cela au service d'un humour permanent et d'une histoire passionnante.
C'est vraiment, vraiment un livre que je vous recommande. Il y a même un peu de cul ! (Pas trop). En tout cas c'est une lecture bonne pour le moral.
Je viens d'ailleurs de commander un autre livre de l'écrivain : "Un petit pas pour l'homme".
Merci à mon amie Diane pour ce superbe moment de lecture et de détente.


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jeudi 19 avril 2012

Tanner, Rachel : Sortilèges de l'ombre (Les). (Rivière Blanche)

Arpentez les rues d’une Rome antique réinventée en filtrant les odeurs et les rumeurs de la Ville avec Dardanus Philopater. Combattez au côté de Catherine Bonaventure contre l’Anglois. Pratiquez le piratage informatique avec Morgane pour piéger Merlin. Découvrez des fées, des mères cannibales, des amantes tourmentées, une galerie de personnages que vous n’oublierez jamais. Mais méfiez-vous des SORTILEGES DE L'OMBRE !

Et zou, encore une belle découverte grâce à Rivière Blanche ! Ce livre est un recueil de nouvelles qui m'a totalement conquis. Après un court récit d'introduction qui présente les origines du mithraïsme, la première partie du bouquin a pour cadre une Rome ou le culte de Mithra supplante le christianisme, devient prédominant et religion officielle. En n'altérant ainsi qu'une seule partie de l'Histoire, Rachel Tanner donne une véritable crédibilité au monde qu'elle décrit. Ensuite rentre en scène différents personnages dont des sorcières ou magiciennes qui d'ailleurs se servent plus de psychologie que de véritables sortilèges. L'exemple parfait en est la nouvelle « In cauda venenum » ou Judith, une magicienne, mène une enquête pour deviner qui a infligé un envoûtement sur une patricienne romaine. Récit captivant où le fantastique n'est qu'en filigrane et ou, finalement les qualités intuitives de l’héroïne sont prédominantes. Et ici il me faut aborder l'incroyable talent de Rachel Tanner pour faire vivre des personnages, leur donner de l'épaisseur et procurer au lecteur l'impression que leur vie ne commence pas avec le récit et se continue après la fin de celui-ci.
En effet, la plupart des nouvelles se termine avec des points de suspension (virtuels). On sent, on sait que l'histoire se continuera sans nous. Et loin d'être frustrante, cette façon de conclure les récits donne un intérêt supplémentaire à ceux-ci en laissant l'imagination du lecteur continuer un peu le travail de l'auteur.
La deuxième partie du livre aborde différents sujets. Rachel Tanner a même le culot monstre de revisiter le mythe de Jeanne d'Arc en envoyant celle-ci aux oubliettes de l'Histoire et en la remplaçant par une certaine Catherine dont le destin sera sensiblement différent de celui de la Pucelle d'Orléans.
Avec « Les mères ont faim » c'est l'horreur pure qui est à l'honneur.
Dans « Locataires découpés », une nouvelle très drôle, on retrouve la fée Morgane, à notre époque, luttant contre l'enchanteur Merlin pour une histoire d'appartement. Un régal !
« L'odeur » nous plonge dans le mystère d'un amour manifestement non partagé qui bascule dans un fantastique peut-être imaginaire, peut-être réel...
Et le bouquin se termine avec une étude inattendue sur « L'homme dans le labyrinthe » de Robert Silverberg et compare ce roman avec la mythologie grecque. Curieux mais convaincant.
Rien à jeter dans ce beau livre. J'ai adoré la belle, fine et précise écriture de Rachel Tanner. Ce bouquin est une magnifique réussite et je vous engage à vous le procurer. Pour ma part je viens de me commander les deux tomes du "Cycle de Mithra" de la même auteur et « Le rêve du Mammouth » est déjà programmé dans mes futures lectures.
On aussi noter le geste citoyen de Rivière Blanche qui, pour économiser du papier, s'est carrément privé de doter LES SORTILÈGES DE L'OMBRE d'une table des matières !

:yaka: :green:

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lundi 16 avril 2012

Wintrebert, Joëlle : Les maîtres-feu. (J'ai lu)

Sur Dante, sa volcanique planète, un jeune saurien nommé Béni s'est mis en route à l'aube. Un séisme menace ? Qu'importe ! En bon Oï-tiki, il a sa planche télescopique pour voguer sur les torrents de lave...
Non loin, dans une enclave « humaine », Jordane apprend la mort de son père, un tyran dont le seul mérite fut de lui apprendre le oï-tikien. Dans l'espoir de rejoindre sa planète natale, Jordane fuit en orthoptère.
L'éruption est si violente cependant qu'elle bouleverse les trajectoires de l'un et de l'autre : précipités dans une clairière de la forêt, les voici face à face. Le saurien est tenté de ne faire qu'une bouchée de l'adolescente mais voici qu'elle s'adresse à lui dans sa langue. Une étonnante aventure commence...
Née à Toulon, Joëlle Wintrebert a dirigé la revue Horizon du fantastique puis Univers. Critique littéraire et cinématographique, elle mène aussi une carrière de romancière : Chromoville , Le Créateur chimérique (Grand Prix de la S-F française) ont également paru aux éditions J'ai lu.

Alors là, je ne m'attendais pas à un si bon bouquin ! Le quatrième de couverture est alléchant certes, mais décrit mal ce livre qui mêle aventures, science-fiction, humour et humanisme. Le début fait penser à un auteur français de référence (Stefan Wul) et à un autre que vénère mon pote Suisse24 : Mike Resnick. Comme ce dernier, Joëlle Wintrebert réussi à décrire d'une façon crédible une civilisation extraterrestre. On y croit ! Et puis dans ce futur où la Terre est une théocratie dirigé par le pape Pi XIV, une quête à l'immortalité donne lieu à des aventures échevelées qui ne manquent ni de piment ni d'humour car l'amitié tumultueuse entre un jeune lézard et une adolescente terrienne donne le prétexte à de savoureuses passe d'armes. On passe d'une civilisation autochtone reptilienne à une Terre en pleine décadence. La condescendance humaine va vite désenchanter au contact du peuple Oï-Tiki qui s'il est très différent est loin d'être primitif comme les terriens le pensaient.
Les sauriens vont donner une magistrale leçon aux humains !
Avec ce livre, je me suis régalé du début à la fin. Car à aucun moment on ne trouve de temps mort ni de baisse de rythme
Je viens de me renseigner et Joëlle Wintreberg est visiblement connue et appréciée et je pense que je vais bientôt me procurer d'autres livres d'elle dont le paraît-il fameux "Les olympiades truquées" et en attendant, je vous engage à vous procurer celui-ci.


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jeudi 12 avril 2012

Karo & Cornette : Câlinée sous X (La Musardine)

On peut tout faire...
Tout, sauf des bébés!

Voici une BD tout à fait charmante. Présentée comme érotique, elle n'est qu'émoustillante (à peine). C'est sympathique, parfois drôle. J'aime beaucoup le dessin et les couleurs acidulée. Mais d'érotisme point. En fait cet album raconte la vie d'une toute jeune fille :Kyra et de ses démêlés avec un gars qu'elle n'aime plus mais dont elle est habituée, un peintre "intéressé" par son charme de femme enfant et quelques rencontres donc dont peu débouchent sur une relation. Si Kyra dort avec son nounours, elle n'est pas une petite fille pour autant. On dirait qu'elle est désabusée et se laisse balloter au gré des rencontres sans jamais ressentir LE coup de cœur.
C'est bien, joliment dessiné mais un peu vain.
Donc un album charmant que l'on lit avec plaisir mais que l'on aimerait plus étoffé et qu'il nous raconte une véritable histoire.
Merci à l'opération "Masse critique" de Babelio qui m'a donnée l'occasion de lire cet album.


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lundi 9 avril 2012

Lange, Richard : Dead Boys. (10/18)

Dans la touffeur de Los Angeles, immense fourmilière sans âme, des hommes en sursis sont perdus, " K.O. debout ". Si loin, si proches du paradis hollywoodien, les losers magnifiques de Richard Lange aiment, rêvent, picolent, braquent des banques et se brûlent les ailes et le cœur dans une cité des anges qui n'a jamais si mal porté son nom.
"Une écriture incandescente qui transforme les DEAD BOYS de l'Amérique en héros de tragédies silencieuses, façon Raymond Carver.
<
Douze nouvelles toutes aussi bonnes les unes que les autres.
Avec des personnages toujours sur le fil du rasoir, on s'attend toujours au pire... qui n'arrive que rarement. Mais le lecteur se doute bien qu'après la fin de la nouvelle, rien n'est réglé pour les personnages du récit et que leur vie ne s'oriente pas vraiment vers une amélioration.
En fait, toutes les histoires ont un point commun qui est la solitude au sein de la multitude .
L'écriture est parfaite, les nouvelles passionnantes et ce livre est un vrai petit régal que je vous conseille sans réserve.


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jeudi 5 avril 2012

Silverberg, Robert : L'Homme dans le labyrinthe (J'ai Lu)

« Muller vivait depuis neuf ans dans le labyrinthe. Maintenant, il le connaissait bien. Il savait ses pièges, ses méandres, ses embranchements trompeurs, ses trappes mortelles. Depuis le temps, il avait fini par se familiariser avec cet édifice de la dimension d'une ville, sinon avec la situation qui l'avait conduit à y chercher refuge. »
Tous les hommes qui avaient tenté de pénétrer dans le labyrinthe de Lemnos avant Muller étaient morts d'une façon atroce. Tous ceux qui avaient essayé de l'y rejoindre par la suite avaient été massacrés.
Aujourd'hui Ned Rawlins vient d'atterrir près du labyrinthe. Il a reçu l'ordre de ramener Muller sur la Terre, sa planète natale qui a besoin de lui. Sa planète qui, neuf ans auparavant, l'avait impitoyablement chassé, forcé à se réfugier au cœur de ce labyrinthe aux dédales mortels. Quelles chances Rawlins a-t-il de survivre et d'accomplir sa mission ?

Tout d'abord, je dois dire que j'ai commencé de livre sur mon Kindle, la liseuse d'Amazon. C'est ma première expérience de lecture sur cet appareil (mis à part deux nouvelles et un documentaire) et franchement je n'ai rien à reprocher à l'engin.... sauf qu'arrivé à la moitié du livre, j'ai craqué et commandé la version papier du roman car le poids, l'odeur, la couverture d'un « vrai » livre me manquait trop. Et puis l'habitude plus que cinquantenaire de tourner les pages....
Bref, la liseuse est un formidable instrument qui rendra service aux nomades mais qui n'est pas adapté à mes goûts et habitudes de lecture.
En ce qui concerne le roman proprement dit, c'est du pur Silverberg. C'est à dire que le récit allie avec bonheur une écriture fluide et agréable avec une histoire à la fois pertinente et surprenante. Auteur majeur de science-fiction, ses livres (et c'est un signe de qualité) n'ont absolument pas vieillis.
Celui-ci est un classique et franchement j'ai été emporté par cette histoire qui mêle psychologie et aventures. De la science-fiction crédible, inventive, passionnante qui n'est pas loin du thriller classique avec en supplément une créativité et d'un imaginaire époustouflants...
L'HOMME DANS LE LABYRINTHE est un vrai bonheur de lecture.
Ce livre est une merveille que je vous conseille sans réserve.


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lundi 2 avril 2012

Ovaldé, Véronique : Déloger l'animal. (J'ai Lu)

Si Rose a quinze ans, elle en paraît sept. Cette éternelle enfant est consciente de sa différence, mais son heureux caractère ainsi qu'une imagination sans bornes sont de puissantes ressources.
Lorsque sa mère disparaît brutalement, Rose va chercher à tout prix à comprendre l'histoire de sa famille. Au risque de voir la fantaisie et le rêve l'emporter sur une réalité plus cruelle...

L'écriture est très fine et belle mais je dois dire que j'ai eu beaucoup de ma à rentrer dans cette histoire confuse et sans dialogue. J'ai continué malgré tout en espérant trouver un sens à ce récit qui me paraissait plutôt abscons.
C'est un récit déconcertant qui m'a laissé perplexe mais je reconnais qu'après avoir tourné la dernière page je me suis dit que ce livre allait me laisser une trace et qu'en fin de compte, il n'était pas si mal que ça.
Un rendez-vous raté sans doute...
Je dois ajouter que ce livre bénéficie en général d'excellentes critiques.


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jeudi 29 mars 2012

Incorvaia, Antonio & Rimassa, Alessandro : Génération 1000 €uros. (La Fosse aux Ours)

Claudio, jeune diplômé, travaille dans une grande entreprise à Milan. Avec 1000 euros et un contrat précaire, il est obligé de vivre en colocation : ambiance détendue mais gros soucis à la première facture imprévue.
Avec humour et dérision, tendresse et réalisme, Génération 1000 euros raconte le quotidien de cette jeunesse : accumulation de stages, boulots précaires et mal payés, frustrations de vivre comme des adolescents.
Génération 1000 euros a connu un beau succès en librairie, en Italie, avant de devenir un film en 2009.

Un petit livre tout en dialogue, plutôt mal écrit mais assez sympathique. Censé dénoncer le scandale des jeunes sur-diplômés qui peinent à trouver un boulot et galèrent de stages en CDD mal payés et ne voient pas le bout du tunnel, il manque son coup car les auteurs privilégient la légèreté et l'insouciance au détriment des problèmes d'argent qui sont minimisés. La précarité et le scandale des SDF n'est abordé qu'à la fin du récit.
Bref c'est vraiment trop futile, voire frivole pour être vraiment passionnant d’autant plus que le bouquin est mal construit et qu'il n'y a pas vraiment de dénouement.
Un livre dispensable.


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