mercredi 31 août 2005

Lott, Tim: Lames de fond. (Belfond)

Lames de fondHiver 1991. Un ivrogne gît sur le bitume londonien après une collision mortelle avec un camion. Pas de quoi faire la une des journaux. Qui se souvient de Charlie Buck, ancien typographe au Times ? Son ex-femme, Maureen, et encore. Pourtant en 1979, Charlie s'imaginait heureux : un emploi sûr, une petite vie de famille bien tranquille, et aucune idée de ce qui couvait en Grande-Bretagne. Mais l'arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher annonce des changements radicaux, et, si Charlie voit s'écrouler un monde auquel il croyait dur comme fer, Maureen, elle, va s'émanciper et enfin s'épanouir. Travailler, gagner sa vie, prendre un amant et du plaisir, autant de choses qui, jusque-là, lui étaient restées inconnues...

J'ai déjà parlé de ce livre sur LE SITE DU JOUR. C'est un roman remarquable, à la fois drôle, émouvant et acerbe (terrible même), sur la façon dont les chambardements politiques néo-libéraux viennent bouleverser la vie des gens ordinaires. Très belle écriture. Un beau, gros et grand livre à lire absolument.

lundi 29 août 2005

Spirou du 7 octobre 1965

Spirou1Je suis vachement content ! :fete: :boing:
Je viens de réussir à me procurer un splendide exemplaire du "Journal de spirou" d'octobre 1965. Il est magnifique ! De plus je suis en pourparlers pour une vingtaine d'autres numéros de la même année. J'espère pouvoir coller les couvertures dans "Revues & BD" très bientôt. :ange: :soleil:

dimanche 28 août 2005

Banks, Iain : Le seigneur des guêpes. (Fleuve Noir)

Le seigneur des guêpes "Moi j'ai jamais fait brûler de chien. D'accord, c'est amusant, mais il y a quand même d'autres choses plus intéressantes !
Deux ans après avoir tué Blyth, j'ai assassiné Paul, mon petit frère, pour des raisons différentes et nettement plus fondamentales. Et puis, environ un an après, j'ai encore éliminé ma petite cousine Esmeralda, plus ou moins sur un coup de tête. C'est mon total pour le moment : trois. Maintenant, ça fait des années que je n'ai plus tué personne et je n'ai pas l'intention de recommencer.
Je pense que c'était juste comme une phase que je traversais. En tout cas, moi au moins, on ne m'a pas surnommé "le brûleur de chiens", comme mon frère Eric, celui qui vient de s'évader de son asile..."

Une agréable surprise que ce livre, acheté un peu par hasard il y a plus d'un an maintenant. C'est une véritable plongée dans la folie que l'on vit au fil des pages. Une écriture vive et soignée, un malaise toujours présent tout au long des chapitres font que l'on ne s'ennuie pas une seconde. Je ne connaissais pas cet auteur et, grâce à Internet, j'ai pu apprendre que, loin d'être un inconnu, Iain Banks est apprécié par les amateurs de SF. Un bon roman de terreur.

jeudi 25 août 2005

Rambaud, Patrick : L'Idiot du village. (Grasset)

L'Idiot du villageUn jour, en parcourant le quotidien qu'il vient d'acheter, notre héros tombe avec surprise sur des informations de 1953. Il croit à une plaisenterie ou à un numéro spécial, mais non, car d'autres hallucinations vont le replonger définitivement dans les années cinquante.
Ainsi largué dans le paris de son enfance, il se sent étranger. Puis il se résout à accepter ce sort improbable. Il devient plongeur dans un restaurant des halles, et il s'aperçoit vite de sa superiorité : il connaît par avance les événements...

On sent à la lecture de ce livre que Patrick Rambaud s’est amusé en écrivant cette histoire. C’est bien sûr une nouvelle variation sur un thème archi connu mais l’invention dont fait preuve l’auteur fait que l’on passe un bon moment avec cet ouvrage. Loin de l’écriture fouillée et minutieuse de sa formidable trilogie napoléonienne, ce livre est une agréable fantaisie, à la fin surprenante, qui se lit d’une traite.
Du même auteur, je conseille vivement

  • La Bataille (prix Goncourt et grand prix de l’Académie française)
  • Il neigeait
  • L’Absent

mercredi 24 août 2005

Skorecki, Louis : Il entrerait dans la légende. (Éditions Léo Scheer)

Il entrerait dans la légendeÇa avait commencé quand il était petit. Sa première femme, il l'avait tué à sept ans. Ce n'était pas une femme, évidemment, c'était une petite fille de son âge, une copine."
Récit pétrifiant jusqu'au comique, IL ENTRERAIT DANS LA LÉGENDE retrace l'implacable cheminement d'un serial killer que l'amour absolu des femmes et des petites filles pousse au crime. Serait-ce elles qui le lui demandent ?
Entre narration candidement cruelle, journal intime et catalogue de sévices sexuels, le texte est structuré en 2323 séquences d'une précision maniaque, à la manière d'un chant très ancien en forme de polyphonie sauvage et meurtrière.(L'ÉDITEUR)

Ce bouquin est un simple catalogue d’atrocités. Pas d’histoire, rien. S’il est assez odieux dans le fond, le récit de 229 pages est tout aussi pénible dans la forme. L’écriture est insupportable de médiocrité. L’auteur est parait-il journaliste à LIBÉRATION. Quand je pense à tout le battage fait autour de « Rose Bonbon » (qui n’était d’ailleurs qu’un très mauvais roman mais guère plus choquant que n’importe quel « S.A.S »), je me dis qu’il y a vraiment deux poids, deux mesures dans la dénonciation par les critiques d’œuvres « choquantes ». Il faut être clair, ce qui me dérange dans ce livre, ce n’est pas vraiment les récits (fastidieux) de viols et de tortures (j’ai lu Sade entre autres) mais la nullité de l’écriture et le manque total de style. Une volonté de choquer pour choquer. J’enrage simplement d’avoir déboursé 17€ pour ce « machin » sans aucun intérêt.

Troyat, Henri : L'araigne. (J'ai Lu)

L'araigne
"Tout le monde fermait les yeux autour de lui. Il avait l'impression, parfois, qu'on ne l'avait pas endormi pour subir l'interminable opération de la vie. Une anesthésie soigneuse émoussait les douleurs des autres. Lui seul était éveillé, lucide, les chairs et l'esprit à vif."
Depuis la mort de son père, Gérard est l'unique représentant masculin de la famille Fonsèque. De constitution fragile, l'esprit agile mais tourmenté, il ne sort que rarement et nourrit pour le genre humain un véritable dégoût. sous son joug, ses trois soeurs tentent de gagner leur liberté en échappant aux foudres de leur frère.
Mais Gérard, blessé par tant d'ingratitude et ne supportant pas l'idée d'être délaissé, est prêt à tout pour contrarier leurs projets de mariage. De son antre, il tisse les fils de la discorde au risque de tout perdre, famille et raison.(L'ÉDITEUR)

J’ai toujours bien aimé les livres d’Henri Troyat. Son style clair et précis en fait un auteur populaire ce qui ne veut pas dire que ses œuvres ne soient pas profondes. Cet ouvrage, prix Goncourt 1938, est un succès. De lui, mis à part une bonne douzaine de romans et nouvelles (Le prisonnier n°1 et Grimbosq me viennent notamment à l’esprit) je conseille la lecture de ses biographies consacrées à des auteurs comme Tolstoï, Gogol, Pouchkine, Flaubert, Maupassant, Baudelaire… ainsi que d’autres sur Catherine la Grande, Alexandre premier, Ivan le Terrible…

lundi 22 août 2005

Kahn, Axel : Raisonnable et humain ? (Nil éditions)

Raisonnable et humain
"Á sa mort, mon père m'a laissé une lettre. Avec cette ultime injonction : "sois raisonnable et humain !" C'était il y a trente-trois ans, mais ces mots ne m'ont jamais quitté. Quelles sont les choses nécessaires, et au nom de quoi le sont-elles ? Que signifie être raisonnable, quelle est la source de la raison ? Comment pourrait-on ne pas être humain quand on est un homme, et comment devrait-on l'être ? Suis-je raisonnable et humain ?
L'homme rêve de posséder tous les pouvoirs, de dominer la nature, à commencer par la sienne. Il y parvient presque. fort de cette omnipotence, comment peut-il déterminer ce qu'il convient de faire tout en restant "raisonnable et humain" ?
Axel Kahn s'arme de tous les outils théoriques - génétique, neurobiologie,métaphysique, philosophie - pour confronter ses actes au précepte de son père. Dans une brillante approche pluridisciplinaire, il s'interroge sur l'homme, son environnement et le monde animal, la vie et la mort, le déterminisme et la liberté, le progrès et la raison.
Axel Kahn prouve encore une fois, par cet essai lumineux, qu'il est possible d'être à la fois érudit et accessible.(L'ÉDITEUR)

Je n’ai pas grand-chose à ajouter au commentaire du quatrième de couverture. Ce livre est un pur bonheur. La pensée d’Axel Kahn est un modèle de clarté et un exemple d’humanisme. De cet auteur, j’avais déjà apprécié « Et l’homme dans tout ça ».

dimanche 21 août 2005

Jarry, Isabelle : J'ai nom sans bruit. (Stock)

J'ai nom sans bruit
"J'habitais dans la rue, certes, mais je restais la même femme. Je n'étais pas folle, ni mal élevée, j'avais un peu de culture et je savais réfléchir. J'étais capable d'échanger des idées, à plus forte raison des banalités. Mais non, personne ne désirait bavarder avec moi.
Était-ce parce que j'étais sale ? Mal habillée ? De quoi avaient peur ceux qui se détournaient, vaguement offusqués ? Ils vivaient dans un monde et j'en étais exclue, cela suffisait à empêcher le moindre dialogue. Ils se réveillaient chaque matin dans leur lit et prenaient le café dans la cuisine, je me réveillais toute habillée sur le trottoir et ne buvais plus jamais de café, ils descendaient dans la rue pour aller travailler, je ramassais mes affaires et levais le camp à la recherche d'une autre rue où m'ennuyer des heures durant. Ils se dépêchaient déjà, plongés dans l'excitation d'une nouvelle journée qui commençait, je traînais les pieds, écrasée dès le matin par l'indigence de ma condition et l'absence de toute perspective."

Isabelle Jarry est l'auteur de L'HOMME DE LA PASSERELLE (Prix du Premier roman 1992), L'ARCHANGE PERDU (1994), LE JARDIN YAMATA (1999), GEORGE ORWELL, CENT ANS D'ANTICIPATION (2003) et d'autres ouvrages consacrés à Théodore Monod.(L'ÉDITEUR)

Curieux roman, extrêmement bien écrit et à l'histoire intéressante (une femme SDF (mais pas tout à fait) qui perd progressivement l'usage de la parole et ne s'exprime plus qu'au travers des poèmes du Moyen âge). Mais le récit ne tient pas la route. Des incohérences et surtout des personnages à peine esquissés font que la lecture devient assez vite ennuyeuse. Dommage.

vendredi 19 août 2005

Orsenna, Erik : Dernières nouvelles des oiseaux. (Stock)

Dernières nouvelles des oiseaux« Ce soir-là, le président présidait une remise de prix au lycée de H. Dès le cinquième très bon élève, il bâilla. Tandis que se poursuivait l’éprouvante cérémonie, l’idée arriva dans son cerveau et, s’y trouvant bien sans doute, commença de germer. Une idée simple, une idée scandaleuse.
D’accord, il faut récompenser les très bons élèves, mais pour quelle raison ceux que je vois ce soir monter un à un sur la scène sont-ils tellement ennuyeux ?
Premièrement parce qu’ils se ressemblent tous.
Deuxièmement parce qu’ils acceptent, sans protester, les matières au programme.
Pourquoi ne pas couronner d’autres enfants, des talents cachés, des passionnés qui explorent sans relâche, qui ne supportent que la liberté, que des devoirs qu’ils se donnent eux-mêmes ? D’abord, nous donnerons à chacun d’entre eux un grand prix de la passion. Et ensuite… La suite est un secret. »(L'ÉDITEUR)

Dans la lignée des contes philosophiques, et avec un certain bonheur, Erik Orsenna donne ici un petit livre agréable à lire. Certes il est loin du formidable « La grammaire est une chanson douce » (Stock, 2001) mais si l’on prend en compte le fait que ce livre s’adresse visiblement plus aux grands enfants et aux adolescents qu’aux adultes, on peut dire que le résultat est assez réussi.