mardi 28 février 2006

Grippe 2

Laissez moi crever !!! :langue:

lundi 27 février 2006

Grippe

Bon, je vais peut-être être absent quelques jours.
J'ai une crève d'enfer. En tout cas, continuez à bouquiner un max.
Regardez ces chouettes vielles pubs !

Rheuuuu rheuuuu !! :langue:

dimanche 26 février 2006

Dimanche tranquille

Ce sera , j'espère, un dimanche tranquille que je tâcherai de passer en compagnie des trois ou quatre BD d'Édika que je possède. Un auteur complètement déjanté et très plaisant à l'exception toutefois de certaines fins plutôt bâclées. Rien de mieux contre une grippe que quelques BD de ce genre... (je me suis gardé évidemment mon Spirou hebdo qui frétille d'impatience sur la table du salon.) :langue:
Plus sérieux, mais toujours intéressant, L'hebdomadaire MARIANNE m'accompagnera également pendant ce week-end de fin d'hiver. J'espère être de nouveau en forme lundi.
Bon week-end à tous.

samedi 25 février 2006

Guilloux, Louis : le pain des rêves. (Folio)

Jusqu’avant 1914, dans une petite ville bretonne, près de la cathédrale, vit l’infâme rue du tonneau avec ses taudis, ses maisons de prostitution , ses cafés douteux. Une écurie sert de logis aux Nédelec, la mère, les deux enfants et le grand-père tailleur qui fait vivre et travaille jusque mort s’ensuive. Puis arrive la cousine Zabella personnage haut en couleur.
La poésie, l’amour, la noblesse du cœur illumine ce récit, le plus beau peut-être qu’aient jamais inspiré, l’enfance et la misère. »Je doute qu’aucun amour vaille celui des pauvres écrit Louis Guilloux dans LE PAIN DES RÊVES.


Acheter ce livre chez Amazon

vendredi 24 février 2006

Nosferatu (1922)

Ulter, un employé d’un agent immobilier, s’engage dans la forêt des Carpates, où des fantômes l’emportent dans un mystérieux carrosse roulant à un train d’enfer jusqu’à la demeure du comte Orlok, alias Nosferatu. Celui-ci quitte peu après son château dans un cercueil rempli de terre, et commence son voyage sur un navire pestiféré.
Etabli dans une ville hanséatique, le vampire disparaît en apothéose au chant du coq pour avoir été amoureux d’Ellen, la fiancé d’Hulter et s’être laissé surprendre par l’aube…

Film fascinant dont le succès fut de tous temps supérieur aux nombreux DRACULA qu’inspira l’œuvre de Bram Stocker, NOSFERATU traduit un des grands thèmes récurrents de l’imaginaire germanique : le grand amour qu’incarne Ellen triomphe du tyrannique Nosferatu.
Murnau, cinéaste majeur du muet, signe ici son chef d’œuvre. Lui seul (avec peut-être Chaplin) savait se servir des ombres et lumières pour obtenir un film dont le manque de couleur n’apparaît absolument pas. Elle serait même nuisible à mon avis.
Ce DVD contient la version noir et blanc et la version Sépia. Je ne sais laquelle je préfère…

jeudi 23 février 2006

Un tas de Poulpe !

Je suis très content. Je viens de trouver sur le marché neuf (9) équipées du « Poulpe » pour trois (3) euros. Ce ne sont même pas des bouquins d’occasions mais des « déstockages ». Une affaire donc.
Je possède déjà plusieurs de ces petits livres dans cette collection à dix francs. La caractéristique de cette série c’est d’être écrite par un auteur différent à chaque nouvel épisode. Cela donne un intérêt certain à cette épopée.
Voici le quatrième de couverture commun à tous.


C’et un enquêteur libre, curieux, indépendant. Partant de ces faits-divers qui expriment les maladies de notre monde, il explore les failles et les désordres du quotidien. Ce n’est ni un vengeur ni le représentant d’une morale. C’est surtout un témoin.

Le personnage est attachant. Gabriel Lecouvreur surnommé Le Poulpe à cause de ses bras démesurés est un anarchiste (né le 22 mars). Il ne supporte pas l’extrême droite et s’investit totalement dans la lutte contre celle-ci.
Il n’a pas de résidence proprement dite mais un charmant nid d’amour chez Cheryl, belle blonde qui tient un petit salon de coiffure. Cheryl aime le rose et les peluches. Sa plastique exceptionnelle a su séduire Gabriel. (A moins que ce ne soit son caractère entier et ses colères ravageuses.) De temps en temps elle donne un coup de main à son « Poulpe d’amour ».
Sa deuxième tanière est tout simplement Le Pied de porc à la Saint Scolasse, petit bar restaurant ou le patron Gérard et sa femme Maria sont aux petits soins pour lui. En général, les aventures du Poulpe commencent après la lecture des petites annonces au comptoir de ce bistrot du 11° arrondissement. Entre ou même pendant ses enquêtes, Le Poulpe s’adonne à sa vraie passion : la bière. Mais attention, pas n’importe quelle pisse d’âne ! S’il accepte volontiers de goûter des bières de toutes provenances, Gabriel a une dévotion pour les Trappistes belges. (L’Orval est l’une de ses préférées.)
Le Poulpe n’aime guère les armes mais en cas de besoin, il lui suffit de se rendre chez son ami Pedro, vieil anarchiste catalan qui lui fournit aussi sur demande des faux papiers et qui peut également le tirer de situations épineuses…
Bref tout un petit monde attachant qui est le tronc commun sur lequel chaque auteur se réfère avec plus ou moins de bonheur.
Des enquêtes souvent passionnantes et écrites dans un style forcément renouvelé à chaque fois. Il faut noter, L'obligatoire Jeu de mot du titre.
Je sens que je ne vais pas tarder à lire quelques unes de mes acquisitions. Cela faisait trop de temps que je n’avais pas fréquenté ce Poulpe là !



Acheter ce livre chez Amazon

mercredi 22 février 2006

Yes men (The).

Les « Yes men », un petit groupe d’activistes, créent un faux site internet affilié à l’Organisation Mondiale du Commerce. Leur ruse fonctionnant au-delà de leurs espérances, ils parviennent à infiltrer les rangs de l’OMC, alors qu’ils sont politiquement opposés à la dite organisation. Se rendant de conférences internationales en conférences internationales, ils profitent alors de leur nouveau statut pour pousser les théories du libre-commerce mondial au paroxysme, et ce parfois de façon spectaculaire, afin d’éveiller les consciences… qui ne sont pas toujours au rendez-vous !

J’ai un avis mitigé sur ce film documentaire. Il est souvent drôle, parfois effrayant. (La scène où un des Yes men se fait applaudir dans une réunion de l’OMC en affirmant que la démocratie est un frein à la libre entreprise par exemple) mais vraiment brouillon au point d’en rendre le visionnage assez pénible. De plus l’action salutaire de ces activistes prend souvent l’allure de grosses blagues de potaches plongés dans la cours des grands de ce monde. N’est pas Michael Moore qui veut !
Ceci étant dit, le documentaire montre bien le terrible cynisme de ce genre d’organisation mondiale et non démocratique (FMI, OMC…) et l’incroyable culot des « Yes men » donne souvent à rire mais toujours à réfléchir.
Un film réjouissant, cinglant mais souvent trop bordélique.



Acheter ce film chez Amazon

mardi 21 février 2006

Blodgett, Michael : Captain Blood. (Rivages/Noir)

Le docteur Blood a prénommé son fils Captain, en hommage à Errol Flynn. Vingt ans plus tard, Captain vit à Los Angeles ; il est gérant d’un immeuble, activité qui lui laisse des loisirs. Célibataire, beau gosse, volontiers enclin au narcissisme, il abuse de l’alcool, des drogues et des femmes avec une santé rare. Il recherche constamment de nouvelles aventures sexuelles, mais reste fidèle à sa sœur Iris avec qui il vit depuis deux ans malgré son évidente amoralité. Captain Blood est obsédé par son désir de faire régner la justice, et se porte constamment au secours des faibles et des victimes. Bref Captain se prend pour Dieu… Mais un dieu vengeur et impitoyable.

Quel roman ! Un polar noir, totalement déjanté, très sanglant, drôle aussi. Un livre passionnant dont on ne peut se détacher avant la dernière page. C’est une véritable réussite que ce roman baroque d’une amoralité extrêmement réjouissante. Tout au long des 600 pages on est entièrement plongé dans l’action. Pas un temps mort. Des surprises à chaque page et une fin digne de la folie de l’ensemble.
Un thriller GÉNIAL !



Acheter ce livre chez Amazon

lundi 20 février 2006

Harrison, Harry : La queue de la comète- Sexe et S.F. (Les Humanoïdes associés)

Indispensable et très drôle ce livre de Harry Harrison ! C’est un ouvrage abondamment illustré sur l’histoire de la représentation du sexe dans la science fiction. Ce sujet est traité avec beaucoup d’humour par cet auteur de SF ( Soleil vert).



Il montre comment petit à petit les dessinateurs se sont affranchis des censures diverses. Le combat fut rude et long ! D’abord cantonnés dans une prudente suggestion dans les années 20, les dessins qui illustraient les « pulps » se firent beaucoup plus précis dans les années 40. (Voir quelques exemples dans MES COLLECTIONS). Il faut dire qu’ils promettaient beaucoup plus que ce que les textes offraient à l’intérieur des livres.
La science fiction a été étonnamment prude jusque dans les années 70. A part quelques exceptions notoires comme les romans de Philip José Farmer : LES AMANTS ÉTRANGERS et DES RAPPORTS ÉTRANGES, l’amour n’était pas présent dans cette branche de littérature. (D’ailleurs les femmes, comme dans la BD, n’étaient que des vues de l’esprit dans le meilleur des cas. Pour conquérir Mars ou la galaxie, seule une virilité exacerbée comptait.)
Et c’est en France surtout grâce à des journaux comme MÉTAL HURLANT ou des maisons d’éditions comme J’AI LU que les dessinateurs s’en donnèrent à cœur joie. Ce livre (que je pense introuvable maintenant) montre, avec beaucoup d’illustrations comme exemples, l’évolution de l’illustration de science fiction du début aux années 80. Je le reprends souvent pour l’admirer.

dimanche 19 février 2006

Marianne : Caricatures.

Après les fameuses caricatures de Mahomet, le numéro de MARIANNE de cette semaine présente des dessins sur Jésus et Moïse en illustration d’un article : « du bon usage de la provocation ». Article fort bien tourné quoi qu’un peu court.


Il est suivi d’un papier : « D’Aristophane aux guignols, la tribu des croqueurs de têtes (très bref lui aussi d’ailleurs)
Dans l’hebdomadaire de Jean-François Kahn on trouve aussi dans la livraison de cette semaine :
- Les martyrs d’aujourd’hui : Les incroyants.
- La tragédie des athées de l’Islam.
- Inde : Rama la guerre, et Vishnou la paix…
- Etats-Unis : Les » fous de Dieu » façon Bush.
- De l’incroyance en Occident.
- Victor Hugo croyait en dieu et pourtant…
- Le chevalier de La Barre condamné à mort pour blasphème.
Bref, encore une bonne partie du journal consacré à « l’affaire » et à la dénonciation de la censure religieuse.
Je me demande si j'aurai le temps de lire mon spirou moi avec tout ça !!!
:langue:


samedi 18 février 2006

Guilloux, Louis : Le Sang noir. (Gallimard)

Le Sang noir est l'histoire d'une journée de 1917, dans une ville provinciale de l'arrière. C'est à travers le calvaire du professeur de philosophie Merlin, dit Cripure (à cause de la Critique de la raison pure), le tableau d'une société de pharisiens, de grotesques, de haïssables, en face de gentils, de révoltés, de victimes. Cripure, lui, s'il a été un révolté, ne l'est plus guère. Il est la caricature d'un homme à la fin d'une civilisation, un homme extrêmement pitoyable. Moqué par ses élèves, vivant avec une gothon, sachant qu'une révolution se lève à l'Est, trop tard pour lui, haï par tous les patriotes de l'arrière, il veut se battre en duel, dans un dernier sursaut. Et, comme on le prive de ce duel et de son honneur, il ne lui reste plus que le suicide. Cripure qui, la nuit, dans son sommeil, entend une voix de femme lui demander : " Pourquoi as-tu envie de pleurer ", est une des figures les plus présentes qu'un romancier ait jamais créées. Il a beau sortir du roman, grotesquement vautré dans une troïka lamentable, agonisant, lentement escorté à travers la ville, jusqu'à l'hôpital, par deux agents cyclistes, il ne sera jamais oublié. Bien que retentissant des problèmes de 1917, Le Sang noir est un roman métaphysique, plus que politique. Cette dimension métaphysique et le foisonnement des personnages : Cripure, Maïa, Nabucet, Moka, Lucien... font du Sang noir le roman le plus dostoïevskien de la littérature française.
Le chef-d'oeuvre d'un écrivain de sensibilité anarcho-communiste. Un roman de "l'humiliation et de la colère" (selon A. Meyer), qui a pour cadre une petite ville française, à l'époque d'une guerre qui n'en finit plus (1917), à la recherche d'un bouc émissaire: ce sera Cripure, figure dostoïevskienne et inoffensif professeur auquel on fera payer cher son non-conformisme. (L’éditeur)

Louis Guilloux était un auteur incontournable des années 30. LE SANG NOIR, sans doute le plus connu de ses livres, est une œuvre qui devrait être lue par tous. Ce roman est bien plus qu’une critique et une dénonciation des élites de la société de l’époque, bien plus que la confrontation entre les hommes « non-combattants et la guerre. Le patriotisme insensé et souvent hypocrite de certains qui se déchaîne contre le détachement affiché de Cripure, sorte de « bouc émissaire » de la société en général est dans ce magnifique gros roman admirablement rendu.
Le livre est une analyse psychologique des habitants d’une petite ville de province pendant la Grande Guerre. Certains passages glacent le sang. D’autres sont loufoques et prêtent à rire. Les descriptions des personnages sont souvent savoureuses et la lecture de ce récit passionnant est un pur moment de bonheur. La richesse mais aussi la rigueur du style de Louis Guilloux est totale et ce roman bouleversant (très moderne dans le fond et la forme) laisse un souvenir impérissable.
Une lecture indispensable.



Acheter ce livre chez Amazon

vendredi 17 février 2006

Ogawa, Yôko : Hôtel Iris. (J'ai Lu)

" J'ai pensé que je pleurais parce que j'avais envie de retrouver le traducteur. Je voulais savourer l'instant où, lorsqu'il m'apercevrait, un sourire timide viendrait s'installer sur son visage. Je voulais, dans la maison de l'île, m'immerger seule avec lui dans notre cérémonie secrète. "
Mari vit seule avec sa mère qui tient l'hôtel Iris. Depuis quand a-t-elle conscience qu'elle n'en peut plus de ce huis-clos ? Qu'elle ne supporte plus les vexations et la surveillance incessante dont elle est l'objet ? Un jour, elle assiste à une scène d'une rare violence : un individu d'un certain âge est accusé publiquement, au sein de l'hôtel, des pires déviances. Fascinée par cet homme, elle le suit. Innocente, ou très consciente de son effroyable beauté, elle entre avec lui dans l'arène du désir.
Grand désastre charnel ou instant de grâce fugitive ? Ce corps à corps résonne plutôt comme une implacable déchirure.

Quel étonnant livre que celui-là ! Le roman entier est basé et décrit une relation sado-masochiste. Et pourtant il n’y a aucune vulgarité ni même grivoiserie dans les descriptions pourtant assez précises qui parsèment le récit. Yôko Ogawa est une magicienne de l’écriture. Ce livre est d’un esthétisme parfait et raconte une histoire « hors norme » d’une façon incisive et pourtant très subtile. L’histoire est envoûtante et l’ambiance dégagée est onirique sans être obsédante. Le lecteur ne peut prendre aucun recul par rapport au récit et donc reste indécis sur le jugement à porter sur cette relation entre deux êtres si différents. Il se laisse porter par l’étrangeté des situations. Un beau livre très personnel et tout a fait en dehors des normes habituelles.
De Yôko Ogawa, j’avais déjà lu et apprécié L’ANNULAIRE qui déjà m’avait frappé par un ton particulier et, il faut le dire, assez malsain, tout en étant lui aussi fascinant et tout simplement beau.



Acheter ce livre chez Amazon

jeudi 16 février 2006

Meyrink, gustav : Le Golem. (GF Flammarion)

1915. Tandis que la Première Guerre mondiale ensanglante l'Europe, un auteur quasiment inconnu publie son premier roman, qui connaît un succès foudroyant.
Placé sous le signe du Golem, cette créature d'argile façonnée jadis par un rabbin, et qui revient hanter la ville tous les trente-trois ans, le livre ressuscite la Prague du tournant du siècle : Prague et son ghetto, rasé quelques années avant la guerre par des autorités soucieuses d'« assainissement ». Dans ses rues tortueuses où sont tapis des êtres fantastiques, dévorés par la passion et la haine, des crimes se commettent, tandis que les couples dansent dans des cabarets sordides. La folie sourd des vieilles pierres... elle poisse les songes et les souvenirs, elle sème sous les pas des passants des arcanes indéchiffrables. Jusqu'où le narrateur ira-t-il pour se libérer de son emprise et connaître enfin son destin ? (L’éditeur)

C’est assez récemment, grâce à une amie que j’ai découvert ce livre. Je ne connaissais que le film « Der Golem » de Paul Wegener, véritable chef d’œuvre du cinéma « expressionniste » allemand, un film muet de 1920 que j’avais visionné plusieurs fois.
De Meyrink, je n’avais lu que quelques nouvelles dans diverses anthologies consacrées à la littérature fantastique.
Comment ai-je pu passer si longtemps à côté de ce roman aussi génial que célèbre est un mystère…
Mêlant habilement le mythe populaire à un impressionnant mélange de descriptions de la vie dans le ghetto juif de Prague, d’une histoire d’amour, de fantômes, d’occultisme et des considérations philosophiques, Gustav Meyrink a ici réussi un roman de la trempe de « Frankenstein » de Mary Shelley (Mais Frankenstein étant le résultat d’un assemblage de morceaux de corps humains est un livre de science-fiction alors que le golem est lui créé par des incantations rituelles sur de l’argile est donc un livre fantastique). Un véritable cauchemar que ce Golem qui revient tous les trente trois ans hanter les ruelles du ghetto. Une entité dont nul ne peut se souvenir de l’apparence. Ainsi quand Athanasius Pernath, le héros du livre, se vit confier un livre à restaurer par le Golem, à peine la porte franchie qu’il ne pouvait se rappeler de son aspect.
L’écriture est dense et prenante. Des poses dans l’action permettent quelques réflexions toujours bienvenues du style : « La vie entière n’est rien d’autre que des questions devenues formes qui portent en elles le germe de leur réponse… et des réponses grosses de questions. Celui qui y voit autre chose est un fou. »
L’ensemble donne un gros bouquin touffu, foisonnant d’idées et très plaisant à lire. Une ambiance onirique très sombre plane en permanence sur ce magnifique ouvrage.
Un livre que je vous engage à lire si ce n’est déjà fait.



Acheter ce livre chez Amazon

mercredi 15 février 2006

Vuillemin : Les sales blagues de l'Echo : tome 13. (L'Echo des savannes/Albin Michel)

Je viens de terminer LES SALES BLAGUES DE L’ÉCHO tome 13 de Vuillemin. Comme le précédent, c’est une réjouissante BD totalement crade. Une sorte de compilation de blagues « bêtes et méchantes » toutes plus abjectes et scandaleuses les unes que les autres. Et pourtant, c’est un grand moment d’humour ! Allez comprendre ! Comme d’habitude, Vuillemin s’en donne à cœur joie et dessine ses horreurs avec une jubilation que l’on devine. J’avais déjà chroniqué une de ses BD dans ma BIBLIOTHÈQUE IDÉALE Il s’agissait de RAOUL TEIGNEUX CHEZ LES DRUZES en collaboration avec Berroyer. Tous les tomes des SALES BLAGUES DE L’ÉCHO sont indispensables pour qui apprécie de temps à autre quelques bonnes histoires, vulgaires certes, mais génialement drôles. Á déconseiller aux culs serrés. Vous voulez un exemple ? Voici donc UNE SÉLECTION DE CINQ "SALES BLAGUES" Alors ? conquis ou dégoûté ?


Acheter ce livre chez Amazon

mardi 14 février 2006

Chronique de l'année 2005. (Éditions Chronique / Dargaud)

Comme chaque année (depuis 1999) je viens d’acheter CHRONIQUE DE L’ANNÉE. Il s’agit bien sûr de CHRONIQUE DE L’ANNÉE 2005. En 145 pages, semaine après semaine, jour après jour, ce livre, richement illustré, rapporte les événements, petits et grands, en abordant toutes les facettes du quotidien : politique, économie, culture mais aussi la science et le sport.
De l’enlèvement de florence Aubenas à Bagdad à la mort de Jean-Paul II, de l’accession de Carlos Ghosn à la tête de Renault au mariage du prince Charles avec Camilla Parker-Bowles. Du tremblement de terre au Cachemire à la grippe aviaire. De l’évacuation de la bande de Gaza à l’affaire des prisons secrètes de la CIA, une année entière est résumée ici.
C’est un livre que je n’ouvrirai pas tout de suite. Il ne prendra son intérêt que dans quelques années. Les événements grands ou petits si nombreux dans une année font de ce genre de livre une mémoire non volatile agréable à consulter.



Acheter ce livre chez Amazon

lundi 13 février 2006

Chattam, Maxime : In tenebris. (Pocket)

Des dizaines et dizaines de personnes ont disparu à New York dans des circonstances étranges. La plupart d’entre elles ne sont pas jamais retrouvées. Julia, elle, l’a été. Elle est découverte vivante, scalpée dans un parc. Elle prétend s’être enfuie de l’Enfer. On pourrait croire à un acte isolé s’il n’y avait sa photo figurant au milieu d’une soixantaine d’autres …
Jeune détective à Brooklyn, Annabel O’Donnel prend l’enquête en main, aidée par Joshua Brolin spécialiste des tueurs en série. Quel monstre se cache dans les rues enneigées de New York ? Et si Julia avait raison ? Si c’était le diable lui-même ? Ce mystère, ce rituel…
Dans une atmosphère apocalyptique, Joshua et Annabel vont bientôt découvrir une porte, un passage… dans les ténèbres.

J’avais déjà beaucoup aimé L’ÂME DU MAL (Prix Sang d’Encre 2002) du même auteur et je savais que je ne tarderais pas à lire le second de cette trilogie. Autant le dire tout de suite, ce nouveau roman est encore meilleur que le premier. Je suis resté « scotché » sur ce bouquin policier comme rarement. Ce « thriller » est passionnant. Il se rapproche du fantastique de par sa manière de présenter les faits. Dans une ambiance étouffante l’auteur nous emmène dans d’improbables et terribles lieus où sévissent de démentiels tueurs. Chapitres après chapitres le suspense monte en puissance. On ne peut s’empêcher de continuer la lecture du roman tellement le récit est captivant. 600 pages de plaisir intense.
Un livre que je garderai longtemps en mémoire et que je conseille vivement aux amateurs de frissons. Le troisième roman de Maxime Chattam se trouve déjà sur les rayons de ma bibliothèque et Je sais que je ne résisterai pas longtemps à son appel…



Acheter ce livre chez Amazon

dimanche 12 février 2006

Les amis de l'Ardenne.

Je viens de terminer le N° 11 de la superbe revue régionale « LES AMIS DE L’ARDENNE ». Ce trimestre, carte blanche a été donné à Alain Bertrand. Il a donc sélectionné des écrits de nombreux écrivains de FRANZ BARTELT (Le formidable livre : Les bottes rouges, Grand Prix de l'Humour noir 2000) à PATRICK VIRELLES en passant par le poète ANDRÉ SCHMITZ. Des textes en vers et en prose donc illustrés magnifiquement par Morette, Pirotte, Willos et d’autres. Au total, nous obtenons une » revue / livre » extrêmement intéressante. Qui n’est certes pas réservée aux seuls ardennais. des deux côtés de la frontière. LES AMIS DE L’ARDENNE, de part sa présentation et son contenu, est vraiment un superbe magazine hors norme.

samedi 11 février 2006

Une gueulante sur Spirou

Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’impression qu’ils se foutent un peu de leurs lecteurs les gars de Spirou !
Depuis trois numéros, le journal a changé (un peu) de formule. 20 pages de plus et une couverture en papier glacée très chouette. Pour la couverture, rien à dire sauf peut-être que je n’en vois pas trop l’utilité. Sur les vingt pages de plus par contre, on peut se poser des questions. Elles sont utilisées pour rééditer d’anciennes aventures ou Gags. Si il est toujours sympa de relire des vieilles planches de Gaston Lagaffe, ou de Boule et Bill, je ne vois pas l’intérêt de se retaper des « pauvre Lampil » ou des aventures complètes des Schtroumpfs que l’on peut trouver en albums n’importe où. Il y a aussi beaucoup plus de publicité.
La cerise sur le gâteau est le courrier que j’ai reçu qui m’annonce qu je suis un privilégié car mon prélèvement trimestriel n’augmentera que d’une somme ridicule. Il passe en effet de 16 euros à 20,80 euros. Une paille !
Bon, je lis ce journal depuis quarante cinq ans et je ne vais pas arrêter ce petit quart d’heure de détente hebdomadaire. N’empêche que je n’aime pas trop cette façon de recycler de vieilles BD (il faut dire que le niveau des nouvelles est, sauf exception, assez bas.) Mais bon, j’espère qu‘il ne s’agit pas du début de la fin de ce fameux journal de BD. Je compte bien le recevoir encore longtemps (une cinquantaine d’années de plus me conviendrait bien tiens !) :soleil:

vendredi 10 février 2006

Eraserhead.

Dans une ville oppressante, Henry spencer mène une vie sans histoire. Jusqu’au jour où sa femme Mary met au monde un bébé monstrueux, dont la tête difforme dépasse des langes, et qui pleure sans arrêt.
Mary s’en va, à bout de nerf, Henry se retrouve seul. Dans les moments de répit que lui laisse l’enfant tombé malade, il rêve devant son radiateur d’une femme au visage étrange qui chante une rengaine insipide. Revenant à lui, il décide d’en finir avec le bébé…

Complexe et mystérieux, ERASERHEAD, le premier film de David Lynch, est une œuvre passionnante dont chaque visionnage révèle une nouvelle facette. C’est un chef-d’œuvre unique qui ressemble à un véritable cauchemar éveillé. Dans une ambiance oppressante et avec un son qui n’est qu’un grondement omniprésent et obsédant, le film terriblement noir se déroule jusqu’à la fin implacable.
La première fois que j’avais vu ce film, son nom était : Labyrinth man » C’est une œuvre étonnante et dérangeante qui, à mon avis, ne peut pas laisser le spectateur indifférent. On aime ou on déteste. Pour ma part, je considère que ERASERHEAD est un des films les plus marquants de l’histoire du cinéma. Hier, c’était la troisième fois que je le regardais et ce ne sera sûrement pas la dernière.



Acheter ce film chez Amazon

jeudi 9 février 2006

Charlie Hebdo, numéro spécial consacré aux caricatures sur Mahomet.

Évidemment, je me suis acheté le numéro spécial de Charlie Hebdo consacré aux fameuses caricatures de Mahomet qui font tellement de bruit en ce moment. Un numéro sans surprise ou les dessinateurs en rajoutent une bonne couche. Avec talent d’ailleurs. Il faut dire que ce scandale est du gâteau pour les Cabu, Wolinski, Tignous et autres Charb. Au passage, ils fustigent les faux culs de cathos qui dans leur coin aimeraient bien que la censure s’exerce aussi contre les caricaturistes qui se permettent de ridiculiser le pape et les intégristes de tous poils.
Je n’achète que rarement ce canard car il n’est vraiment plus ce qu’il était. Il n’a plus grand-chose à voir avec le brûlot anarchiste des années 70. C’était certes le pendant du fameux « Hara-kiri » et comme lui était souvent « bête et méchant » mais on y trouvait aussi de nombreuses pages qui donnaient matière à réflexion. Ce n’est plus guère le cas actuellement et c’est plus un journal « libéral libertaire » qu’autre chose. Mais malgré ces regrets, Charlie hebdo reste quand même d’une lecture assez réjouissante. En tous cas, ce numéro est réussi. De plus il devrait être très bon pour les finances de ce journal. Habituellement tiré à 100.000 exemplaire, ce numéro spécial l'a été dans un premier temps à 160.000 et un nouveau tirage, également de 160.000 exemplaires a été proposé à la vente dès Jeudi. Une aubaine donc que ce scandale pour cet hebdomadaire satirique.
Si la religion (ou plutôt LES religions) ne sont pas « l’opium du peuple » elles sont bien l’expression de la bêtise la plus crasse et sectaire et sans doute le vecteur principal d’une grande partie de la misère du monde. Je constate d'ailleurs avec effarement leur grand retour. :question: :colere:

mercredi 8 février 2006

Brussolo, Serge : Lutteurs immobiles (Les). (Denoël / Présence du futur)

Halte au scandale du gaspillage ! Désormais la Société Protectrice des Objets veille...
Que diriez-vous d'être couplé à une tasse de façon que la moindre fêlure de la porcelaine se répercute sur votre propre squelette en une superbe fracture ouverte ?
Imaginez le cauchemar, imaginez d'autres associations/répercussions, avec des vêtements, des disques, une maison...
Attaque en règle de la société de consommation ou fable ambiguë, Les Lutteurs immobiles est une réussite de plus à porter au crédit de Serge Brussolo. (L’éditeur)

Encore un Brussolo ? Oui, encore. :soleil:
Celui-là traînait dans ma bibliothèque depuis au moins trois ans. (Et je viens d’ailleurs d’en commander deux autres) Je ne sais pas exactement combien j’en possède (ils sont disséminés un peut partout dans mes rayons) mais je pense qu’il y en a une bonne cinquantaine…
Ce roman est de la meilleure veine de Brussolo. Un livre totalement déjanté et totalement effrayant (voir le quatrième de couverture ci-dessus). Ce court roman se lit d’une traite et avec grand plaisir malgré une fin un peu rapide et frustrante qui nous laisse un peu sur notre faim (comme souvent chez l’auteur). Mais le bouquin est plutôt réussi. Je l’ai bien aimé.
Petite curiosité : sur la tranche est inscrit : « LE lutteurs immobiles ». Le « S » est passé à la trappe !




Acheter ce livre chez Amazon

mardi 7 février 2006

Tillieux, Maurice : Tout gil jourdan / Dix aventures. (Dupuis)

Un « reste » de mes BD achetées pour les fêtes. Il s’agit du tome 4 de la réédition des œuvres complètes de Maurice Tillieux. Cet album contient :
- Chaud et froid
- Le grand souffle
- La maison du mystère
- Pâtée explosive
- La guerre en caleçon
- La bouteille
- Entre deux eaux
- L’homme en pull blanc
- Coup d’éclats
- Les santons
Et en inédit en album, Quelques aventures de Bob Slide.
Parues dans les années 60 et 70, les aventures de Gil Jourdan et de ses adjoints n’ont pas pris une ride. Les enquêtes de ce détective sont bourrées d’humour. (Les confrontations de l’inspecteur Crouton avec l’ancien voleur Libellule sont toujours savoureuses. Pour ma part, je préfère quand même les deux premiers volumes aux suivants. Il n’y a guère de surprises et l’ensemble ronronne peut-être un peu trop. Surtout dans les histoires très courtes. Néanmoins la lecture (et la redécouverte) de ces épisodes sont un vrai plaisir.



Acheter ce livre chez Amazon

lundi 6 février 2006

Hosseini, Khaled : Les cerfs-volants de Kaboul. (Belfond)

De Kaboul à San Francisco, des années 70 à nos jours, une déchirante histoire d'amitié et de trahison, avec, en arrière-plan, la chronique tourmentée d'un pays dévasté : l'Afghanistan.
Bien que frères de lait, Amir et Hassan ont grandi dans des mondes différents : le premier est le fils d'un riche commerçant, le second est le fils de leur serviteur. Inséparables, liés par une même passion, les deux garçons se vouent une amitié indéfectible.
Mais ce lien va se briser à jamais. Alors que sous ses yeux Hassan subit une véritable ignominie, Amir reste pétrifié. Peur ? Lâcheté ? Honte ? Pris dans une terrible confusion des sentiments, il n'esquissera pas un geste pour sauver son ami.
Eté 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux Etats-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. Il existe un moyen de te racheter, lui annonce une voix au téléphone. Mais ce moyen passe par une plongée au cœur de l'Afghanistan des talibans... et de son propre passé. (L’éditeur)

C’est une histoire poignante que raconte dans ce beau roman Khaled Hosseini. Le long chemin d’un homme vers la rédemption est ici relaté dans un style étonnamment juste. Sur le fond de la terrible histoire de l’Afghanistan entre occupation russe et folle dictature des talibans, se déroule le récit d’une amitié trahit, d’une difficile émigration et d’un » retour vers l’enfer » particulièrement bien décrit. Les personnages du livre ont une véritable densité et la culture afghane remarquablement étudiée. De belles et plaisantes anecdotes atténuent un peu le terrible récit. Le résultat est un livre que l’on dévore littéralement. Un chef d’œuvre ? Peut-être pas mais en tout cas, un bouquin considérable.
Vous devriez le lire d’urgence.


Acheter ce livre chez Amazon

dimanche 5 février 2006

Prévert, Jacques : Paroles & Histoires. (Folio)

CHANSON DANS LE SANG

Il y a de grandes flaques de sang sur le monde
où s'en va-t-il tout ce sang répandu
Est-ce la terre qui le boit et qui se saoule
drôle de saoulographie alors
si sage... si monotone...
Non la terre ne se saoule pas
la terre ne tourne pas de travers
elle pousse régulièrement sa petite voiture ses quatre saisons
la pluie... la neige...
le grêle... le beau temps...
jamais elle n'est ivre
c'est à peine si elle se permet de temps en temps
un malheureux petit volcan
Elle tourne la terre
elle tourne avec ses arbres... ses jardins... ses maisons...
elle tourne avec ses grandes flaques de sang
et toutes les choses vivantes tournent avec elle et saignent...
Elle elle s'en fout
la terre
elle tourne et toutes les choses vivantes se mettent à hurler
elle s'en fout
elle tourne
elle n'arrête pas de tourner
et le sang n'arrête pas de couler...
Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des meurtres... le sang des guerres...
le sang de la misère...
et le sang des hommes torturés dans les prisons...
le sang des enfants torturés tranquillement par leur papa et leur maman...
et le sang des hommes qui saignent de la tête
dans les cabanons...
et le sang du couvreur
quand le couvreur glisse et tombe du toit
Et le sang qui arrive et qui coule à grands flots
avec le nouveau-né... avec l'enfant nouveau...
la mère qui crie... l'enfant pleure...
le sang coule... la terre tourne
la terre n'arrête pas de tourner
le sang n'arrête pas de couler
Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des matraqués... des humiliés...
des suicidés... des fusillés... des condamnés...
et le sang de ceux qui meurent comme ça... par accident.
Dans la rue passe un vivant
avec tout son sang dedans
soudain le voilà mort
et tout son sang est dehors
et les autres vivants font disparaître le sang
ils emportent le corps
mais il est têtu le sang
et là où était le mort
beaucoup plus tard tout noir
un peu de sang s'étale encore...
sang coagulé
rouille de la vie rouille des corps
sang caillé comme le lait
comme le lait quand il tourne
quand il tourne comme la terre
comme la terre qui tourne
avec son lait... avec ses vaches...
avec ses vivants... avec ses morts...
la terre qui tourne avec ses arbres... ses vivants... ses maisons...
la terre qui tourne avec les mariages...
les enterrements...
les coquillages...
les régiments...
la terre qui tourne et qui tourne et qui tourne
avec ses grands ruisseaux de sang.

Prévert !
Comment ne pas avoir quelques recueils de ce poète dans sa bibliothèque ?
Un auteur populaire dans le bon sens du terme. Depuis longtemps ses œuvres ont du succès. Une estime méritée car si ses écrits sont limpides et accessibles à tous et que souvent c’est avec Jacques Prévert qu’un jeune collégien fera l'apprentissage de cet art, ses poésies magnifiques n’en sont pas moins de brillants et talentueux éléments de la littérature française.
Le style est lumineux, les poèmes clairs et d’une simplicité qui n’empêche absolument pas la profondeur. Bref, Prévert était un anarchiste qui a écrit des livres qui ne prennent pas la poussière sur des rayons élevés d’une bibliothèque à l’abri d’une belle reliure. Ce sont des bouquins à lire et relire.
Vous pouvez lire ces deux livres magnifiques mais aussi SPECTACLES, LA PLUIE ET LE BEAU TEMPS ou le formidable FATRAS. Bref toute son oeuvre.
Un dernier pour la route.


LA PLAGE DES SABLES BLANCS

Oubliettes des châteaux de sable
Meurtrières fenêtres de l'oubli
Tout est toujours pareil
Et cependant tout a changé
Tu étais nue dans le soleil
Tu étais nue tu te baignais
Les galets roulent avec la mer
Et toujours toujours j'entendrai
Leur doux refrain de pierres heureuses
Leur gai refrain de pierres mouillées
Déchirant refrain des vacances
Perdu dans les vagues du souvenir
Déchirants souvenirs de l'enfance
Brûlée vive par le désir
Merveilleux souvenir de l'enfance
Éblouie par le plaisir.

PAROLES :
Acheter ce livre chez Amazon
HISTOIRES :
Acheter ce livre chez Amazon

samedi 4 février 2006

Kingsolver, Barbara : Les cochons au paradis. (Rivages poche)

Quand Turtle Greer, six ans, est témoin d'un accident insolite près d'un barrage, son insistance à raconter ce qu'elle a vu et la confiance que sa mère a en elle sauvent un homme et font d'elle... une vedette de télé. Cette célébrité va obliger Turtle et sa mère, Taylor, à fuir. Kentucky, Oklahoma, jusqu'à Las Vegas. Passé et futur s'entrecroisent pour la petite fille cherokee adoptée. La grand-mère, Alice, déjà présente dans L'ARBRE AUX HARICOTS, aura là une place indispensable et chaleureuse, comme Jax, l'ami de Taylor, et Cash, l'Indien cherokee qui donnera la clef du mystère de la naissance de Turtle.
Le lecteur est entraîné dans un mode d’amour quelquefois douloureux où l’idée de famille est mise à mal. Où est le vrai, où est le faux dans les liens familiaux ? Semble se demander l’auteur avec un humour implacable. (L’éditeur)

Suite donc du roman L’ARBRE AUX HARICOTS, ce roman est tout aussi agréable à lire et sympathique que le précédent de l’auteur. La relation entre Turtle et sa maman adoptive est très forte. Quand une avocate devine en voyant la petite à la télévision qu’elle est une enfant de la tribu des cherokees, elle décide d’œuvrer pour que Turtle revienne dans sa « vraie » famille. Taylor et Turtle sont alors obligées de fuir pour échapper à l’avocate indienne. C’est le récit dans un premier temps de cette fuite, puis du retour dans la tribu que raconte ce beau roman. La ténacité de Taylor à garder sa fille les entraîne dans des pérégrinations et des difficultés sans fin. Le personnage d’Alice, la grand-mère, à peine esquissé dans le premier volume prend ici toute sa dimension. Au passage, on apprend beaucoup sur les mœurs des indiens de l’Amérique contemporaine. Quand une mère et une tribu indienne s’affrontent et se déchirent pour une enfant cela pourrait donner un livre triste et désespéré. Ce n’est absolument pas le cas grâce à un humour omniprésent au fil des pages. La fin idyllique est totalement incroyable et même absolument invraisemblable. Mais la sympathie que l’on ressent à la lecture de l’ouvrage fait passer la pilule. Je conseille vraiment ce bon livre moins superficiel qu’il parait.
(Citation : "être là en personne, ce n'est pas la même chose que de regarder. On voit peut-être mieux à la télévision, mais on ne saura jamais si l'on était vivant ou mort pendant qu'on regardait".)
Je conseille également (et surtout) le précédent, L’ARBRE AUX HARICOTS.
Les deux volumes donnent quelques heures de lecture agréable et plaisante.
Merci ma la Lys pour le cadeau.



Acheter ce livre chez Amazon

vendredi 3 février 2006

Chesbro, George : Bone. (Rivages/Noir)

Qui est Bone ? Un parmi les milliers de sans-abri qui hantent les rues de New York ? D'où vient le fémur humain qu'il tient dans la main ? De quel enfer revient-il ? Qu'y a-t-il vu pour perdre la parole et la mémoire ? Pourquoi son apparition dans Manhattan semble-t-elle être à l'origine d'une série de meurtres sanglants ? Est-il le tueur maniaque qui décapite les clochards pendant la nuit ?
Un thriller émouvant, qui est aussi un véritable cri d'alarme sur une société qui laisse mourir quotidiennement de faim et de froid ses membres les plus démunis. (L’éditeur).

Georges C. Chesbro est un écrivain extraordinaire. Il a notamment créé le personnage de Mongo, un nain détective, ancien acrobate de cirque. Tous ses bouquins sont des livres policiers formidables qui versent souvent dans le fantastique.
Ce livre est sans doute le meilleur de l’auteur. L’intrigue nous emmène dans le dédale des sous-bassements et souterrains de New York avec ses sans abris alcooliques, ses désespérés, ses tueurs déments et tout un monde ignoré de la surface. Le rendu de la communauté impitoyable des SDF est ahurissant. Bone, le héros est un amnésique plus qu’attachant. Est-il un tueur ? Le mystère est total. L’ambiance du bouquin est pesante, le suspens haletant et jusqu’au bout on croit à l’intervention du surnaturel.
Un livre étonnant de par la maîtrise et la virtuosité de l’auteur. Un thriller terrifiant à lire absolument.



Acheter ce livre chez Amazon

jeudi 2 février 2006

Kahn, Axel & Jean-François : comme deux frères : Mémoire et visions croisées. ( Stock)

Axel, le médecin biologiste, engagé depuis longtemps dans la réflexion éthique, Jean-François, le journaliste, homme de médias et agitateur d'idées. Ils sont frères mais se connaissaient peu avant ce livre. Elevés l'un et l'autre dans la religion catholique, ils sont devenus farouchement agnostiques, mais demeurent tous deux obsédés par la quête de sens.
Ils croisent ici leurs souvenirs, avec la tendresse de l'éloignement et la lucidité des intellectuels qu'ils sont : deux enfances séparées à cause de la guerre, une adolescence dans la France de la TSF et de la reconstruction, le couple de leurs parents et leur frère Olivier, les premiers choix politiques, les grandes désillusions de l'âge adulte.
Mais le genre humain n'est pas leur ennemi, tout au contraire. Même si on ne croit ni au Grand Horloger de l'univers, ni à la Rédemption, ni non plus aux lendemains qui chantent, la place est immense pour l'engagement de deux hommes qui n'ont pas cessé de croire qu'aujourd'hui peut être meilleur qu'il n'est, et demain meilleur qu'aujourd'hui : à la condition d'oser le vouloir. Etre capable d'enthousiasme, voilà qui les réunit, qu'il s'agisse de dire leur émotion devant un air d'opéra, leur admiration devant le personnage de de Gaulle, leur goût pour la cuisine - qu'ils font eux-mêmes -, ou de célébrer les grandes avancées de la démocratie.
Dégrisés des illusions confortables, sans concession pour les mensonges d'où qu'ils viennent, ils montrent que le métier d'homme n'est pas un vain mot.

Axel Kahn est directeur de l'Institut Cochin et a été membre, douze ans durant, du Comité national consultatif d'éthique. Il est l'auteur de plusieurs best-sellers : Raisonnable et Humain (Nil), Et l'homme dans tout ça ? (Nil), L'avenir n'est pas écrit (avec Albert Jacquard, Bayard).
Jean-François Kahn est directeur de Marianne, auteur de plusieurs essais d'intervention retentissants, dont Dictionnaire incorrect (Pion), La Pensée unique (Fayard), Le Camp de la guerre (Fayard).

Voici un livre vraiment enrichissant. Axel et Jean-François Kahn, si différents, découvrent au fil de leurs conversations qu’ils ont en fin de compte, et ceci malgré leur parcours totalement distincts, des convictions étrangement proches. Il est incontestablement plaisant de voir ces deux frères croiser leurs expériences et convictions pour aboutir à une constatation : l’humanisme régit leurs vies. Le biologiste et le journaliste sont deux auteurs passionnants dont j’ai lu plusieurs ouvrages. Réunis dans ce livre, ils donnent, d’une manière agréable et aisé à lire, des pistes de réflexions tout à fait captivantes.


Acheter ce livre chez Amazon

mercredi 1 février 2006

Adventus, Jean-Michel : L.D.T. (Leçons de ténèbres pour le repos des petites souris) (Bartillat).

« LE MONDE lui apparaissait tel qu'il était, il voyageait alors avec une sorte d'aisance dans la perspective historique, il sortait de la mélancolie comme un boxeur prêt au combat, renversant de force, gonflé de courage, sans crainte des dangers, ignorant la contrainte sociale, quelles qu'en seraient les conséquences. Alors, comme dans la pratique assidue de la course à pied de fond, il avait l'impression d'ajouter de la vie aux années, et peut-être même de superposer plusieurs vies. Au plus fort de la dépression, s'imposait l'idée que la vie valait d'être vécue. C'était son solstice d'hiver. »
Ce roman met en scène un écrivain, Ferdinand, grand observateur de la société, qui porte un regard original et visionnaire sur la fin de siècle que nous venons de traverser. Ferdinand grandit en Normandie avant de s'engager dans les courants gauchistes des années 1960. Son histoire est l'occasion d'aborder toutes les grandes évolutions sociales : les idéologies, le sport de masse, l'environnement, l'alimentation, la sexualité... Les souris apparaissent à plusieurs reprises donnant une touche de tendresse dans un monde violent et cruel. L. D. T. (leçons de ténèbres pour le repos des petites souris), est un roman total, un voyage au coeur de notre monde. (L’éditeur)

Un livre VRAIMENT original. De part son sujet et sa présentation.
En 2050, on retrouve un manuscrit. C’est celui d’un écrivain, Ferdinand d’Adventus qui porte un regard critique sur le XX° siècle. Il décrit les us et coutumes de cette époque, les courants de pensées, les mentalités, les idéologies, les génocides, le sport et la sexualité de ce temps. D’un œil fréquemment amusé mais souvent inquiet et critique aussi, il expose les qualités, les défauts et les dérives de l’époque dans ce roman-essai-histoire aux chapitres bien définis. De temps à autres des petites souris servent de transitions à divers thèmes.
C’est un livre assez difficile à décrire. Une belle écriture au service d’une bonne idée. Ce n’est pas un chef d’œuvre mais un bouquin suffisamment attachant pour que j’envisage de le relire d’ici quelques temps.




Acheter ce livre chez Amazon