lundi 30 juillet 2007

Franquin : Z comme Zorglub & L'Ombre du Z (Dupuis)

L'autre jour, j'ai eu le grand plaisir de lire le dernier album des aventures de Spirou et Fantasio LES MARAIS DU TEMPS, le meilleur depuis très longtemps. Alors naturellement, l'idée d'en relire un s'est imposée presque aussitôt. Après quelques hésitations mon choix s'est porté vers la période « Franquin » la plus riche. Celle qui a commencée avec LE VOYAGEUR DU MÉZOZOÏQUE et qui s'est achevée en apothéose avec PANADE À CHAMPIGNAC.
Et dans cette période (cet âge d'or pourrait-on dire) les connaisseurs ne me contrediront pas si j'affirme que la crème de la crème est constituée des deux albums Z COMME ZORGLUB et L'OMBRE DU Z.
Aidé par Jidéhem et Greg, Le maître donne ici toute la mesure de son talent. Ces albums sont des chefs d'oeuvre que tout amateur de bd se doit de posséder. Je ne compte plus les relectures de ces aventures. Parus en album en 1961 et 1962, ces deux récits complémentaires mettent aux prise Spirou, Fantasio et le comte de Champignac avec un ancien condisciple de ce dernier, Zorglub. Zorglub est l'archétype du savant fou que l'on peut rencontrer dans beaucoup de bd. Mais ! Car il y a un mais, si Zorglub est un savant génial, mégalomane et dictateur dans l'âme, il est aussi profondément gaffeur. Cela a le mérite de le rendre humain. Scientifique controversé, il a mis au point une invention prodigieuse : la zorglonde qui permet d'hypnotiser ses victimes afin d'en faire ses « choses ». Son armée de zorglhommes en est la première application. Dans ces deux albums, Franquin s'en donne à coeur joie pour créer des machines (superbes) comme le Zorglocoptère ou le zorglomobile. Chaque initiative de Zorglub se terminant en catastrophe et en échec cuisant, pour la plus grande joie du lecteur, ces deux aventures sont à la fois drôles et passionnantes. Le théâtrale Zorglub est une sorte d'anti-Champignac et la confrontation de ces deux anciens amis donne lieu à des gags délirants. Dans la première aventure, Fantasio joue un rôle important quoi qu'involontaire (Il devient zorglhomme !)
Nous retrouveront Zorglub dans PANADE À CHAMPIGNAC (1969)de Franquin également puis dans des albums mal foutus (LE RÉVEIL DU Z par Tome & Janry est d'une nullité sans nom) avant qu'il reprenne, 38 ans après, une place digne de ce nom dans la saga de Spirou et Fantasio avec LES MARAIS DU TEMPS de Le Gall.
En tout cas, Z COMME ZORGLUB et sa suite L'OMBRE DU Z sont deux albums a posséder impérativement et que l'on peut lire et relire sans lassitude.



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samedi 28 juillet 2007

Tournier, Michel : Lieux dits

Boire un chocolat chaud ou un vin de Tokay à Prague en compagnie de Mozart et Da Ponte, séjourner à Weimar avec Bach et Goethe, s'envoler pour le Japon, atterrir à Bombay, flâner sur l'île Saint-Louis, créer un jardin « de curé », admirer les cerfs-volants à Dieppe...
Autant de promenades, d'escapades, de voyages ou de récréations auxquels nous invite Michel Tournier avec une gourmandise, une poésie et un talent jamais démentis.

J'ai toujours aimé les romans de Michel Tournier. LES MÉTÉORES bien sûr mais aussi le surprenant GASPARD, MELCHIOR ET BALTHAZAR et surtout le très sombre LE ROI DES AULNES. Mais je n'avais jamais encore lu une nouvelle de lui. Avec ce petit livre, je suis comblé. En fait c'est une sorte de « fourre-tout » qui mélange petites nouvelles de fiction, réflexion historique, récit nostalgique ou expérience de voyage. Ce qui frappe avant tout c'est l'incroyable facilité de l'auteur à passer d'un sujet à l'autre et la facilité, j'allais écrire la simplicité, de l'écriture. Michel Tournier est un érudit. Ses petits récits sont de petits régals d'intelligence et de curiosité pour le monde. Et avec lui, le fait le plus insignifiant en apparence, devient passionnant. Comme lui, avec lui et grâce à lui nous nous interrogeons sur la raison du nouveau nomadisme californien, nous nous extasions et nous réfléchissons sur la signification de l'architecture « pontonnière », nous nous amusons des bottes très spéciales que portent les éboueuses au Japon...
Une mention spéciale pour la première nouvelle: CE 26 JANVIER 1786 À PRAGUE ou l'écrivain imagine comment CASANOVA lui-même réussit à modifier radicalement la vision qu'avaient Mozart et Da ponte de Don Juan. C'est drôle, enlevé et on se surprend à penser que peut-être cela c'est effectivement passé ainsi....
Ce livre est un petit bijou d'écriture talentueuse et plaisante. Il est tiré d'un recueil de nouvelles plus important nommé CÉLÉBRATIONS. Je vais m'empresser de l'acheter.


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jeudi 26 juillet 2007

Terror tract.

LE RÊVE AMÉRICAIN...
OU LE PIRE DES CAUCHEMARS ?

Bob Carter vend le rêve américain : de superbes maisons dans un quartier magnifique. Aujourd'hui, il doit absolument trouver au moins un acheteur. C'est une question de vie ou de mort. Ses clients : un couple de jeunes mariés à la recherche du pavillon de leurs rêves. Les visites se passent à merveille... jusqu'à ce que Bob leur révèle les terribles événements dont les maisons ont été le théâtre. Malgré eux, ils sont entraînés au coeur des indicibles secrets du... TERROR TRACT !

J'avais acheté ce DVD après avoir lu de très bonnes critiques à son sujet. Franchement c'est une déception. Il s'agit d'un film à sketchs qui raconte trois histoires horrifiques au sujet de trois maisons que cherche à vendre un agent immobilier. C'est le fil conducteur qui est vraiment intéressant. Le vendeur devenant de plus en plus nerveux au fur et à mesure des visites et il faut attendre la fin pour comprendre pourquoi il est vital pour lui de signer un contrat de vente le jour même.
Mais hélas, les trois récits qui composent ce film ne tiennent pas la route. Histoires tirées par les cheveux, effets comiques répétitifs, intrigues prévisibles et surtout incohérences et absurdités de certaines situations. (Un exemple : un meurtrier plongeant la nuit dans un étang glacé pour récupérer des clefs de voiture sur le cadavre de sa victime.) C'est assez gênant. Il faut bien dire aussi que les acteurs en font des tonnes, surjouent leurs rôles et sont généralement assez mauvais. En fait, on a l'impression que John Ritter n'a pas réussi à décider si son film serait comique ou horrifique et en fin de compte fait osciller les sketchs de l'un à l'autre sans jamais être convaincant.
Seule le dénouement est assez réussi avec des explosions d'effets assez terrifiants et dans une certaine mesure rachète l'impression de désappointement que génère trop de scènes ratées.
Donc ce film, à mon avis (qui visiblement n'est pas partagé par la majorité des spectateurs et des critiques) est dans l'ensemble très décevant même s'il n'est pas totalement nul et même tout à fait regardable. Bref on reste sur sa faim.
Un film de série B assez brouillon qui méritait mieux que ce traitement et qui ne me laissera pas un grand souvenir.



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mardi 24 juillet 2007

Muratet, François : Le Pied-rouge. (Serpent noir)

En 1966, Frédéric a six ans quand son père se fait tuer sous ses yeux.
Trente ans plus tard, Frédéric a tout oublié de ce traumatisme d'enfance, dont il ne lui reste qu'un grand trou noir et de violentes crises d'angoisse. Sur la côte bretonne où il passe le week end, il croise Max, l'ancien dirigeant de l'Organisation Communiste Prolétarienne, petit parti maoïste dont Frédéric fut membre à la fin des années 70. Le lendemain, Max est retrouvé mort assassiné dans des conditions horribles...
Dans ce premier roman tendu et riche, à la construction impeccable, François Muratet, professeur d'histoire, nous fait découvrir un pan terrible et méconnu de la guerre d'Algérie, et en appelle aux meilleurs polars politico historiques français.

Du même auteur j'avais lu il y a déjà quelques temps STOPPEZ LES MACHINES et ce bouquin, très noir, m'avait tellement plus que, dans la foulée, j'ai commandé celui-ci, premier roman de François Muratet. Et puis, comme souvent, d'autres lectures prioritaires ont fait sombrer LE PIED-ROUGE dans l'oubli. En mettant un peu d'ordre dans ma bibliothèque (si si) j'ai donc retrouvé ce livre et je me suis plongé dedans aussitôt. Bien m'en a pris ! C'est un sacré bon roman que celui-ci. L'intrigue, bien construite, se déroule sur plusieurs niveaux de temps
- La guerre d'Algérie des années 50
- les mouvement politiques d'extrême gauche des années 70
- Et le présent (en l'occurrence, la fin des années 90).
Un ex-maoïste, Frédéric Guillemin croise par hasard dans un hôtel de Bretagne son ancien chef de parti qui est assassiné la nuit même. A partir de cet événement Frédéric est plongé dans le passé. Celui de la victime, Max et le sien propre avec la mort de son père bien des années avant. Les pistes se croisent et le passé vient hanter un présent encore marqué par la Guerre d'Algérie et les années 70 ou la contestation ultra gauchiste était omniprésente, auquel se mêle l'actualité contemporaine. Action, psychologie, intrigue... rien ne manque pour faire de ce livre un des meilleurs polars politiques que j'ai jamais lu. L'apparente complexité du récit cache en fait une histoire racontée d'une façon claire, sobre et efficace et à aucun moment on a de difficulté à suivre le déroulement du roman. LE PIED-ROUGE est une vraie réussite et c'est donc le deuxième livre de François Muratet qui me tient en haleine grâce à une écriture limpide et à une histoire passionnante qui tient la route.
Un très très bon bouquin.



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dimanche 22 juillet 2007

1970s : The Hulton Getty Picture Collection. (Könemann)

Terrorisme et violence de Beyrouth à Belfast, de chypre à Soweto, de Munich à Mogadiscio. L'Ayatollah Khomeini, Tricky Dicky Nixon, le général Amin Dada, Pol Pot...
Michael Jackson adolescent et Elvis vieillissant révélés de manière explosive par le témoignage silencieux de la photographie.




Voici donc le dernier ouvrage de cette série. (Tout au moins le dernier de ceux que j'ai trouvé chez le bouquiniste.). Mêmes qualités et mêmes défauts que chez les précédents. Le bouquin donne une assez bonne idée de ce que furent les années 1970. Comme pour la décennie précédente un bouillonnement artistique, politique et scientifique. Mais le désappointement et la gueule de bois sont bien là et l'avenir paraît nettement plus sombre... Une fois le rêve de marcher sur la lune effectué, pourquoi donc continuer ? La montée de l'extrême droite, les punks succédant aux hippies, les guerres... toujours. Ces photos (toutes en noir & blanc) reflètent bien le désenchantement qui prédomine partout.
En qui, en quoi croire désormais ?
Même les clichés « people » ont un petit air de tristesse...
Comme les deux autres volumes, ce livre est vraiment bien conçu et on ne peut que le parcourir avec un grand intérêt. Je suis content d'avoir cette série avec le petit regret de ne pas posséder ceux des décennies précédentes (20,30 et 40) dont Wally atteste l'existence.

vendredi 20 juillet 2007

Kennedy, Douglas : L'homme qui voulait vivre sa vie. (Pocket)

La vie de Ben Bradford n'est qu'une vaste comédie : en apparence c'est un père et un mari comblés, en réalité il souffre de la froideur de son épouse. Brillant avocat envié par ses pairs, il ne rêvait que d'être photographe.
Alors qu'il se persuade qu'il est heureux, il découvre que sa femme le trompe et qui plus est, avec un photographe ! Anéanti, il supprime son rival. Que faire ? Se rendre ou fuir ? Ben choisit la fuite et recommence une nouvelle vie à l'autre bout des États-Unis en prenant l'identité de sa victime.

Quel chouette bouquin ! Le récit, pourtant incroyable nous tient en haleine tout le long des 500 pages du livre sans qu'à aucun moment l'intérêt faiblisse ! L'étude des moeurs de cette catégorie sociale américaine très aisée est stupéfiante de vérité. L'auteur n'épargne personne et surtout pas son héros. Éducation, moeurs amoureuses, habillement, alimentation... nous savons tout des « WAPS » !
Mais bien sûr le livre est surtout un suspense haletant et on pense immédiatement à Patricia Highsmith tellement l'intrigue est bien ficelée. Certes les instants suivants le meurtre sont peu crédibles et le machiavélisme de l'entourloupe est trop grand pour que celle-ci puisse germer en quelques minutes dans la tête d'un homme mais ce détail mit à part, tout s'enchaîne parfaitement. Le génie de Douglas Kennedy est de décrire par le menu aussi bien la vie quotidienne et luxueuse d'un « ponte » de Wall Street que celle d'un petit photographe du Montana.
Jusqu'à la dernière page le suspense est présent et si la dernière ligne clôture bien le récit, elle ne laisse rien présager du futur du héros. La construction du roman est sans faille, l'humour est souvent présent et le talent du narrateur fait de ce livre un formidable moment de lecture.
Ne le ratez surtout pas, ce serait dommage.



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mercredi 18 juillet 2007

Le Roux, Nadia : Erotisme

Union.

Comme un vent élastique je m'approche de toi
Redonne à mon regard la direction perdue
Remue mon sang nouveau, provoque mon émoi
Goutte à goutte de vie trop longtemps attendue

J'ai des larmes à éteindre et des brûlures aux doigts
Désillusions vomies dans une mémoire en feu
Mais j'ai aussi des mots, et ce désir de toi
Qui ne mentiront pas, qui n'aiment plus le jeudi

Près de mon corps tendu creuse moi des caresses
Dépose ton haleine sur ma bouche et mon coeur
Je ne suis plus l'autre qui vers d'autres s'empresse
Je te dirai je t'aime et je n'aurai plus peur

Je t'aime

Je n'ai plus peur.


Mes textes parlent d'amour, parfois d'amtié, d'autres fois de sensations, de peau, de peines.
Mes mots appartiennent à ceux qui les aiment, il m'arrive souvent de penser qu'ils sont les mots des autres, les mêmes, même peau, mêmes peines.
Ce sont les miens pourtant, sous ma peau, sous ma peine.
Je ne les perds pas, on ne perd jamais rien, ni le passé ni la mort, on s'en éloigne c'est tout.
Je tapisse mes nuits de mots, ils flottent ici et là, sur mon coeur, sur les murs, ils me disent qui je fus quand ils n'étaient pas nés.
Avant les mots.
Nadia Le Roux

Merci pour ce beau livre chère Nad. :ange: :fleurs:


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lundi 16 juillet 2007

Les Amis de l'Ardenne n° 17 : Voyages.

Éditorial :
Les vacances sont là et, avec elles, une invitation aux voyages. C'est ce que propose ce numéro qui réunit les textes et les photographies de quelques-uns de nos amis passionnés par la découverte du monde comme il est vraiment. Des regards posés simplement sur le quotidien, en Asie du sud-est comme Florence d'Harcourt et Jérôme Thirriot, aux Antilles comme Claude Carton ou, plus près, à Rome comme Dominique Costermans. Quatre quêtes originales aussi. Florence d'Harcourt et Jérôme Thirriot sont des familiers de l'Himalaya et des rivages du Gange. Ils en connaissent les modes de vie si particuliers, les richesses humaines et les trésors d'un extraordinaire patrimoine. Leurs documents restituent avec sensibilité – images prises sur le vif, textes et poèmes – une réalité souvent prosaïque, toujours attachante.
Claude Carton, lui, a découvert Cuba, île au destin controversé mais dont la vie de tous les jours parvient à demeurer ensoleillé. Enfin, Dominique Costermans a vagabondé dans Rome, après avoir relu l'extraordinaire TEMPO DI ROMA d'Alexis Curvers et ce, avec l'appui de notre ami Christian Libens.
Enfin une autre sorte de voyage avec l'interview que Frédérich Tristan, ardennais, prix Goncourt 1983 avec LES ÉGARÉS, et proche ami de notre revue, a accordé à Jules Delvaux. L'écrivain qui connaît la Chine et sa culture et qui s'en inspire souvent au fil de ses ouvrages, raconte une vie passée au service de l'écriture et du beau texte. Un riche document. Les Amis de l'Ardenne.

Dépaysement assuré avec cette livraison de LES AMIS DE L'ARDENNE. Nous nommes loin, très loin de nos contrés. Des reportages passionnants enrichis de magnifiques photographies font de ce numéro 17 une lecture à la fois enrichissante et très divertissante. Mais c'est vrai que nous sommes maintenant habitués à la qualité avec cette revue qui propose chaque trimestre une sélection de textes, photographies, poèmes et dessins d'un exceptionnel intérêt. J'aurais maintenant un très grand manque si LES AMIS DE L'ARDENNE devait interrompre sa parution. Il n'en est bien entendu pas question et je savoure à chaque fois ce moment de bonheur qu'est la lecture de cette formidable revue.
LES AMIS DE L'ARDENNE

samedi 14 juillet 2007

Les Parrains.

LES PARRAINS : ILS ONT TOUT APPRIS, ILS N'ONT RIEN RETENU.

Lucien, Henri et Gérard. Trois copains éparpillés à travers le monde.
Après un casse foireux, Max, leur pote s'est fait pincer. C'était il y a 20 ans...
Aujourd'hui, pour fêter la prescription, Max leur révèle enfin où il a planqué le magot. Mais avant de toucher leur part, ils devront décider si Rémy, son fils, est digne de toucher la sienne...

Voici le type même de film qui fait passer une très bonne soirée. Le scénario est léger comme un soufflé au fromage, (mais il ne retombe pas), et on sent comme un irrésistible parfum des grands classiques du film de gangster français à mi-chemin entre le sérieux et la comédie. On pense immédiatement à Lino Ventura, Gabin et tous ses acteurs des années 60 et 70 qui ont fait les beaux jours du genre... et Gérard Lanvin, Jacques Villeret et Gérard Darmon sont les dignes successeurs de ceux là. Le film est loin d'être une tragédie, mais n'est pas parodique pour autant. Le trio d'acteur assure un spectacle sans faille ni longueurs et on voit tout de suite qu'il a prit un grand plaisir à jouer dans ce film. C'est sympathique et divertissant. On est loin du chef d'oeuvre mais on se régale avec cette histoire où trois anciens braqueurs reprennent du service. La fin, assez étonnante, est très réussie et l'ensemble fait passer un bon moment.
Ce DVD vaut vraiment les 10€ qu'il m'a coûté.



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jeudi 12 juillet 2007

Jacquemin, Daniel : La Saga Philippoteaux, ardennais d'exception. (Euromédia)

C'est en se plongeant dans le passé du collège Turenne de Sedan - que Daniel Jacquemin a « rencontré » Auguste Philippoteaux - et plus qu'une coïncidence. Il est né dans l'avenue dédié désormais au célèbre bâtisseur du Sedan de l'après 1870 (26 ans de mandat).
En se plongeant dans les archives, l'auteur a pu retracer l'histoire d'une famille dont l'histoire a traversé l'Atlantique. Une véritable SAGA avec des ardennais d'exception et des périodes riches et mouvementées en événements. Des hommes - qui au gré des générations - ont fait nos Ardennes dans les domaines les plus divers.
Une SAGA...
1 sénateur, 1 sous-préfet, 1 historien, 2 peintres de renommée internationale, 3 députés dont 1 vice-président de l'Assemblée Nationale, 5 maires, 9 titulaires de la Légion d'honneur...
D'anciens présidents de l'Amicale des Anciens Éléves du Collège Turenne, des notaires... des avocats... des avoués... des juges de paix... des militaires... des banquiers... des industriels... des médecins... Toute une famille, sur cinq générations, de brasseurs qui ont colporté loin des Ardennes, le nom de la banlieue de Sedan : Torcy. Cette liste de carrières n'est peut-être pas exhaustive, mais certaines furent prestigieuses, et sont tout à l'honneur d'une famille dont des membres ont écrit l'HISTOIRE de SEDAN... de ROCROI... de petits villages du PORCIEN...
Familles qui ont connu leurs heures de gloire, de joies et d'honneurs, mais aussi des drames, des enfants morts en bas âge, des morts accidentelles, des morts glorieuses sur les champs de bataille et dont les noms sont inscrits en lettre d'or, soit sur les plaques du collège Turenne de Sedan, soit sur le monument aux morts place Nassau : Jean STACKLER – Maurice et René WATTIAU, branche collatérale...
LA SAGA DES PHILIPPOTEAUX – richement illustrée en couleur explore des pages entières de l'histoire des Ardennes – Une contribution inédite et passionnante à votre patrimoine.

Médecin-chef honoraire du Centre Hospitalier de Sedan, DANIEL JACQUEMIN – Ardennais dans l'âme – a deux passions : La POLITIQUE (ancien conseiller du canton Sedan Nord et ancien conseiller municipal de Sedan). Et l'HISTOIRE LOCALE (il est membre de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Sedan).

Ce bouquin aurait pu être passionnant, il n'est qu'intéressant (pour un sedanais) et pénible à lire. Le quatrième de couverture intégralement recopié ci-dessus en est la preuve. Points de suspension et majuscules utilisés à tort et à travers, redondances et répétitions (... l'histoire d'une famille dont l'histoire a...) et paragraphes inutiles parsemés de lignes en caractères gras agressifs, une mise en page délirante, un style d'écriture inexistant... bref, l'ensemble est vraiment à peine supportable à lire. L'iconographie rachète un peu le texte. Á réserver uniquement aux véritables passionnés de l'Histoire sedannaise.
:saispas: :nonnon:

mardi 10 juillet 2007

Le Gall, Franck : Les Marais du temps. (Une aventure de Spirou et Fantasio , Dupuis)

QUAND ZORGLUB S'ENLISE DANS LES MARAIS DU TEMPS...
Zorglub serait-il mort ?
Il n'a plus donné le moindre signe de vie depuis des mois.
Le comte de Champignac s'inquiète, quand un message de Zorglub lui parvient... du 19° siècle ! En 1865, plus exactement, et à Paris, dans le quartier du Marais.
Champignac, Spirou et Fantasio le retrouvent après avoir à leur tour forcé les failles du temps. Là, ils devront affronter une bande de coupe-jarrets et des paradoxes temporels...

Quel plaisir que cet album ! Il y avait longtemps qu'une aventure de Spirou et Fantasio n'avait pas été aussi réussie. Sans parler des albums de Franquin, il faut remonter à « QUI ARRÊTERA CYANURE ? » pour avoir un aussi grand plaisir de retrouver les héros mythiques de la BD.
Depuis trois albums, Spirou avait été confié à Morvan et Munuera. Et si PARIS SOUS SEINE ou L'HOMME QUI NE VOULAIT PAS MOURIR étaient deux aventures qui se laissaient lire, le dernier : SPIROU ET FANTASIO Á TOKYO était tout simplement calamiteux. Presque illisible même...
Mais parallèlement aux aventures « officielles » les éditions Dupuis ont décidés de confier pour une unique aventure les célèbres héros de BD à un auteur ou une équipe d'auteurs et ceci pour UN SEUL album. Le premier de ceux-ci n'était guère convaincant. LES GÉANTS PÉTRIFIÉS de Yoann et Vehlmann était sympathique et plutôt intéressant mais ne restera pas dans les annales.
Alors que cet album est un pur régal. On sent que Franck Le Gall s'est passionné pour son sujet. Il y a dans ce livre un grand respect pour Franquin et même pas mal de clins d'oeil à son oeuvre. En même temps, son dessin (très beau) est vraiment personnel et le scénario de l'aventure tient parfaitement la route. Les décors sont superbes et l'interprétation de Le Gall de Spirou et Fantasio est à la fois classique et novatrice. (Curieusement je trouve que le visage de Spirou ressemble à celui de... Tintin !
Franck Le Gall nous entraîne dans le Paris du dix-neuvième, et plus précisément dans le quartier du Marais et le dessin colle parfaitement au récit. Un seul regret. Cette aventure aurait à mon avis gagnée à être développée sur deux albums, un peu comme avec « Z COMME ZORGLUB » et « L'OMBRE DU Z ». Quand c'est bon, ce n'est jamais trop long !
Confier Spirou et Fantasio simultanément à plusieurs dessinateurs risque peut-être de brouiller l'image de ces héros mais en ce qui concerne cette aventure, c'est une heureuse surprise.
Cet album est une véritable réussite en tout cas.



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dimanche 8 juillet 2007

Daeninckx, Didier. Jonquet, Thierry. Quint, Michel. Pouy, Jean-Bernard : Villes noires. (Librio Policier)

- HAMBOURG :Hambourg, premier amour
- OSTENDE : En attendant Rodolphe
- OSTENDE : L'oiseau de kermesse
- NAPLES : Soufre

Didier Daeninckx, Thierry Jonquet, Michel Quint, Jean-Bernard Pouy.
Ils se sont imposés comme les plus grands auteurs contemporains du roman noir à la française, confirmant leur passion pour les gens simples et les engagements forts.

Entre crimes mafieux, amours contrariées, voyageurs sans bagages et amazone défroquée, les capitales européennes tombent le masque et révèlent leur nature sauvage, débridée, mystérieuse...
Au détour des ruelles de Naples, devant les façades proprement alignées des résidences d'Ostende, ou au fil de l'eau, sur les canaux d'Hambourg : trois atmosphères qui ont inspiré quatre maîtres du genre, Daeninckx, Jonquet, Quint et Pouy.
Vous ne vous promènerez plus jamais en ville comme avant...

Le titre du livre est mal trouvé. Ce ne sont pas les villes qui sont noires dans ces quatre nouvelles mais les âmes...
La première nouvelle narre avec des mots simples le destin de deux esclaves modernes. Un jeune chinois obligé de venir travailler en France pour effacer une dette contractée par sa famille. Il croise en chemin une jeune bulgare qui elle doit vendre son corps pour vivre...
La deuxième, sans doute la moins bonne, relate le racisme ordinaire. Dommage que comme parfois, le propos outré voir caricatural de Didier Daeninckx casse l'effet recherché. Nous ne sommes pas loin du grotesque et de la farce...
La troisième nouvelle, très étrange, flirte avec le fantastique. Elle est très belle, très prenante...
Quand à la dernière, c'est sans doute la seule qui met en scène une ville (Naples). Jean-Bernard Pouy signe là une très belle histoire, passionnante et surtout restitue à la perfection l'atmosphère si particulière de cette ville italienne.
Un bon petit livre qui, pour un prix modique, fait passer un bon moment.
Ne vous en privez pas !



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vendredi 6 juillet 2007

Somoza, José, Carlos : Clara et la pénombre. (Actes Sud)

2006. Dans ce futur dangereusement proche, la représentation des corps ne fait plus recette au sein du marché de l'art, qui cote désormais des toiles humaines. Signées par de grands maîtres, elles sont louées, vendues, manipulées, livrées à tous les regards, à tous les fantasmes.
Clara est modèle. Elle rêve d'être peinte par le dieu de l'art hyperdramatique : Bruno Van Tysch. Mais, tandis que la jeune toile est apprêtée dans un pavillon isolé des abords d'Amsterdam, la Fondation Van Tysch est en émoi. Une œuvre de grande valeur a été dérobée et détruite par un mystérieux meurtrier qui officie suivant des rites affreusement artistiques.
A la manière de Rembrandt, José Carlos Somoza dépeint de violents clairs-obscurs. Les déviances de l'art font écho aux dérives de nos sociétés, et les contrastes de ce magistral jeu de lumière conduisent chacun à mesurer le prix du beau à l'aune de la valeur du vivant

Une idée, une simple idée et le marché de l'art en est bouleversé. Le marché de l'art seulement ? Non bien sûr. Le fait de pouvoir louer et même acheter une oeuvre d'art « vivante » va profondément modifier les rapports humains.
Dans ce livre, plus qu'une enquête policière sur un crime horrible, c'est la description d'un monde, le nôtre dans très bientôt sans doute, où les valeurs essentielles se trouvent chamboulées. Où l'humain se situe-t-il dans notre société ? Sa place est-elle prédominante ? Ou est-ce seulement ce qu'il représente qui a de la valeur ? Ce sont bien ces questions qui tout au long de l'intrigue nous interpellent.
Le livre est passionnant, réaliste et en même temps dangereusement futuriste. Le récit dérange mais donne à réfléchir. La vie, la condition humaine est-elle sacrée ? Nous avons à faire avec ce livre à un roman philosophique, jamais ennuyeux. Un livre intelligent et captivant, qui montre que l'art peut être pervers et que l'amateur, voir la victime peuvent être complice d'un artiste dément ou de la cupidité de certains...
Que demander de plus.



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mercredi 4 juillet 2007

Barsamian, Jacques. Jouffa, François : Les Stones, 40 ans de rock & roll. (Ramsay)

LE LIVRE
La saga musicale des Stones s'est construite sur d'innombrables succès, scandales et drames. Leurs chansons, leurs disques, leurs films, leurs tournées, leurs copains, leurs amours sont racontés dans cette biographie riche en anecdotes et témoignages. Retrouvez la véritable story de Mick Jagger, ange et démon sur scène mais aussi redoutable homme d'affaires, et de Keith Richards, mille fois mort et ressuscité, créateur des riffs de guitare les plus marquants de la rock music.

L'ALBUM PHOTO
En supplément du livre, ce bonus illustré est destiné aux amateurs du " plus grand groupe de rock & roll du monde ". Les images inédites proviennent de la collection Jean-Claude Gambert et de la photothèque Jean-Louis Rancurel. L'âme des Stones, Brian Jones, y est privilégiée.

LE CD COLLECTOR
80 minutes d'écoute aux sources des Stones, plus d'une heure de blues authentique ; 24 morceaux qui les ont inspirés ou qu'ils ont repris sur scène et sur disques. Avec, en prime, des interviews de Mick Jagger et de Marianne Faithfull. A vos platines !

LES AUTEURS
Ils ont tous les deux l'âge de Mick Jagger et de Keith Richards qu'ils suivent professionnellement depuis le début des sixties. Ils sont les auteurs d'une trentaine d'ouvrages de référence dont L'Âge d'or du Rock & Roll, L'Encyclopédie de la Black Music, johnny 60 ans ou Stones Story. François Joufa est journaliste, cinéaste et ethnomusicologue. Historien de la chanson d'origine afro-américaine, il est bien connu des auditeurs de radio (de Salut les Copains à Vinyl Fraise en passant par Campus et L'Oreille en Coin). Jacques Barsamian est le plus ancien journaliste rock en activité (de Disco Revue à Juke Box Magazine en passant par Rock & Folk, Pop Music et Extra). Il a notamment produit et animé les émissions Cœur de Rocker et Noir et Blanc.

Décidément, Je suis en pleine période « Rolling Stones ». Il y a peu de temps, je lisais ROLLING STONES : UNE BIOGRAPHIE de François Bon, gros pavé extrêmement documenté, foisonnant d'anecdotes et de révélations sur ce groupe de rock mythique.
Ce livre est vraiment différent. D'abord il couvre l'ensemble de la carrière du groupe alors que le précédent privilégiait les débuts et l'apogée des Stones. Ensuite, il est plus classique aussi bien dans sa forme que dans son fond. Il relate d'une façon assez détaillée la fabuleuse histoire du plus ancien et célèbre groupe de rock britannique.
Beaucoup de détails mais assez peu de révélations ou de nouvelles anecdotes dans ce livre.
Mais LES STONES, 40 ANS DE ROCK & ROLL est un bon bouquin qui retrace d'une façon rigoureuse le parcourt des Rolling Stones.
Le néophyte trouvera dans cet ouvrage tout ce qu'il faut connaître sur Mick Jagger, Keith Richards et les autres musiciens ainsi que tous ceux, et ils sont nombreux, qui ont gravité autour du groupe. Le passionné réussira à dénicher quelques petites anecdotes inédites qui le passionnera. (Il y a bien entendu des variations dans certaines « révélations » selon telle ou telle version de certains faits. Personnellement, j'ai bien lu au moins 15 versions de l'histoire de la création de « Satisfaction » !!!)
Deux originalités de ce livre. Il est livré avec un livret de photos et un CD. Le livret n'est guère pratique étant séparé du livre principal et ne recèle pratiquement pas de clichés inédits. Quand au CD, il est déjà plus intéressant, puisque il ne contient pas de morceaux des Stones mais les classiques du blues qui les ont inspirés.
Une bonne biographie à conseiller mais qui n'atteint pas l'incroyable foisonnement du bouquin beaucoup plus personnel de François Bon.


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lundi 2 juillet 2007

1960s : The Hulton Getty Picture Collection. (Könemann)

Les swinging sixties, un cocktail explosif de sexe, drogues et rock'n'roll. La musique pop et la pilule, la mode maxi et la mode mini, les Stones et les Beatles, Sharpeville, Dallas, le Viêt-Nam _L'agonie et l'extase saisies comme seul l'objectif peut le faire.

Comme dans le précédent volume 1950s The Hulton Getty Picture Collection, ce livre est divisé en plusieurs parties sensées représenter la totalité de l'époque de cette décennie. Mode, conflits, sports, etc... Les chapitres se chevauchent souvent. La musique, la contestation, le cinéma et la mode étant souvent représentées par les mêmes protagonistes. Ce qui frappe dans ce volume, c'est le bouillonnement incessant des idées, le déchaînement des idéologies et des passions. Tout est politique à cette époque. La musique n'existe que par la contestation et son évolution est foudroyante. Elle est partie prenante de la révolte quasi permanente de la deuxième partie des années 60. Émeutes raciales, révolte de Mai 1968, Printemps de Prague, guerre civile au Biafra, Conflit du Viêt-Nam, mouvement hippie, tout n'est que controverses. Une décennie d'une incroyable richesse artistique et politique.
Et puis... le vol du premier Jumbo Jet, la pollution du « Torrey Canyon, le premier homme sur la lune, les Jeux olympiques de Mexico où des athlètes noirs font le salut du Black Power, le point levé, la Pilule et les mouvements féministes, la mort de Marylin Monroe... Comme dans le livre consacré aux années 50, le regard est totalement anglo-saxon mais la mondialisation est déjà là et ce qui se passe à Londres ou New York est aussi présent à Paris ou Tokyo.


Des photographies, certaines très connues, qui retracent assez fidèlement cette époque qui changea le monde.
Un livre forcément beaucoup trop court mais agréable et passionnant à parcourir.