samedi 31 mai 2008

Il s'appelle Jésus et, tout compte fait, c'est un pauvre diable. Cet ouvrier agricole sait, depuis toujours, que la passion, la haine et la violence circulent comme le vent, entre le monde des humains et le monde des bêtes. Il sait aussi que la vie et la mort n'en finissent pas de se mêler dans cet univers où la hache détruit le hêtre, où la musaraigne avale le ver de terre, où les hommes fracassent, dans l'indifférence, la tête des chats et celle des femmes.
Il sait tout cela, Jésus, et il n'en fait pas un drame. Autour de lui, il y a l'immense nature dont le mystère lui est familier ; il y a Épiphanie dont il capte les pensées et les frissons ; il y a un assassin et des enfants perdus ; il y a enfin ce sanglier qui se roule dans la souille et règne sur la forêt en seigneur nonchalant...
Brossant au cœur d'un microcosme normand le portrait d'un valet de ferme, Franz-Olivier Giesbert compose une histoire à rebondissements qui tient du polar autant que de la fable mystique.
C'est l'histoire d'un petit bout de Normandie. A travers Jésus, valet de ferme, ses patrons, et le petit monde qui tourne autour. La châtelaine, le curé, quelques notables et paumés divers, Franz-Olivier Giesbert nous raconte la cruauté de la nature, la férocité de la nature du simple ver de terre jusqu'à l'humain en passant par le sanglier ou le moindre renard, oiseau ou simple chat domestique. LA SOUILLE est donc beaucoup plus qu'un roman du terroir. Le récit se déroule de nos jours mais il est intemporel et pourrait très bien daté du XIX° siècle. D'ailleurs, par moment, on pense à Maupassant dans les descriptions des caractères et des passions humaines.
Le roman est passionnant et les petites scénettes animalières rythment bien le récit. C'est très noir et vraiment pessimiste. Le dernier dialogue en est l'exemple parfait :
« ...M. l'abbé laissa tomber :
- On ne se sent bien que quand on a renoncé à tout.
- À tout ?
- Oui, à tout. Même au Diable. Même à Dieu »
Prix Interallié 1995.
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jeudi 29 mai 2008

Selene est une guerrière vampire puissante. Dans la lutte qui oppose depuis des siècles son peuple à celui des Lycans, des loups-garous, elle est reconnue pour être l'une des tueuses les plus efficaces. Jusqu'au jour où elle tombe amoureuse de Michael Corvin, un humain qui se retrouve pris malgré lui dans l'affrontement des deux clans. Mordu par l'un des loups-garous, il devient rapidement l'un d'entre eux. Entre passion et devoir, Selene doit alors choisir son camp...
J'étais assez curieux de découvrir ce DVD car deux personnes de mon entourage m'avaient donnés deux avis totalement contraires sur ce film.
Ils avaient tout deux raison.
Le film raconte une assez classique histoire de rivalité entre vampires et loups-garous. En fait le scénario n'est guère original, voir même presque inexistant. UNDERWORLD ne s'adresse donc pas à ceux qui voudraient un divertissement cérébral. C'est un véritable film d'action assez convaincant, très esthétique aux très beaux décors « gothiques « et au suspense permanent même si quelques scènes semblent gratuites et destinées visiblement à boucher les trous d'une histoire décidément trop linéaire.
Kate Beckinsale est sexy à souhait et on se prend à rêver d'être mordu par une si jolie vampire ! L'atmosphère fait très « jeu vidéo » mais comme tout est très soigné le résultat nous offre un bon petit film bien sympathique, sans temps morts et au visuel impeccable.
Au final UNDERWORLD se révèle un bon petit divertissement et, puisque j'ai appris qu'un deuxième épisode était sorti, je pense que je me procurerai le DVD d'ici peu.Acheter ce film chez Amazon
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jeudi 29 mai 2008 à 00:00 :: Films (DVD)
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mardi 27 mai 2008

La vie de tous les jours dans une petite ville d'Amérique : les maisons aux pelouses ombragées, les enfants qui jouent dans les jardins, les hommes qui s'affairent dans leurs bureaux...
Et puis, silencieusement, insidieusement, une faille, une fêlure qui menace cet uniÂvers tranquille : des enfants qui empruntent un toboggan vers l'ailleurs, une vieille dame qui joue du piano pour dérober le bonheur des autres, des bruits de pelle dans la nuit, des balançoires qui oscillent toutes seules et sans l'aide du vent, un accident de voiture condamné à se répéter pour l'éternité, un amour absolu aux conséquences horribles, un héritage de sang, des souvenirs d'adolescence qui se révèlent mortels...
Et, tout au bout, la terreur, une terreur si douce...
Onze contes fantastiques modernes par celui que Stephen King considère comme « un des meilleurs écrivains de sa génération, ou de n'importe laquelle ».
Ce livre, je me le suis acheté « au feeling » juste pour sa couverture que je trouvais très belle. C'est sur le blog d'Oggy que je l'ai découvert ce bouquin; Et ceci avant de lire son avis.
Je dois dire que je ne suis pas déçu. Certes toutes ces nouvelles ne sont pas géniales mais toutes, sans exception sont bonnes.
L'univers de Charles L. Grant ressemble, par certains côtés, à celui de Ray Bradbury. D'un quotidien presque banal, on passe au fantastique très noir. Ici la terreur est insidieuse, c'est du coin de l'oeil qu'elle arrive, rarement de face. Comme une journée ensoleillée qui s'assombrit petit à petit. On est bien puis on frisonne et enfin on est glacée par ce qui est d'abord suggéré puis asséné.
Ce sont des nouvelles qu'il faut lire doucement pour en extraire tout ce qui fait leur intérêt. Certaines comme LES COPAINS D'ABORD ou CHEZ NOUS gardent leur mystère après le mot « Fin ».
Ce sont donc des textes qui restent dans la mémoire longtemps a près leur lecture. Ici l'horreur est subtile mais bien présente.
Un achat que je ne regrette pas.
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dimanche 25 mai 2008

La com' par les mots fait le bonheur des médias, qui s'en nourrissent ; elle est l'instrument privilégié de la politique, qui est une lutte autour du pouvoir, mais aussi un bavardage. On propose ici de la nommer LEXI-COM', en se réjouissant que cela pourrait aussi vouloir dire lexi-comédie, ce qui correspond à une réalité depuis longtemps ressentie.
La comédie politique mise en langage est un chapitre essentiel de cette comédie humaine explorée par l'un des pères du roman moderne, Balzac. Et cette comédie, comme la vraie, a sa scène, ses planches, son rideau, ses décors et ses costumes, ses acteurs, bien sûr, et enfin son texte, fait de mots mis en scène.
Dans ces savoureuses chroniques qui portent sur la politique et les médias français entre octobre 2006 et juin 2007, le lexicographe Alain Rey résiste à la société du spectacle avec son arme favorite, l'ironie.
Et comme d'habitude avec Alain Rey , distingué linguiste, on apprend beaucoup sur les mots et expressions. C'est très bon.Acheter ce livre chez Amazon
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vendredi 23 mai 2008

" Vous comprenez, avait-il dit, je connais son père et sa mère. Au fond de moi je sais bien que c'est une vache. Je connais ses chromosomes sur le bout des doigts. je ne pourrais jamais être aussi naturel qu'il le faudrait. Alors que vous, vous êtes vierge en quelque sorte. Pour vous, cette vache c'est quand même et avant tout une jeune fille. C'est de ça que j'avais besoin, de quelqu'un comme vous pour vivre avec elle, voir si tout se passe bien. Tout ce que je vous demande c'est de la garder trois mois et de me la ramener. Vous êtes d'accord ? "
Avec Le plus petit zoo du monde l'auteur de Mort d'un parfait bilingue livre un bestiaire extravagant, à la fois loufoque et étrange, à travers quelques nouvelles " naturalistes " à l'humour corrosif.
Voici un petit livre qui n'a l'air de rien et qui se lit d'une traite, Quelques nouvelles baroques, surréalistes parfois, narrées sur un ton gentiment« bon enfant » mais qui recèlent des trésors de noirceurs cachées. Malgré un ton léger voir humoristique par moments, la folie côtoie le désespoir dans tous les récits. Le sinistre des situations est camouflé par une écriture joliment bizarroïde. Mais que l'on ne s'y trompe pas, ce recueil de nouvelles est un livre totalement vénéneux. On sent derrière la gentille étrangeté de certaines situations une puissante colère de l'auteur et pour tout dire un pessimiste incroyable vis à vis de l'humanité.
Avec ce livre je découvre cet auteur belge mais je compte bien ne pas en rester là . Ma prochaine commande inclura au moins deux autres ouvrages de Thomas Gunzig tellement j'ai été enthousiasmé par la lecture de celui-ci.
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mercredi 21 mai 2008
LA SONATE À KREUTZER
Dans ce court roman Tolstoï montre un homme désespéré qui, au cours d'un voyage en chemin de fer, raconte à un autre passager le meurtre de sa femme qu'il commit il y a quelques années. Le récit montre la progression de la jalousie qui débouche sur la haine puis l'assassinat. Tolstoï décrit parfaitement le caractère égoïste et orgueilleux de cet homme antipathique au possible. Sa jalousie frôle la folie.
Dans une curieuse postface, l'auteur explique que le salut ne peut venir que de Dieu, seul véritable amour possible.
Un court roman très puissant. Le titre vient d'une sonate de Beethoven que joue au violon le pseudo amant de la femme du meurtrier.
LA MORT D'IVAN ILITCH
Dans ce texte magnifique, Tolstoï décrit la vie d'un fonctionnaire, petit bourgeois qui grimpe les échelons de son administration, plus par chance et relations que par ses qualités personnelle. Et alors qu'il est au sommet, une petite chute a pour conséquence de le faire tomber malade. D'une petite gène, son mal devient préoccupant puis la douleur omniprésente et enfin l'issue fatale certaine. Ivan Ilitch essaye alors de se remettre en question. Il analyse avec ce qu'il croit impartialité ce que fut sa vie.
Léon Tolstoï montre bien dans ce formidable récit le poids de la société, l'importance des apparences (le déménagement dans un nouvel appartement, sa décoration pour faire « riche » alors qu'elle ne montre qu'un homme qui s'efforce de paraître d'un rang qui n'est pas le sien) mais aussi l'absurdité de la vie, l'injustice de la maladie, la mort inéluctable et surtout l'indifférence des autres...
Un homme enfermé dans sa caste qui, au tout dernier moment trouve la paix.
Tolstoï pause ici, à travers le destin d'Ivan Ilitch, les questions fondamentales sur le sens de la vie, l'insignifiance de ce que l'on pense important et le constat amer de la solitude au sein d'une famille, d'un groupe, d'une humanité qui continue son chemin sans vous.
Une oeuvre magistrale du grand écrivain. Un texte que l'on ne peut oublier tellement il pourrait sans peine être transposer à notre époque, dans notre société.
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lundi 19 mai 2008

1939. Comment un adolescent qui tient des portes dans un hôtel peut-il se révéler et devenir le jeune aventurier que nous connaissons ? Pourquoi celui-ci choisira-t-il de garder sa livrée de groom ? A-t-il été amoureux ? A-t-il une conscience politique ? D'où vient son amitié indéfectible avec Fantasio ? Et qui est ce Fantasio ? Et Spip ? Derrière toutes ces questions, se cache un terrible traumatisme qui nous affectera tous...
Décidément, les « one shot » (album unique dessiné par un auteur « non-habituel» de Spirou) sont nettement meilleurs que les aventures « normales ». Ils se démarquent de la ligne « officielle » représentée en ce moment par le calamiteux duo Morvan/Munuera responsables, entre autres, du très très mauvais SPIROU À TOKYO; (Sans doute le pire Spirou & Fantasio jamais édité.)
J'avais déjà dit tout le bien que je pensais du « one shot » de Frank Le Gall LES MARAIS DU TEMPS véritable hommage à la période Franquin, qui tout en respectant le maître, faisait preuve d'une véritable inventivité. Un album passionnant.
Avec LE JOURNAL D'UN INGÉNU, Émile Bravo remonte lui aux touts débuts de cette bande dessinée, celle du créateur, Rob-Vel.
Et c'est réussi ! Encore une fois, comme Frank Le Gall, l'auteur respecte totalement son illustre prédécesseur tout en nous offrant une création originale. L'auteur maîtrise totalement son sujet et cette aventure mélange avec bonheur le comique (la rencontre de Spirou et Fantasio, le petit clin d'oeil à Franquin avec le match de foot, les mésaventures de notre héros avec le portier) avec la politique. Émile Bravo imagine des négociations entre des représentants du régime nazi et des ambassadeurs de la Pologne dans l'hôtel même où Spirou travaille.
C'est aussi la première fois où Spirou tombe amoureux (d'une indicatrice du Komintern soviétique)
Le dessin est parfait. Il ressemble à celui de Rob-Vel tout en étant modernisé. L'aventure ne souffre d'aucun temps mort et le contexte géographique (la Belgique) se prête parfaitement à la réflexion politique.
Un album divertissant et intelligent. Une magnifique histoire qui nous console des albums « classiques » de Spirou & Fantasio. Après LES GÉANTS PÉTRIFIÉS de Yoann et Vehlmann, LE TOMBEAU DES CHAMPIGNAC de Tarrin et Yann, le formidable LES MARAIS DU TEMPS de Frank Le Gall, on ne peut qu'espérer que le prochain « one shot » arrive très vite (et accessoirement que les mauvais Morvan et Munuera passe rapidement la main à plus talentueux qu'eux ce qui ne doit pas être très difficile à trouver.) 
:diable:
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samedi 17 mai 2008

À Cerillac, le docteur Rouchon boit, l'épicier Boucharoux cancane, le boucher Labesse fait des lieux communs, et Catherine, la femme du docteur, élève tant bien que mal son enfant handicapé. Il suffit d'ajouter le meurtre d'Adeline Serpillon dans ce tableau rural et de le saupoudrer d'une nuée de moustiques pour obtenir le premier – et injustement le seul – roman de Pierre Desproges, une histoire singulière qui commence comme un polar de campagne et qui se termine dans un délire science-fictionnesque unique en son genre. Les mots sont rares, les dialogues ciselés, et la poésie surréelle qui s'échappe de ces femmes qui tombent, oscillant entre un Audiard sous acide et un Vian en verve, n'en finit pas de nous faire regretter l'absence définitive d'autres romans dans la bibliographie de Desproges.
David Rault
« Après avoir lu ce livre, mon éditeur, ma soeur et ma femme me demandent pourquoi l'aubergiste Gilberte a la tête enfermée dans un sac plastique, au moment où son corps pendu est découvert dans le cellier. Je réponds que je n'en sais rien. Peut-être s'agit-il d'un ultime geste de coquetterie assez compréhensible de la part d'une femme qu'on devine accorte mais pudique et qui aurait jugé inconvenant de montrer une langue pendante au premier découvreur de cadavre venu ? Mais peut-être pas. C'est un mystère. Il faut parfois laisser traîner des mystères à la sortie des livres. Aux derniers chants de l'Odyssée, qui célèbre le retour à Ithaque, l'auteur n'évite-t-il pas, et avec quelle délicatesse, de s'étendre sur la surprise d'Ulysse décelant une odeur d'after-shave au fond du lit conjugal enfin retrouvé. »
Pierre Desproges
Un roman de pierre Desproges et je ne le connaissais pas ! Aussitôt que j'ai appris la nouvelle, je me le suis commandé en vitesse et dés le bouquin reçu, je l'ai dévoré en priorité.
Le début est bien dans le ton que j'espérais. Une histoire complètement folle, un faux policier mais un vrai délire. L'histoire, tellement loufoque (les femmes d'une petite ville meurent de façons mystérieuses. Seul point commun, les corps portent tous une piqûre de moustique...Un médecin pochetron mène l'enquête aidé par un journaliste aussi ivrogne que lui...) n'est qu'un prétexte à un délire verbal bien dans l'habitude de Desproges. On se régale en lisant les fantastiques digressions littéraires de l'auteur. Son humour grinçant, sa drôlerie cruelle mais poignante de désespoir, ses attaques en règle de la connerie humaine.
Et puis, le récit s'accélère, Desproges verse dans le grotesque assumé. Il désire manifestement terminer le plus vite possible cet exercice littéraire. Ce virtuose de la phrase alambiquée, ce nihiliste génial commence à se lasser de sa création et boucle à grande vitesse son petit roman. Le final est un peu raté. (Mais comment en serait-il autrement avec une histoire aussi démente ?) Le but de l'auteur, c'est évident, n'était pas d'écrire un roman bien construit, mais de faire passer quelques unes de ses pensées provocatrices à travers ce récit singulièrement tarabiscoté.
Bref, on se régale à la lecture de cet OVNI littéraire et on se délecte des délires noires et folies littéraires du célèbre et regretté comique.
Indispensable !
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jeudi 15 mai 2008

«D'abord il faut connaître les règles, énonça l'aveugle. Toutes les portes du château sont scellées. On ne peut les crocheter puisqu'elles n'ont pas de serrure. Seule une bonne main de gloire peut les faire pivoter contre leur volonté.»
Jeanne fronça les sourcils. Elle savait vaguement ce que c'était une main de gloire : un débris momifié prélevé sur le cadavre d'un pendu et entre les doigts duquel on fichait une bougie noire confectionnée avec de la graisse humaine. Le talisman avait le pouvoir, disait-on, d'ouvrir toutes les portes, toutes les serrures, et de révéler l'emplacement des trésors cachés. C'était une croyance remontant au Moyen-Âge. Une pratique de pure sorcellerie...
Ce livre est un pur concentré des défauts et qualités de l'auteur. Après un prologue alléchant, Brussolo passe à autre chose. Je veux dire VRAIMENT autre chose car le roman ne suit guère la ligne de cet avant-propos. Dans un XIX° siècle qui ressemble plus au Moyen Age, un aristocrate, version anglaise du marquis de Sade, débarque mystérieusement dans un village et dans la vie d'une jeune fille. Après quelques péripéties, il enlève Jeanne et nous retrouvons le couple plusieurs années plus tard dans un Paris curieusement médiéval, flanqué d'un fils bizarre à la recherche d'un livre magique qui pourrait accorder la puissance absolue à celui qui réussira à l'ouvrir. Livre qui s'enfonce inexorablement vers le centre de la terre, livre dont la couverture recèle un monde peuplé de minuscules dieux égyptiens ! Le délire est bien là . Mais dans ce roman, comme trop souvent, Brussolo part sur des pistes différentes, aborde des sujets sans vraiment les développer et laisse des incohérences parasiter le récit.
Le bouquin ne manque pas de charme et il recèle des pages assez extraordinaires (une bibliothèque maudite où les livres sont composés avec la chair et le sang de ceux dont ils racontent la vie), mais Brussolo s'empêtre dans son histoire. Les personnages changent de caractères au fil des chapitres et les motivations de ceux-ci sont souvent mystérieuses.
Pour couronner le tout, la fin est hélas totalement frustrante car le roman semble inachevé. C'est d'ailleurs le défaut le plus courant (et le plus énervant) de l'auteur.
Ce livre n'est à conseiller uniquement qu'aux véritables fans et inconditionnels de Brussolo. Il se lit à la fois avec plaisir, pour les trouvailles incessantes, mais aussi avec agacement pour les non-sens et incohérences diverses qui pullulent.
Bref, LES DÉMONIAQUES est un « Brussolo » mineur. Acheter ce livre chez Amazon
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mardi 13 mai 2008

Là tout n'est que luxure, horreur et volupté...
Femmes fatales, créatures de rêve, mantes religieuses...
Leur corps est un appât pour le pauvre pécheur.
Malheur à celui qui mord à l'hameçon : il pourrait bien y perdre son âme, son caleçon et le reste.
Anna, par exemple. Cheveux au vent, toute de blanc vêtue… Comment ne pas se laisser prendre au piège de
ses charmes ? Et tante Edith, femme jusqu'au bout des ongles, troublante, ensorcelante…. Et Kristi, image
de magazine, corset noir et cuissardes, papillon de chair et de mort….
Partenaire à la fois désiré et honni, l'homme donne corps à ces fantasmes. Certains vont même au-devant,
quand à ces fantasmes. Certains vont même au devant, quand ce n'est pas au-delà . Sur l'écran rouge de leurs
nuits blanches, c'est de plaisir qu'ils mourront, qu'ils soient sado, maso ou bien macho…
Avec un titre pareil, je m'attendais au pire ! Hé bien non, cette anthologie est très bien faite. Les plus grands auteurs (Robert Bloch, Ramsey Campbell, Graham Masterton) en côtoient d'autres moins connus mais l'ensemble du recueil est cohérent. Certaines nouvelles sont assez humoristiques, d'autres franchement horrifiques. Quand au sexe, il est parfois simplement suggéré et, pour certaines nouvelles, extrêmement « hard». Mais bien sûr toujours présent. Vingt nouvelles et très peu de déchets.
J'ai trouvé ce livre passionnant. Les nouvelles qui le composent sont parfois drôles (LE MÂÂCHIN), parfois terribles (LA BAIGNOIRE) mais toujours étonnantes.
Un chouette bouquin à conseiller. J'ai aussi acquis le tome 2. Une future lecture sympathique en perspective.
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Par Fantasio,
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dimanche 11 mai 2008

"Lebroc pose le petit cheval chinois sur la table basse du salon, bien en lumière. Il sort le Polaro, un vieux SX 70 à soufflet et prend trois photos.
La nuit est noire, pas d'étoile. Le thermomètre doit toujours se balader sous zéro. Il enveloppe la sculpture dans deux plastiques et ferme le tout hermétiquement avec du chatterton. Dans un coin du jardin, là où il plante son herbe au printemps, il creuse. Cinquante centimètres. Il pose le paquet au fond, rebouche, et place dessus deux grosses pierres. Un dernier coup d'œil. Il va ranger la pelle et rentre se coucher.
Un homme qui n'a jamais vu le cheval flotte sur la Meuse, les rotules explosées et la gorge tranchée. Du grand art ! Lebroc, lui, a vu le cheval et il l'a acheté. Alors, tous les rêveurs d'ici et d'ailleurs se sont réveillés pour raconter l'histoire du Hanxuema. "
Serge Frechet est né en 1956 près de Paris et vit actuellement en Ardennes. Il est membre du Collège de Pataphysique.
Voici un superbe polar dont l'action se passe dans le milieu des antiquaires et de la chine. Une mystérieuse sculpture chinoise de l'époque Ming, un cheval en fer suscite bien des convoitises...
C'est superbement bien écrit, il y a de l'action et de la réflexion. Chaque chapitre est introduit par une citation littéraire ou philosophique et du livre policier original, on passe très vite au thriller archéologique. C'est vif, intelligent, très bien écrit. L'action incessante n'empêche pas la réflexion et les caractères des personnages sont bien typés sans être caricaturaux.
La fin voit le récit basculer dans un délire bien réjouissant mais parfaitement maîtrisé (si j'ose dire)
et l'épilogue surprenant termine impeccablement ce très bon livre.
HANXUEMA est un polar atypique assez pessimiste mais très prenant, une lecture parfaite pour se détendre intelligemment. Acheter ce livre chez Amazon
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vendredi 9 mai 2008

Dix nouvelles sont ici rassemblées. Elles reflètent tout à la fois la diversité des talents de Mishima - art du détail comme du développement thématique, art de la description comme de l'ellipse - et la diversité des univers qu'il pénètre. Les hommes d'affaires et leurs épouses, les geishas, les gens du peuple, les acteurs du kabuki, le vieux prêtre du temple de Shiga et les soldats finissent par composer un Japon moderne en butte à ses traditions séculaires. Et tout est là : l'amour vénal, l'amour sublime et sacrilège ; la perversion des femmes et du monde de l'argent ; les superstitions et le sens du sacré ; la mort. La mort accidentelle des enfants. Celle, attendue, d'un vieillard. La mort rituelle, choisie pour l'honneur - ce seppuku que Mishima a finalement exécuté sur lui-même.
Quel beau livre ! Avec ces dix magnifiques nouvelles, on pénètre un peu dans l'univers et l'imaginaire japonais. De la cérémonie du thé, aux espoirs et croyances des geishas en passant par le fameux seppuku (hara kiri), Yukio Mishima nous ouvre les portes du Japon traditionnel. Sa très belle écriture au service de textes variés et originaux, offre toute une palette de situations où le drame côtoie la comédie et la tendresse, la cruauté.
Des nouvelles étonnantes, prenantes et extrêmement dépaysantes. J'ai particulièrement apprécié l'ambiance poétique et onirique de la nouvelle « Les sept ponts » et le terrible « Patriotisme » où l'on assiste au suicide d'un militaire aidé et accompagné par son épouse.
LA MORT EN ÉTÉ est un livre magnifique qui donne vraiment envie de lire d'autres oeuvres de cet auteur. Je pense que je ne tarderai pas à m'en procurer d'autres très vite.
En tout cas je vous le conseille fortement.Acheter ce livre chez Amazon
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mercredi 7 mai 2008

Sandrine et Gabriel se connaissent depuis vingt-cinq ans. Pour éviter l'usure irréparable de leur couple, ils imaginent ensemble un jeu. Ils se donneront rendez-vous dans la rame du RER de 17h43, nom de code Zeus, à Nation. Sandrine décidera de descendre ou non de la porte arrière de la troisième voiture.
19 secondes, 18 secondes, 17 secondes : Pierre Charras déroule son intrigue au fil d'un impitoyable compte à rebours. Dix-neuf secondes suffiront pour que le train quitte le tunnel, émerge dans les lumières du quai, stationne et reprenne sa course. Dix-neuf secondes au terme desquelles on bascule sans préavis d'une banale affaire de rupture à une tragédie brutale, irréversible...
Ce petit roman (par la taille) m'a beaucoup plu. Le début narre l'histoire de ce couple en difficulté qui décide un ultime jeu pour essayer de ce réconcilier. On pense à un roman psychologique, mais très vite, le récit bascule et on sent bien que le pire peut arriver. Petit à petit on comprend, grâce à des personnages qui, de secondaires deviennent prépondérants où l'auteur veut en venir mais l'écrivain garde toujours un temps d'avance sur le lecteur.
Du destin presque banal d'un couple nous passons à une tragédie collective pour revenir sur la fin sur le personnage principal avec un épilogue terrible.
L'écriture de Pierre Charras est fluide, précise et très agréable, l'histoire tient la route et ce livre offre un sacré bon moment de lecture.
Pour tout dire, j'ai adoré !
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lundi 5 mai 2008

D'après un scénario de Claude Sautet et de Boileau-Narcejac adapté du roman de Jean Redon, Georges Franju réalise un film d'horreur au climat envoûtant. La grâce d'Edith Scob s'oppose à Pierre Brasseur, chirurgien-assassin prêt à tout pour redonner un visage humain à sa fille atrocement défigurée après un accident de voiture qu'il a provoqué. Pour l'aider dans cette entreprise morbide, sa fidèle assistante (Alida Valli) enlève des jeunes filles d'une grande beauté. Un chef d'oeuvre !
Première sortie à Paris le 2 mars 1960 aux cinémas « Madeleine » et « Mercury ».
Comment réaliser un GRAND film d'épouvante sans grands moyens et sans trucages ? LES YEUX SANS VISAGE, grande réussite du cinéma d'horreur, répond à cette question. Un scénario solide, un cinéaste extraordinaire, des acteurs de talent et le tour est joué !
Ce film triste et beau est sans doute un des plus grands films français du genre fantastique. Sur une musique aigrelette et sautillante assez inattendue, l'histoire se déroule d'une manière implacable. Que dire de Pierre Brasseur sinon qu'il est extraordinaire dans son rôle de chirurgien devenu fou et meurtrier pour sa fille ? Les seconds rôles sont aussi épatants (un petit rôle d'inspecteur de police est d'ailleurs confié au jeune Claude Brasseur qui s'en tire plus honorablement). Les décors angoissants à souhait donnent au film son magnifique écrin et le réalisme de certaines scènes s'opposant à l'esthétique expressionniste de l'ensemble dégage une poésie qui, à la fin, fait irrésistiblement penser à une oeuvre de Cocteau.
LES YEUX SANS VISAGE est un film à la fois romantique et effrayant. C'est en tout cas un grand moment de cinéma, une perle à posséder absolument pour pouvoir le voir et le revoir.
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Par Fantasio,
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samedi 3 mai 2008

Il est parfois des mystères qu'il vaut mieux ne pas chercher à élucider. Helen, une étudiante qui travaille sur le symbolisme caché des graffitis urbains, ne va pas tarder à l'apprendre à ses dépens.
C'est la même erreur que commet Jerry en rentrant dans ses bains-douches désaffectés qui exercent sur lui une fascination morbide.
Et que dire de Cleve, hanté par ce rêve d'une ville inconnue où les assassins passent leur éternité à affronter le souvenir de leurs crimes, et dont la santé mentale vacille au point de l'amener à commettre l'irréparable ?
Quatre nouveaux et douloureux apprentissages de cette réalité traumatisante : les monstres qui hantent les cauchemars ne disparaissent pas (tous) au lever du jour...
Voici donc l'avant dernier tome des LIVRES DE SANG. Quatre nouvelles de la même qualité que les précédentes. Cette série est un régal pour les amateurs de littérature d'épouvante.
LIEUX INTERDITS : Dès le départ, ce récit me rappelait quelque chose. Très vite j'ai pensé au film « CANDYMAN » et c'est bien cela. Pourtant la nouvelle est radicalement différente du film. Une histoire glauque, malsaine qui nous plonge dans les terreurs collective. La fin, totalement épouvantable est tout simplement géniale !
LA MADONE : Sans doute la meilleure nouvelle de ce formidable recueil. Le récit baigne dans une ambiance véritablement oppressante et le bâtiment des bains douches se révèle un lieu terrible, sinistre et mystérieux. D'irréelles jeunes filles nues vont faire basculer les visiteurs dans l'horreur et dans un autre monde. Une histoire très particulière et originale et surtout terriblement fascinante.
LES ENFANTS DE BABEL : Une jeune femme va se trouver au centre d'un couvent étonnant d'où partent les instructions qui pilotent les politiques de tous les pays. Théorie du complot, manipulation, vision pessimiste du monde... mais la nouvelle est un peu bancale. On n'y croit pas une seconde. Un texte lisible mais sans aucun doute le plus faible du livre, voir même de la série entière des nouvelles qui composent LE LIVRE DE SANG.
PRISON DE CHAIR : la nouvelle qui donne son nom à ce recueil nous emmène dans une prison. Cleve Smith petit truand sans grande envergure purge tranquillement une petite peine de prison quand sa petite vie paisible est troublée par l'arrivée de Billy, gamin chétif et apparemment inoffensif. Billy va pourtant changer radicalement l'ambiance de la cellule et du pénitencier tout entier en prenant contact avec son grand père, exécuté dans cette même prison plusieurs décennies auparavant. Crimes atroces, cauchemars, interpénétration du monde des morts avec celui des vivants... un récit fantastique et terrifiant très réussi.
PRISON DE CHAIR comme les précédents tome des LIVRES DE SANG : LIVRE DE SANG, UNE COURSE D'ENFER, CONFESSIONS D'UN LINCEUL et APOCALYPSES est un livre qui ravira les amateurs du genre. Même la nouvelle la plus faible reste tout à fait lisible. Quand aux trois autres, elles sont tout simplement indispensables. Clive Barker joue comme personne de la terreur, la sexualité (toujours présente dans ses récits) et les atmosphères oppressantes et malsaines. Allez hop ! Direction le sixième et (hélas) dernier tome du LIVRE DE SANG.
Par Fantasio,
samedi 3 mai 2008 à 00:00 :: Mes lectures
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jeudi 1 mai 2008

« Même parvenu, Notre Précieux Souverain ne trouva point la paix en lui-même, tant il restait secoué en continu par des nervosités. Qui l’a vu fixe et arrêté ? Il ne bougeait que par ressorts. Si vous le retardiez dans sa course, vous démontiez la machine. Il marchait des épaules avec une façon personnelle de se dévisser le cou, remuant par courtes saccades comme s’il était engoncé dans un costume que lui taillait pourtant à sa mesure un artiste italien de renom. (…) Quand il parlait en public, plusieurs fois dans une même journée, il se rengorgeait ainsi qu’un pigeon et se livrait à de curieuses contorsions pour animer ses dires… » P.R.
Amusé, atterré, ébloui, agacé par la passion, l’amour et l’attention que suscite notre nouveau président – notre nouvel empereur, devrait-on dire –, Patrick Rambaud s’est lancé dans une chronique un peu particulière : conter, au jour le jour, l’éclosion de ce nouveau monarque, se fondant sur des faits vrais, mais dans l’esprit, avec la drôlerie et la cruauté de Saint-Simon… Dans cette chronique irrévérencieuse, on croise ainsi un souverain trépidant, une impératrice pincée qui règne sur son empereur, un dauphin de dix ans, des ministres empoudrés et fébriles, un duc de Bordeaux tragique, des barons à genoux… Rien n’échappe à la plume de notre chroniqueur, ni le short, ni le renouveau de la lampe Empire, ni les flagorneries des princes, ni les courbettes des petits marquis… ni, enfin, la folie amoureuse d’autres chroniqueurs et portraitistes un peu moins agacés.
Haaaa quel livre réjouissant ! Pamphlet, humour acide, caricature qui n'empêche pas la finesse, ce bouquin est un véritable régal !
C'est à la fois édifiant et amusant. On se délecte à la lecture de ce texte cruel mais qui relate dans un style élégant les premiers mois de la présidence de Sarko, le petit président bling bling, de ses ministres, de sa cour et de ses laudateurs pour ne pas dire idolâtres...
Cette chronique est une virulente attaque écrite à la façon de Saint Simon. Elle nous permet de nous remémorer les cascades de gaffes, de gags et de scandales qui ont marqués les débuts du règne de Nicolas Sarkozy. Ses maladresses, provocations et ratages, tout y est pour notre plus grande consternation tempérée par le plaisir de lire ce formidable et enthousiasmant bouquin.
Pourvu que l'écrivain nous offre bientôt une suite !
Décidément, Patrick Rambaud est un auteur bourré de talent qui sait divertir tout en faisant penser. Du même auteur je vous conseille, dans un tout autre registre sa formidable trilogie Napoléonienne : LA BATAILLE (Prix Goncourt et Grand Prix de l'Académie Française),IL NEIGEAIT et L'ABSENT ainsi que L'IDIOT DU VILLAGE, et COMME DES RATS, deux très bons romans.
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Par Fantasio,
jeudi 1 mai 2008 à 00:00 :: Mes lectures
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