vendredi 30 janvier 2009

Van Cauwelaert, Didier : Éducation d'une fée (L'). (Le Livre de Poche)

Que faire lorsque la femme de votre vie décide de vous quitter parce qu'elle vous aime ?
Comment sauver le couple de ses parents quand on a huit ans ?
Une fille à la dérive peut-elle devenir une fée parce qu'un petit garçon a décidé de croire en elle ?
Avec la force, l'humour et le style qui ont fait le succès de tous ses romans, Didier van Cauwelaert, prix Goncourt pour Un aller simple, nous montre une fois encore comment le quotidien le plus cruel peut basculer dans le merveilleux, et la détresse ouvrir le chemin d'une seconde vie.

Début septembre de cette année, j'avais lu RENCONTRE SOUS X du même auteur et le moins que je puisse dire c'est qu'il m'avait déçu.
J'ai donc laissé passer quelques mois avant d'attaquer celui-ci. En ce moment je suis un peu feignant dans mes lectures et un « petit Van Cauwelaert » me semblait parfait. J'avais raison...
L'ÉDUCATION D'UNE FÉE est un petit bouquin divertissant, bien ficelé et sympathique. L'écriture est fraîche et légère, comme d'habitude, mais fluide et pleine de simplicité. Certes l'histoire est presque banale, bourrée de bons sentiments, parfois un peu trop, mais c'est un peu la marque de fabrique de l'écrivain.
Nicolas, créateur de jouets un peu « has been » rencontre Ingrid, jeune veuve ornithologue et de son fils Raoul et presque aussitôt une famille presque parfaite se crée. Mais dans la vie de Nicolas arrive aussi César (en fait Sezar) jeune immigrée irakienne très cultivée mais réduite à la condition d'une caissière de supermarché. Je ne vous dévoilerai pas la (petite) intrigue mais sachez que le récit se termine bien (mais on s'en doutait dès le début).
Cette histoire est très poétique, pleine de douceur, de tendre émotion et de rêve. Les protagonistes sont presque tous très (trop ?) sympathiques – Nicolas étant quasiment parfait – , les méchants, eux, n'étant pas trop affreux, L'auteur ne s'attardant d'ailleurs pas sur eux, et le bouquin se déroule sans accrocs jusqu'au « happy end ».
L'ÉDUCATION D'UNE FÉE est un livre pas compliqué qui fait passer une bonne petite soirée tranquille. Je trouve qu'il est bien d'en posséder dans sa bibliothèque et parfois de se plonger dans une histoire bien écrite et qui ne prenne pas la tête... à la condition de lire ce genre de bouquin avec modération.
Je ne regrette pas cette lecture paisible, souvent drôle et tendre. Bref un bon moment de détente à conseiller les soirs de fatigue.



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mardi 27 janvier 2009

Steiner Kurt (Ruellan André) : Le 32 juillet. (Presses Pocket)

La ville... n'était pas une ville, mais un être vivant. Je m'étais aventuré dans les organes d'un animal formidable, qui hurlait lorsqu'on approchait de lui, et qui compensait son immobilité naturelle en libérant certaines catégories de cellules... Les murailles en constituaient le squelette ou la carapace : leur structure osseuse m'avait en effet inquiété, mais je n'avais pas eu le courage d'aller jusqu'au fond de ma pensée.
La gorge sèche, je lançai alentour un regard furtif. Qu'allait faire de moi le Léviathan enchaîné ?

Voilà le genre de titre de bouquin qui m'attire irrésistiblement ! De plus, Kurt Steiner est le pseudonyme d'André Ruellan, fort bon écrivain de SF française. Donc à la vue de ce livre, je me suis fait une douce violence... et je l'ai acheté.
Le récit commence comme un banal polar où l'on voit un espion américain (le narrateur) pénétrer dans la maison d'un savant français, juste à temps pour voir celui-ci plonger littéralement dans une dimension où le temps n'existe pas à la suite de sa femme et de son assistante.
Bien sûr notre héros va les suivre... et commence alors véritablement l'aventure. Arrivé dans un lieu étrange, poursuivi par d'effrayantes amibes géantes, il est bientôt capturé par une ville vivante que tente tout simplement de le digérer. Dans ce terrible piège il retrouve les deux femmes et après bien des péripéties, arrive à s'échapper avec la femme du savant alors que Iris, l'assistante (dont il est tombé amoureux) reste prisonnière.
C'est la plus belle partie du livre. L'étrangeté des situations est parfaitement rendue et l'histoire est tout simplement passionnante. En quelques courts chapitres Steiner/Ruellan nous fait vraiment basculer et voyager dans le fantastique.
Mais les obligations de l'éditeur (ce livre est paru à l'origine au Fleuve Noir « Anticipation » ) imposent un nombre de pages limité et l'auteur doit vite boucler son histoire. La dernière partie voit donc, en quelques pages, nos amis sauvés par le savant venu à la rescousse avec l'armé d'une civilisation étrangère puis on assiste à une révolution et finalement au sauvetage d'Iris et à la mort de la ville-piège.
On ne peut que supposer que les deux couples vont pouvoir très vite retrouver notre bonne vieille dimension, car manifestement il n'y avait même plus assez de place pour un épilogue !
Bon, je rigole n'empêche que ce bouquin se lit avec plaisir, il se dévore même et fait passer une bonne soirée de lecture sans prétention.
Il faut noter que la couverture du livre (première vignette) n'est pas mal mais que celle d'origine (1959) signée par le célèbre Brantonne est superbe. Je n'ai pas (encore) cette édition mais je en vous colle l'image (deuxième vignette) pour que vous puissiez l'admirer.



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samedi 24 janvier 2009

Sempé : Tout se complique. (Folio)

C'est terrible ! :pleure:
TOUT SE COMPLIQUE est le huitième recueil de dessins de Sempé que j'essaye de chroniquer... et je n'ai vraiment plus rien à dire de ces bouquins géniaux !
Je ne vais quand même pas répéter un fois de plus : « délicatesse, tendresse, finesse, humour... » comme dans le billet dédié à RIEN N'EST SIMPLE !
Ben si, je suis bien obligé car on ne parle pas d'un livre de Sempé, on le déguste.
Alors je vous prie de m'excuser pour ce mauvais billet (comment ça comme d'habitude ? :diable: ) et précipitez-vous plutôt sur Amazon (ou ailleurs) pour l'acheter, celui-ci ou un autre, ils sont tous bons, tous indispensables. En attendant cliquez sur les deux petites vignettes pour vous régaler de deux exemples des formidables dessins de Sempé.
Coup de pot, je n'en ai plus dans ma PAL alors je vais tâcher de ne pas en acheter avant un bout de temps. D'ici quelques mois, je pourrai ressortir les mots « délicatesse, tendresse, finesse, humour, etc. »



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mercredi 21 janvier 2009

Silverberg, Robert : Tour de verre (La). (Éditions Opta. Colection "Anti-Mondes")

Bientôt, la Tour de Simon Krug s'élèvera dans le ciel de l'Arctique comme un fanal géant à destination des étoiles. De ces étoiles dont on vient " peut-être " de recevoir un signal témoignant de la présence d'une civilisation dans la région de la nébuleuse NGC7293. La tour est le symbole de la puissance de Krug. L'homme qui a défié les dieux et créé les androïdes. L'homme qui est pour les androïdes un dieu et le symbole de la tyrannie.
Mais peut-on renverser l'homme qui vous a créé ? Et peut-on faire l'amour entre androïdes ? Voici l'un des plus extraordinaires romans de Robert Silverberg, l'écrivain le plus subtil et le plus couronné de prix de toute la science-fiction américaine.

C'est un curieux roman que celui-ci. Offert par mon ami Oggy qui connaît mon appétence pour les écrits de Silverberg, un des auteurs de science fiction les plus profonds et les plus inventifs, je me suis bien entendu jeté dessus sans attendre.
Le début fait penser à un récit basé sur la communication entre deux intelligences galactiques. On s'attend presque à une sorte de « rencontre du III° type » et puis, assez vite, l'histoire bascule et met en avant les rapports entre humains et androïdes. La tour, futur vecteur de communication passe au rôle secondaire de lieu de confrontation entre androïdes issus de cuves de fabrication et ectogènes produits d'éprouvettes ainsi que de leurs rapports complexes avec les humains et plus particulièrement avec Simon Krug, considéré comme un Dieu par beaucoup d'androïdes. Tout le roman est axé sur ces rapports haine/passion, sur la cohabitation entre eux (la sexualité androïdes/humains est-elle une perversion ? Les androïdes ont-ils des droits ? Leur supériorité physique et pour certains intellectuelle est-elle acceptable ?) et ce très beau livre n'est, en fin de compte, qu'une parabole sur le racisme et les tentatives de part et d'autres pour l'éradiquer.
Ce qui est plaisant dans LA TOUR DE VERRE c'est que jamais Silverberg ne verse dans le manichéisme. La psychologie des personnages est fouillée et leurs contradictions parfaitement mises en évidence. Du coup, le récit en lui-même perd de son importance et, c'est peut-être le défaut du livre, les scènes d'action paraissent un peu rapportées. C'est la réflexion (comme souvent chez cet auteur) qui prend le pas sur l'intrigue. LA TOUR DE VERRE est un livre profond. Ce n'est sans doute pas le meilleur bouquin de l'écrivain mais, écrit en 1970, il n'a pas vieillit et se lit avec grand plaisir.
Encore merci à mon pote Oggy pour ce chouette cadeau.
:top:


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dimanche 18 janvier 2009

Mian, Mian : Bonbons chinois (Les). (Éditions de l'Olivier)

Xiao Hong a quinze ans lorsque sa meilleure amie se suicide. Cette tragédie bouleverse sa vie : elle quitte Shangaï, le lycée et sa famille, fuit dans une ville du sud où elle rencontre un guitariste, Saining. Elle veut vivre avec lui, TOUT vivre : elle partage ses amis et sa passion pour le rock, chante dans son groupe, et devient un oiseau de nuit. Leur amour les entraîne peu à peu dans une existence cruelle, avec pour lignes de fuite le sexe, la drogue et la folie.
LES BONBONS CHINOIS raconte leur histoire et celle de leurs amis, des êtres désemparés et démunis qui s'inventent chaque nuit un nouveau théâtre pour survivre. Mian Mian traque et capture leur vérité. À la lire, on a l'impression d'entendre, pour la première fois, la voix nue et indomptée de la jeunesse chinoise.

Le début de ce livre n'est pas mal du tout. L'histoire n'est guère originale mais les phrases courtes sont vives et enlevées et apportent un ton d'urgence qui est assez plaisant. Hélas, très vite le récit devient répétitif : alcool, drogue, désintoxication, tentative de suicide, hôpital psychiatrique, prostitution, alcool, drogue... etc. Il n'y a même pas de dépaysement puisque Xia Hong boit du whisky écossais, écoute kurt cobain et les Doors et fume du H avant de passer à l'héroïne. Bref du cent fois raconté avec plus ou moins de bonheur. De plus le livre n'est pas très bien écrit (ou traduit) et la ponctuation plus que bizarre. On s'ennuie vite et on est vraiment content d'arriver à la fin de ce bouquin qui n'est pas vraiment mauvais mais beaucoup trop long.
Décevant! :boude:



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jeudi 15 janvier 2009

Somtow, S.P. : Mallworld. (Folio)

Malgré leur peau bleue et leurs cheveux magenta, les Selespridar sont humanoïdes à 99,8 %. Ca ne les a pas empêchés de construire autour de notre système solaire un champ de forces qui nous retient prisonniers et nous cache les étoiles. Qu'à cela ne tienne, il nous reste Mallworld, le centre commercial le plus fou de l'univers. Un million de clients par jour !
Allez y copuler avec la sculpture en barbe à papa la plus géante de l'univers ! Achetez-y un bébé à morphologie adaptable et personnalité optionnelle ! Si vos goûts vous portent plutôt vers la religion, offrez-vous une castration rituelle entièrement réversible ou revivez la paix solennelle et austère d'une Cène dans un authentique MacDonald reconstitué. Vous ne serez pas déçus ! Satisfaits ou remboursés !

Pour la première fois publiées dans leur intégralité en France, voici les neuf nouvelles situées dans le monde délirant de Mallworld.
Satisfaction garantie !

On m'avait tellement vanté ce livre que j'en attendais énormément. Trop sans doute. En fait, comme il s'agit d'un recueil de neufs nouvelles ayant toutes des points communs, les redondances sont inévitables. Je l'ai lu d'une traite alors qu'il aurait sans doute mieux valu le savourer en petites tranches séparées par d'autres lectures.
Sinon, l'oeuvre est ambitieuse et on trouve dans ces récits outre la description d'un monde tout entier tourné vers la consommation de plaisirs, toute une histoire sociologique plutôt bien pensée, de l'humour, de l'action, une pincée de sexe et un dépaysement garanti. Ce gros pavé est donc à conseiller en prenant compte de mon avis sur la façon de le découvrir.
Je ne pense pas avoir lu autre chose de cet auteur qui paraît très connu mais je ne laisserai sûrement pas passer l'occasion de découvrir d'autres bouquins signés S.P. Somtow. Son écriture est de qualité et son imagination sans limite.
Bref... lisez-le !



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lundi 12 janvier 2009

Vernes, Henri : Temple des crocodiles (Le). (Marabout Junior)

Bien des vestiges du passé demeurent encore enfouis dans les sables et les rocs égyptiens. Ainsi ce mystérieux Temples des Crocodiles, perdu en plein désert de la Thébaïde. Pour avoir voulu découvrir ce temple, l'archéologue suédois Erik Elgmar a perdu la vie dans des circonstances mystérieuses. Quels sont ces énigmatiques Frères d'Osiris qui semblent vouloir perpétuer les vieilles malédictions ? C'est ce que Bob Morane et ses amis, Bill Ballantine et le professeur Clairembart, tenteront de découvrir au cours de cette nouvelle aventure où la fascination de Vieille Egypte s'allie au suspense. Car le Temple des Crocodiles est truqué comme un plateau de théâtre et, au détour de chaque décor, une surprise souvent désagréable attendra notre héros et ses compagnons.

Grâce à mon ami Oggy qui m'a offert ce volume, j'ai pu me replonger dans cette aventure, une des meilleurs de Bob Morane. Ici, c'est le côté « aventure » qui domine. En effet dès le début, on devine qui est le traître, élément indispensable de ce genre de littérature :
-  « ...Sous les arcades sourcilières proéminentes ornées de sourcils épais et noirs, des yeux sombres et brillants, trops brillants, dénotaient une âme vibrant d'une passion d'où le fanatisme ne devait pas être exclu... »
Mais dès les première pages, un homme se fait assassiner et avant de rendre l'âme dévoile que ses meurtriers appartiennent à une secte mystérieuse : Les Frères d'Osiris. La victime étant à la recherche d'un vestige de l'Égypte ancienne, Le Temple des Crocodiles, nos amis, accompagnés par la fille du défunt partent à la recherche de celui-ci...
Rien ne manque à ce bon petit bouquin. Du suspense, de l'action, du mystère, des cryptes enfouies, une secte dangereuse, un trésor, etc. Et l'on passe un très bon moment avec ce livre pour adolescent qui est un modèle du genre. Et bien sûr, comme d'habitude avec la série des bob Morane, le bien triomphe toujours, la morale est sauve et on a droit à une petite leçon de morale. Un très bon Bob Morane de 1960.
:hello: Encore merci Oggy ! :boing:



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vendredi 9 janvier 2009

Rozen, Anna : Plaisir d'offrir, joie de recevoir. (J'Ai Lu)

Avec un style bien à elle et une observation minutieuse de ses contemporains, Anna Rozen parcourt des souvenirs à la fois intimes et universels : vingt-huit chapitres où sont évoqués sexualité, sensualité, drague, désirs et désillusions.
Un regard lucide et parfois cruel sur les relations troubles qui unissent ou séparent, encore et toujours, les hommes et les femmes, soutenu par une écriture très originale où avidité et pudeur jouent à cache-cache.

Mon billet concernant ce livre ne va pas être très long...
PLAISIR D'OFFRIR, JOIE DE RECEVOIR est un petit (heureusement) recueil de minuscules (tant mieux) récits qui se veulent érotiques et ne sont qu'ennuyeux. En une petite trentaine de mini-nouvelles, Anna Rozen nous présente ses expériences ou ses fantasmes amoureux. Autant le dire tout de suite, ce n'est pas un poil excitant mais au contraire très convenu et vite lassant. Arriver à écrire des nouvelles indigestes de quelques pages est un challenge peu commun mais Anna Rozen le réussit sans problème.
Un petit bouquin soporifique au possible à vous dégoûter de l'érotisme.



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mardi 6 janvier 2009

Monteleone, Thomas : L'Horreur du métro. (J'Ai Lu)

DES ESPRITS DÉMENTS SE METTENT EN MARCHE POUR UNE VENGEANCE TERRIFIANTE !

Le cadavre était presque réduit à l'état de squelette. Sur quelques lambeaux de chair verdâtre rampaient encore une multitude de choses voraces, grouillement informe de gélatine visqueuse, agitée de convulsions obscènes. Soudain les « choses » parurent remarquer la présence de Whitney, l'exterminateur de rats, et son hurlement de terreur et d'agonie résonna longuement dans les couloirs déserts du métro.
De Whitney, on ne retrouva que quelques os bien blancs, bien propres. De Jeff, le surveillant des égouts, et de Sam, le vieux poivrot, pas d'avantage.
Et l'inspecteur Corvino, chargé de l'affaire, soupçonne que ces meurtres inexplicables ne font que commencer. Comme si, en creusant ces tunnels immondes dans les entrailles de la terre, l'homme l'avait violée et devait dès lors payer pour ce crime.

Ce bouquin traînait depuis un bon moment dans ma bibliothèque. Il faut dire que la couverture est digne de figurer dans un concours de mauvais goût. Je vous livre le nom de l'illustrateur pour que vous puissiez lui jeter des oeufs pourris si jamais vous croisez son chemin : Miller.
Le titre du livre est aussi très racoleur puisque l'original est : NIGHT TRAIN. Quand aux deux lignes chapeautant le texte de présentation, elles se révèlent fausses également puisqu'il ne s'agit pas d'une histoire de vengeance et qu'il n'y a pas l'ombre d'un dément...
Bravo donc aux éditions J'ai Lu pour leur honnêteté intellectuelle ! :diable:
Malgré tout cela, ce livre se laisse lire et est même assez plaisant. C'est un thriller avec de vrais morceaux de fantastique dedans. Quelque scènes d'épouvante comme celle du quatrième de couverture pimentent une histoire qui sinon ronronnerait gentiment. En fait on a un peu l'impression d'avoir déjà lu ce récit tellement les personnages sont stéréotypés. De l'inspecteur de police bourru mais humain en guerre contre ses supérieurs bornés à la jeune et jolie journaliste amoureuse de ce dernier en passant par un vieux savant distrait connaissant tout de l'occultisme et possédant sans le savoir le nécessaire pour vaincre les « choses » innommables et bien sûr quelques sous fifres de la police, égoutiers et clodos sans importances ne servant que de pitance aux monstres hantant le métro New yorkais. Du classique, du déjà vu, du réchauffé...
Mais ne partez pas ! Ce livre assez épais se révèle finalement plutôt bon et dès le début (en 1915, une rame de métro, son conducteur et tous ses passagers disparaissent mystérieusement) on accroche au roman. Quelques allusions à Lovecraft (le fameux Nécronomicon et une clef de Cthulhu qui se révélera providentielle) ainsi que quelques pages vraiment horrifiques donnent à ce récit un intérêt certain même si le classique des situations et le banal des personnages empêche le livre d'être vraiment original.
Mêlant l'enquête policière au fantastique et écrit dans un style vif qui privilégie l'action, L'HORREUR DU MÉTRO est un bon petit bouquin tout à fait lisible, assez typique des années 80, qui offre un bon moment de détente.


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samedi 3 janvier 2009

Gaudé, Laurent : Cris. (Le Livre de Poche)

Ils se nomment Marius, Boris, Ripoll, Rénier, Barboni ou M'Bossolo. Dans les tranchées où ils se terrent, dans les boyaux d'où ils s'élancent selon le flux et le reflux des assauts, ils partagent l'insoutenable fraternité de la guerre de 1914.
Loin devant eux, un gazé agonise. Plus loin encore, retentit l'horrible cri de ce soldat fou qu'ils imaginent perdu entre les deux lignes du front, " l'homme-cochon ". A l'arrière, Jules, le permissionnaire, s'éloigne vers la vie normale, mais les voix de ses compagnons d'armes le poursuivent avec acharnement. Elles s'élèvent comme un chant, comme un mémorial de douleur et de tragique solidarité.
Dans ce texte incantatoire, l'auteur de La Mort du roi Tsongor (prix Goncourt des lycéens 2002, prix des Libraires 2003) et du Soleil des Scorta (prix Goncourt 2004) nous plonge dans l'immédiate instantanéité des combats, avec une densité sonore et une véracité saisissantes.

Ce petit livre nous raconte une brève période du terrible quotidien de quelques « poilus » engagés dans la guerre des tranchées. Leurs peurs, souffrances, douleurs... espoirs parfois sont décrits dans de courts mais puissants petits paragraphes qui nous font passer d'un soldat à un autre.
Ce texte qui pourrait être classique dans la forme frôle parfois le fantastique avec cette histoire d'un étrange et insaisissable « homme cochon » qui erre entre les lignes franco-allemande. CRIS est une sorte de tranche de vie des tranchées. Il rend bien la folie meurtrière de la première guerre mondiale. Et s'il n'a pas la force ni le développement d'un A L'OUEST RIEN DE NOUVEAU d'Erich Maria Remarque, de CROIX DE BOIS de Roland Dorgeles ou de LE FEU d'Henri Barbusse (que j'ai envie de relire), il nous offre quand même avec son écriture d'une belle simplicité, une lecture passionnante.
Un bon livre que je conseille.



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