jeudi 29 avril 2010

Sarkel, François : Chasseurs de chimères (Les). (Fleuve Noir "Avenrures et mystères")

CANADA 1995... En ce début janvier, les affaires sont plutôt calmes pour Arnaud Stolognan qui a l'impression d'hiberner dans son monastère de Lozère. Mais un soir deux étrangers font irruption chez lui. Et quels étrangers ! Un sexagénaire blessé et une adolescente effrontée. Le sexagénaire est un éminent égyptologue du nom de Sarlon et l'adolescente, prénommée Miquette, n'est autre que sa nièce. L'histoire qu'ils racontent à Arnaud est si incroyable qu'il se retrouve bientôt dans les solitudes glacées du Grand Nord canadien à traquer... les chasseurs de chimères.

Après LA VALLÉE TRUQUÉE , ce livre est le deuxième volume consacré aux aventures d'Arnaud Stolognan. L'humour, l'action, le mystère sont toujours de mise mais en plus « policés ». Ce roman est moins frapadingue que le premier et ce qu'il gagne en cohérence, il le perd un peu en extravagance. Cependant, je vous rassure, la lecture de ce récit procure de sacrés bons moments jubilatoires et il n'est quand même pas courant de croiser le dieu Horus ainsi que de dangereuses et improbables créatures dans les paysages glacés du canada. François Sarkel nous offre avec LES CHASSEURS DE CHIMÉRES un bouquin bien divertissant sans temps morts. Un roman de littérature populaire qui flirte souvent avec la BD et qui pourrait d'ailleurs je crois, facilement faire l'objet d'une adaptation en album dessiné.
Je viens d'acquérir chez Rivière Blanche le troisième volume des aventures d'Arnaud Stolognan : DESTINATION CAUCHEMAR. Et je crois que je ne tarderai pas à me plonger dans ce nouveau livre au titre prometteur.


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lundi 26 avril 2010

Zola, Émile : Pot-bouille.

" Ils restaient, la main dans la main, face à face, sans pouvoir détourner les yeux ; et leurs mains se glaçaient, et leurs yeux s'avouaient l'ordure de leur liaison, l'infirmité des maîtres étalée dans la haine de la domesticité. C'était ça leurs amours, cette fornication sous une pluie battante de viande gâtée et de légumes aigres ! "

J'ai tellement de livres dans ma PAL que je ne me permets que rarement une relecture mais cela faisait vraiment trop longtemps que l'envie de relire un volume des Rougon-Macquart me taraudait. Mais lequel choisir ? Mon choix s'est porté sur POT-BOUILLE peut-être parce que ce roman se veut comme une pause dans l'œuvre de Zola.
En effet, dans ce magnifique et terrible roman, sorte de prélude au volume suivant : AU BONHEUR DES DAMES, c'est l'histoire entière d'un immeuble qui est racontée. Maison de petits bourgeois qui, pour paraphraser un célèbre chanteur : « aimeraient bien avoir l'air mais n'ont pas l'air du tout ». Car la charge d'Émile Zola contre ces bourgeois d'apparence honnête est terrible. Des gens uniquement préoccupés par l'apparence, essayant de détourner un héritage, tenter de caser à tout prix leurs filles, d'obtenir ou au contraire de ne pas payer une dot, se battant sans merci au sein même de sa famille pour un avantage quelconque, jalousant ses voisins, pratiquant l'adultère sans passion mais par intérêt. Des gens rapaces, stupides, acariâtres, menteurs et voleurs...
Et ces petites guerres, ses tromperies, ses méchancetés se déroulent à l'abri des portes et des murs épais. On se hait mais on se salue. On se trompe mais on fait semblant... apparence toujours.
Et les domestiques de ces bourgeois traités comme des chiens ne sont pas en reste. Lâches, voleurs, d'une stupidité sans nom, ils démontrent que la méchanceté n'est pas l'apanage du bourgeois. Et dans cet immeuble arrive Octave « monté » à Paris pour croquer la vie. Octave arriviste d'une lâcheté peu commune que nous retrouveront dans AU BONHEUR DES DAMES et qui se glisse sans peine dans ce monde pourri d'employés, petits commerçants et sous-chefs de bureau prêts à tout pour paraître plus qu'ils ne sont.
« Quand j'ai 2 sous je dit que j'en ai 4 ! » affirme madame Josserand dont l'unique préoccupation est de marier ses deux filles et qui pour cela prive sa famille de tout, force son mari à faire des « écritures » toute la nuit pour financer sa réception du mardi.
Comme à son habitude, la description de Zola de ses contemporains est violente, sans doute parfois outrancière mais donne une image vivante et très évocatrice de son époque. POT-BOUILLE est un livre extraordinaire, passionnant, brutal et magnifique.
La dernière phrase du livre résume à merveille l'ensemble de l'ouvrage. Julie qui doit quitter la maison huit jours plus tard s'adressant à Lisa :
« Mon dieu ! Mademoiselle, celle-ci ou celle-là, toutes les baraques se ressemblent. Au jour d'aujourd'hui, qui a fait l'une a fait l'autre. C'est cochon et compagnie. »
Mes retrouvailles avec Zola ne s'arrêteront pas là je pense. Cette relecture m'a vraiment trop enthousiasmé pour que je ne reprenne pas sous peu un autre roman des Rougon-Macquart. Peut-être LA TERRE ou LA DEBÂCLE... je me déciderai, comme pour celui-ci, sans doute au dernier moment.
Si vous ne connaissez pas encore cet écrivain majeur de la littérature française (mais je ne veux pas le croire), je vous engage à le découvrir d'urgence. Quand aux autres, faites comme moi, sa relecture procure autant de plaisir que sa découverte.



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jeudi 22 avril 2010

Hutson, Shaun : Némésis. (Milady)

Sue et John Hacket ont vu l'horreur absolue quand ils ont retrouvé chez eux leur petite fille sauvagement assassinée. Pour ne pas sombrer dans la folie et tenter de sauver ce qui reste de leur mariage, ils déménagent et partent s'installer dans la petite ville de Hinkston. Or, autrefois paisible, cette bourgade est aujourd'hui déchirée par une série de meurtres aussi atroces qu'inexpliqués. C'est qu'elle abrite un terrible secret, vieux de cinquante ans, un secret aux conséquences si épouvantables qu'il était censé avoir été étouffé à jamais pendant la guerre. Mais ce ne fut pas le cas, et Sue Hacket, encore fragilisée par ce qu'elle a traversé, risque bien d'en faire l'horrible expérience...

Shaun Hutson est né et vit en Angleterre. Après avoir été viré du lycée, puis de tous les petits boulots par lesquels il est passé, il devient écrivain en 1983... et rencontre immédiatement un succès qui, vingt-huit romans plus tard, ne se dément toujours pas. Alcoolique repenti, fan d'Iron Maiden, diagnostiqué pour ses tendances psychotiques et auteur favori des bibliothèques des prisons anglaises, Shaun Hutson est un homme charmant.

Ce livre très sanglant, parfois choquant plaira certainement aux amateurs de gore. On y trouve des meurtres bien horribles, des descriptions minutieuses de tortures diverses et de morts atroces, une scène terrifiante de cannibalisme... bref toute la panoplie du livre d'horreur est bien présente. Trop même car Shaun Hutson non seulement en fait un peu trop mais ces descriptions minutieuses laissent peu de place à l'imagination du lecteur et on peut même affirmer que la narration presque cinématographique nuit un peu au suspense. On ne peut décrocher avant la fin (légèrement bâclée et frustrante) et le manque de crédibilité de l'histoire n'empêche nullement le lecteur de se passionner pour celle-ci malgré un final assez grand-guignolesque qui nous fait balancer entre peur et envie de rire devant ce qui pourrait fort bien être le scénario d'un film d'épouvante de série B voire Z.
NÉMÉSIS se lit d'une traite. Ce n'est certes pas du Stephen King ou du Clive Barker mais ce livre (bon marché) se dévore et fait passer deux bonnes soirées de terreur.
Je conseillerais ce bouquin à ceux qui apprécient de temps en temps un bon petit récit très gore qui ne se prend pas au sérieux. Quelques passages forts sanglants font cependant réserver NÉMÉSIS aux amateurs d'émotions fortes. Un bouquin à lire mais qui souffre d'un manque de crédibilité un peu gênante, une petite récréation entre deux livres plus conséquents.


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lundi 19 avril 2010

Mazetti, Katarina : Le mec de la tombe d'à côté. (Babel)

Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que le tape-à-l'œil de la stèle qu'il fleurit assidûment.
Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie.
Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis... C'est le début d'une passion dévorante.
C'est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d'amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des cultures.

Le choc des cultures raconté d'une façon humoristique. Dans ce roman très tendre, la passion réciproque de Désirée et Benny est en permanence contrebalancée par un agacement perpétuel envers la façon de vivre de l'autre. Que faire quand tout, absolument tout vous sépare et que seul un amour physique irraisonné vous attire irrésistiblement l'un vers l'autre ?
Sous la drôlerie perce certains vrais problèmes actuels comme la condition paysanne à notre époque et les différences de culture entre vie en ville et vie en champ... mais le récit est mené avec une truculente loufoquerie qui donne un plaisir de lecture certain. Les mésaventures de nos deux héros, leurs vains efforts pour se rapprocher offrent au lecteur une bonne petite histoire, parfois touchante, toujours joyeuse et sympathique. La bibliothécaire citadine et l'agriculteur un poil rustre mais finalement très sensible et attachant forment un couple étonnant de fraîcheur et si les problèmes s'accumulent et finissent par devenir insurmontables, le livre qui ne verse jamais dans le drame garde une fraîcheur tout à fait réjouissante.
LE MEC DE LA TOMBE D'À CÔTÉ est un bon petit bouquin sympathique qui se lit le sourire aux lèvres. Il ne tombe jamais dans la mièvrerie et, son écriture agréable nous fait passer deux ou trois bonnes soirées de lecture.



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jeudi 15 avril 2010

Gudule. (Duguël, Anne) : Mon âme est une porcherie (in Le Club des petites filles mortes). (Bragelonne) et (Sortilèges : Les Anges du Bizarre)

MON ÂME EST UNE PORCHERIE est le cinquième (petit) roman du recueil LE CLUB DES PETITES FILLES MORTES. C'est aussi, pour l'instant, le plus terrible des cinq.
Je l'avais déjà lu il y a une dizaine d'années dans la collection « Sortilèges ». Ce petit livre m'avait profondément marqué par sa folie, sa noirceur et le climat malsain qui s'en dégageait. La seconde lecture conforte mon opinion.
C'est l'histoire d'une petite fille extraordinairement laide qui tombe littéralement amoureuse de la petite peluche de sa jolie voisine : une cochon rouge à qui elle attribue des pouvoirs magiques. Elle le vole d'ailleurs et, la nuit même, en fourrant le jouet entre ses cuisses, connaît son premier orgasme. Le cochon lui fut vite enlevé mais resta son « ange gardien » en toutes circonstances. Rouée de coups par sa mère qui se suicida, enfermée dans un placard pour laisser le champ libre aux amours de son père, placée en hôpital psychiatrique puis à la DDASS, elle continue ses relations imaginaires avec son cochon « magique ». Et puis, jeune fille, elle vole dans une boucherie la carcasse d'un cochon de lait pour le sauver du boucher....
C'est une histoire horrible, une immersion dans les saletés et les perversions de l'âme humaine, un récit très cru, presque pornographique qui nous plonge dans l'épouvantable folie d'une pauvre fille. Cette sacrée Gudule scotche son lecteur avec ce court roman au rythme effréné, d'une perversion étonnante qui dérange le lecteur avec un catalogue inouï de viols, meurtres, zoophilies et autres joyeusetés qui seraient insoutenables sans un humour, certes particulier, mais réel et omniprésent.
MON ÂME EST UNE PORCHERIE n'est pas un livre à mettre entre toutes les mains mais un bouleversant et superbe roman qui se dévore. Gudule sait comme personne raconter la démence, les déviances sexuelles dans ce récit « coup de poing » que je conseille sans restriction... aux adultes.


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lundi 12 avril 2010

McCann, Colum : Saisons de la nuit (Les). (10/18)

" Ce roman parle de New York, d'amour, de mariages mixtes, de terrassiers qui creusent des tunnels, de bâtisseurs de gratte-ciel qui dansent sur des poutrelles à des centaines de mètres au-dessus de la ville. C'est peut-être le premier vrai roman consacré aux sans-abri, à ceux qui vivent au-dessous et à l'écart de la cité prospère. On sent que Colum McCann a fréquenté ces lieux-là : dans une langue qui procure un plaisir presque physique, il évoque avec une rare puissance ce présent qui empeste et ce passé qui oppresse. "
Frank McCourt

« Un superbe roman [,,,]. Je n'ai pas le souvenir qu'un auteur de la génération de McCann m'ait aussi profondément remué. »
Jim Harrison

C'est mon amie pfck-cavalier qui m'a fait connaître ce bouquin et comme d'habitude, je me suis félicité d'avoir suivi son conseil. Je ne suis pas étonné de l'admiration de Jim Harrison pour ce roman car, en effet, ce récit fait irrésistiblement penser à un « Jim Harrison de la ville ».
Le New York laborieux des années 20 aux années 90 est ici raconté à travers la vie d'ouvriers qui triment dur, font un travail dangereux pour une paye qui leur permet tout juste de survivre. Et, à notre époque par les SDF, rejetés par la société et qui trouvent un abris dans les sous-sol de la grande ville. Ainsi, de la construction du métro à l'usage de celui-ci qu'en font les déshérités, on assiste à la vie de toute une population , celle, souvent émigrée ou fille d'esclaves, qui trime et arrive à subsister au prix d'une vie de labeur effrayante jusqu'à la terrible condition des laissés pour compte, marginaux obligés de survivre dans les galeries et tunnels loin du regard des habitants du monde de la surface.
La misère, le racisme, les difficultés sociales d'un couple mixte, ce roman montre le négatif de cette métropole, à travers les portraits attachants des protagonistes du récit.
LES SAISONS DE LA NUIT est un grand, beau et terrible livre profondément humain. C'est le premier roman que je lis de cet écrivain. Ce ne sera certainement pas le dernier.



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jeudi 8 avril 2010

Linhart, Robert : L'Établi. (Les Éditions de Minuit)

L'ÉTABLI, ce titre désigne d'abord les quelques centaines de militants intellectuels qui, à partir de 1967, s'embauchaient, " s'établissaient " dans les usines ou les docks. Celui qui parle ici a passé une année, comme 0. S. 2, dans l'usine Citroën de la porte de Choisy. Il raconte la chaîne, les méthodes de surveillance et de répression, il raconte aussi la résistance et la grève. Il raconte ce que c'est, pour un Français ou un immigré, d'être ouvrier dans une grande entreprise parisienne.
Mais L'ÉTABLI, c'est aussi la table de travail bricolée où un vieil ouvrier retouche les portières irrégulières ou bosselées avant qu'elles passent au montage.
Ce double sens reflète le thème du livre, le rapport que les hommes entretiennent entre eux par l'intermédiaire des objets : ce que Marx appelait les rapports de production.

Il n'est pas dans mes habitudes d'écrire un billet sur un documentaire ou un témoignage et je me cantonne généralement aux romans mais je fais de temps en temps une exception pour des ouvrages qui, je pense, sont indispensables et accessibles. L'ÉTABLI est un livre passionnant et édifiant qui se lit comme un roman.
Robert Linhart raconte son expérience de travail à l'usine Citroën de la porte de Choisy. Il montre, non seulement la pénibilité du travail à la chaîne mais surtout le mépris total que ressent l'encadrement pour l'ouvrier, la dureté des conditions de travail et le terrible racisme de l'entreprise vis à vis de ses employés étrangers. « Il faut savoir qu'il y a six catégories d'ouvriers non qualifiés. De bas en haut : trois catégories de manœuvres (M1, M2, M3); trois catégories d'ouvriers spécialisés (OS1, OS2, OS3) et que la répartition, elle se fait d'une façon tout à fait simple : Raciste. Les Noirs sont M1, tout en bas de l'échelle. Les Arabes sont M2 ou M3. Les Espagnols, les Portugais et les autres immigrés européens sont OS1. Les Français sont, d'office, OS2. Et on devient OS3 à la tête du client, selon le bon vouloir du chef.... »
Le récit, montre simplement la vie de l'entreprise, les travaux dangereux pour la santé, les petites humiliations, les cadences infernales, le désespoir ordinaire des ouvriers, les vaines tentatives d'obtenir un salaire décent à travers des débrayages voués à l'échec. ...
L'ÉTABLI relate et décrit le travail chez Citroën en 1969 mais pourrait presque être transposé à notre époque. J'avais déjà lu ce livre au début des années 80 mais je me suis de nouveau plongé totalement dans ce témoignage émouvant et extraordinaire qui dénonce l'injustice sociale et les abus patronaux.. Il faut lire ce bouquin pour appréhender ce que pouvait représenter la condition ouvrière dans les années 60 et 70. D'ailleurs il me semble que les acquis sociaux obtenus depuis cette époque sont de plus en plus remis en cause. Ce livre est donc toujours d'actualité.
Un témoignage fort qu'il faut absolument lire.


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lundi 5 avril 2010

Sarkel, François : Vallée truquée (La). (Fleuve Noir "Aventures et mystères" n°3)

Évidemment, pour Arnaud Stolognan, la perspective d'être le premier a mettre la main sur les débris d'un avion expérimental qu'on lui avait signalés au Pérou était alléchante. Et puis, il y avait cette cantatrice perdue dans la forêt péruvienne. Le club de ses admirateurs offrait une forte récompense à qui la retrouverait. Mais c'était compter sans Florène Lafouge, jolie Québécoise passée experte dans l'art du mensonge, sans les guérilleros, toujours prompts à vous prendre pour un espion, et surtout... sans les pièges tendus par les Roughs dans la vallée truquée...

Il y a peu, j'ai commandé sur Rivière Blanche un livre au titre alléchant. Il s'agissait de DESTINATION CAUCHEMAR de François Sarkel. Et en m'intéressant à la bibliographie de cet écrivain, j'ai découvert que ce livre était précédé de deux autres parus au Fleuve Noir dans la collection « Aventures et mystères » qui avaient comme principal protagoniste le même Arnaud Stolognan.
Aussitôt je les ai cherchés puis trouvés sur Priceminister. C'est donc par le premier de la série que j'ai commencé ma lecture.
Ce petit roman est terriblement prenant. On plonge immédiatement dans l'aventure et il n'y aura aucun ralentissement avant le fin du livre. Bourré d'humour, de mystères, de rebondissements incessants, LA VALLÉE TRUQUÉE nous offre un bon moment de détente sans prétention. Pas une seconde de répit dans cette aventure qui oscille sans cesse entre aventure exotique, science-fiction et humour. On pense à un « Bob Morane » pour adultes et la couverture très colorée rend bien l'ambiance du bouquin.
Un livre que dévoreront tous ceux qui ont su garder une petite place d'adolescence dans leur imaginaire. Un petit roman sans prétention qui remplit parfaitement son rôle : quelques heures de détente réjouissante.
Je ne tarderai pas à attaquer le second de la série des « Arnaud Stolognan : LES CHASSEURS DE CHIMÈRES avant de lire DESTINATION CAUCHEMAR.
LA VALLÉE TRUQUÉE est comme dirait mon ami Suisse 24 un roman « friandise ». Il serait dommage de s'en priver.


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jeudi 1 avril 2010

Rambaud, Patrick (de l'académie Goncourt) : Troisième chronique du règne de Nicolas 1°. (Grasset)

" La Première Chronique fut scintillante et burlesque, quand la Cour s'installa. La Deuxième à la fois grave et ridicule, qui vit paraître la comtesse Bruni. La Troisième, que vous tenez en main, est plus sombre parce qu'elle présente un Souverain remodelé en Tarzan dans un pays devenu dépressif et répressif. "

Et voilà donc le troisième opus de ces chroniques toutes dédiées au règne du petit président. Patrick Rimbaud a observé la troisième année de la présidence du petit énervé : Sarkozy n'est pas caricaturé, il est juste décrit dans toute sa médiocrité. Lui et sa cour d'incapables consternants de bêtise et de flagornerie. Dans son admirable langage, l'auteur, à la façon de Saint Simon, décrit minutieusement les gaffes, bourdes, mensonges et autres ratages du mini-monarque que par une aberration inexplicable nous nous sommes doté.
Ce livre est un pamphlet assez cruel qui se lit avec jubilation. On rit parfois jaune au rappel de toutes les « conneries » de notre leader minimo. Dans quel état Sarko et sa bande de courtisans serviles laisseront la France en 2012 ?
Sarkozy nous fait honte et il casse tout ce qui fait la spécificité de notre pays. Ce n'est pas un président mais une calamité.
Encore trois livres qui feront le point sur ses années que j'espère nous oublierons rapidement et nous pourrons ENFIN tourner la page.
En attendant régalons nous de ce petit livre, très sain, qui devrait être obligatoire.


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